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La publicité est elle un bon moyen de financement ?

A chaque fois que je parle de nos sites à des gens qui ne les connaissent pas,  cette remarque revient quasiment à chaque fois : « et pour vous financer, vous avez de la pub ? ».

Ah bah tiens ? Et si on avait de la pub ? C’est vrai que ça parait tentant. Son omniprésence semble nous indiquer que ce modèle économique marche et, en dehors d’une petite minorité d’informés, force est de constater que la publicité ne choque pas grand monde.

Il n’y a que l’argent qui nous intéresse

Il existe déjà de quoi faire dans le registre de la critique anti-pub mais, avouons le, c’est facile de dire que c’est con et moche !  Vu que ça n’avance à rien, aujourd’hui on va être pragmatique. On va parler pognon.

Du coup, pour les besoins de cet, article nous allons imaginer un instant que la publicité soit absolument sans défaut. Imaginons que ses panneaux et ses bannières soient des modèles d’esthétisme et de respect du paysage. Imaginons que ses messages soient plein d’intelligence et n’en appellent jamais à nos bas instincts ni à nos doutes intimes. Oublions aussi les tonnes de papiers des prospectus publicitaires et le charbon brûlé pour alimenter les serveurs de pubs.

Oublions nos préjugés et étudions simplement cette question : est-ce que la pub est, globalement, un bon modèle de financement ?

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Du gratuit qui nous coûte une fortune

Si je devais donner une seule raison qui puisse expliquer le succès sans faille de la pub, je dirais simplement : nous n’en voyons jamais la facture. A tel point d’ailleurs que « financé par la publicité » et « gratuit » sont devenus de parfaits synonymes. Cependant, ce secteur florissant pèse son poids dans l’économie…

D’où question : qui paie les 31 milliards [1] investis dans la communication chaque année ?

Une taxe invisible

Qui paie ? Facile ! C’est nous ! Le coût de la publicité est inclus dans le prix de chaque produit sans que rien n’indique la proportion qu’il représente. Si on divisait cette somme par le nombre d’habitants en France, cela représente en moyenne 471€ par personnes et par an (en incluant tout le monde – y compris les enfants et les personnes financièrement dépendantes). Bref cela n’est pas rien et c’est prélevé -sans que vous vous en rendiez compte- à la manière d’une taxe invisible et injuste… Même si vous évitez consciencieusement tout ce qui porte une marque, vous n’êtes pas épargné pour autant ! (voir annexe : combien je paie au juste ?)

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Les coûts collectifs

32 milliards est une coquette somme. Pour vous faire une idée, cela représente 4,8 fois le budget du ministère de la culture et de la communication (recherche comprise). C’est un petit manque à gagner tout de même. Et encore, si il n’y avait que ça …

Il se trouve qu’en plus de cette petite marge sur chaque achat, la  publicité possède des coûts indirects importants. Or, c’est la collectivité (c’est à dire nos impôts) qui se retrouve à régler l’addition. De quels coûts indirects parlons-nous ?

Les recherches en manipulations

Lorsque l’on parle de neurosciences, de psychologie ou de sociologie, on ne pense pas tout de suite à la publicité. Cependant, depuis quelques dizaines d’années les chercheurs sont de plus en plus incités à travailler sur des sujets directement « utiles à l’économie » – c’est à dire immédiatement rentables. On constate, dans la recherche publique, une dérive de plus en plus marquée vers des études pour des intérêts privés. Difficile en revanche de déterminer la somme que cela représente car même une recherche ayant directement pour but la manipulation d’autrui peut avoir des impacts positifs sur des domaines tout à fait respectable (l’inverse est vrai aussi).

Finalement, « les recherches en publicité » ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres de recherches publiques menées pour des intérêts privés (au détriment ou directement conte l’intérêt général)… C’est plus la qualité de la recherche qui est en cause que notre porte-monnaie (rappelez-vous que nous essayons ici d’être bassement cyniques et calculateurs). Passons-donc sans plus attendre au principal des coût indirect de la pub… Je vous assure qu’il est diablement plus insidieux que tout ce que nous avons vu jusqu’alors.

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Des belles affiches et des pots cassés

Le dernier coût dont nous allons parler ici est infiniment subtile et trop peu commenté… Quand je vous disais que la publicité ne montre jamais la facture : je suis certain que la plupart d’entre vous ne pense pas à ça : ses coûts sociaux et sanitaires.

Et là, pas de bol, on a des chiffres.

Une enquête britannique menée par la New Economics Foundation (NEF) – et visant à démontrer l’écart entre l’utilité social et les salaires- à démontré que pour chaque 1£ versée en salaire à un publicitaire, la collectivité (c’est à dire nous) devait sortir 11£ pour compenser les impacts négatifs de son travail. Admettons qu’il s’agisse d’un publicitaire modeste travaillant pour 1200€ par mois (et admettons qu’il ne s’agisse que du salaire net…) : son travail coûtera à la collectivité 13 200€. Si vous faites des études en com’, rassurez-vous, il y a d’autres débouchés.

En effet, la NEF nous montre que les « vertus économiques » de la publicité (sur l’augmentation des ventes, la croissance, l’emploi…[3]) sont bien inférieurs aux conséquences négatives comme l’obésité, les cancers, la hausse de déchets, l’impact écologique, etc. Or c’est bel et bien aux services publics que reviennent la tâche de s’occuper de ces problèmes.

« What an e-waste » par bdunnette

 

La publicité coûte cher, toujours est-il qu’une partie de ces 31 milliards permet de financer la presse (~3 milliards €), la télévision (~ 4 milliards €) et internet (~1.6 milliard). Est-ce que, au moins, cet argent (notre argent) est bien dépensé ?

Le système publicitaire est bête et méchant

La façon dont l’argent de la publicité est dépensé est excessivement basique. En fait il n’y a que trois contraintes. Il faut :

  • Qu’un maximum de personnes voit le message
  • Qu’un maximum de ces personnes soient intéressées par le message
  • Que le contenant n’interfère pas avec le message

De fait, si je dit que c’est bête et méchant, c’est parce que – aussi sophistiqués que soient les outils du marketing moderne -  on reste dans des systèmes infiniment moins complexes que des comportements humains. Dit autrement, il est infiniment plus simple de comprendre pourquoi les annonceurs ont mis des encart dans tel journal que de comprendre pourquoi M.  Dugenou à acheté ledit journal. Certes, oui, ceci est un tautologisme. Mais il y a une raison pour laquelle j’insiste dessus.

…et c’est bien tout le problème !

La bêtise simpliste du système publicitaire est le cœur du problème! La publicité (et l’argent qui va avec) va naturellement s’orienter vers ce qu’il y a de plus consensuel car c’est ce qui assurera le meilleur ratio entre les trois contraintes. Autrement dit, on touche un public large, normalisé (média de masse) et attentif (ou apathique – c’est selon). L’exemple le plus frappant est le journal télévisé avec sa petite note positive à la fin pour que le client soit bien réceptif. Bien entendu, il existe également du marketing de niche (où l’importance du deuxième point compense les deux autres) mais le gros des sommes ira vers ce qu’il y a de plus sans saveur.

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Un intelligent système de bêtise humaine.

Qu’on s’entende bien : il ne s’agit pas d’un complot international visant à nous abrutir. Comme (quasiment) toujours, il s’agit d’un système résultant d’intérêt convergents.

La bêtise crasse est objectivement le meilleur cadre que l’on puisse offrir à un message publicitaire, et le média à objectivement tout intérêt à augmenter ses revenus publicitaires. Une fois le processus amorcé, le support et le financeur et le financeur au support.  Le système publicitaire déplace ses billes (disons plutôt sa thune) vers ce qui lui est le plus profitable tandis que chaque média adapte ses contenus pour ne pas être les derniers à avoir une part du gâteau.

Quant à savoir pourquoi nous autres on à regardé ça sans réagir…. c’est un autre débat.

Si sa capacité à cacher ses coûts est la principale force de la pub, le deuxième est sa capacité à modeler les contenus à ses besoins… dommage que ceux ci correspondent à du temps de cerveau disponible.

Du coup, la pub, on en met pas ?

Commençons cette conclusion par un peu de modération : tout les maux de la société ne sont  pas à mettre sur le dos de la publicité. Si elle prospère, c’est aussi parce que les « élites » s’accommodent très bien de l’abêtissement de nous autres (moi qui croyais qu’une démocratie nécessitait des citoyens critiques et éclairés… j’avais tout faux !).

Ceci étant dit, je suis toujours surpris de voir la proportion de gens qui ne voient pas le problème avec la pub…. Alors mettons les choses au point avec un titre grandiloquent.

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Supprimer la publicité c’est redonner du pouvoir au peuple

La communication, le marketing, la pub… ça n’est pas seulement des affiches et des spots tape-à-l’oeil qui ornent les villes et entrecoupent les films. Non, la pub, c’est aussi un détournement de fond. 32 milliards d’euros prélevés à la source transformés et revendus en connerie pure. L’enquête de la NEF est fantastique parce qu’elle permet d’objectiver ce jugement de valeur. C’est pas juste couillon : c’est couillon et ça fait concrètement du mal à notre société.

Refuser la publicité n’est pas seulement une question écologique, éthique ou morale. Bien sûr, contrairement à ce que je vous demandais d’imaginer en introduction, la publicité est probablement la pire « production de l’esprit » dont soit capable l’Homme : c’est laid, c’est con et ça appui constamment sur nos malheurs, nos doutes et nos peurs.
Cependant, restreindre ce secteur ne nous permettra pas seulement de récupérer du temps de cerveau disponible, mais également  -et surtout- cela nous permettra de reprendre individuellement et collectivement le pouvoir sur nos médias.

Si on veut mettre fin à ce système qui se nourrit de sensationnalisme, il ne faut pas aller voir TF1 ou le Point pour leur demander d’être un peu moins crétins. S’ils faisaient ça, il mettraient la clef sous la porte car les recettes publicitaires se contenteraient de se déplacer vers une meilleure offre. En revanche, il existe des leviers pour limiter drastiquement la pub. Son existence ne va pas de soit, et le lobby publicitaire doit battre quotidiennement pour garantir ses intérêts. Et si nous nous battions aussi ?

N’ayons pas peur des mots : supprimer la publicité est une affaire de démocratie, au sens noble du terme.

 

 Annexe : Combien je paie au juste ?

471€ est une moyenne brut de décoffrage. Or, ce chiffre est très minoré car il prend également en compte tout ceux qui n’ont pas leurs propres revenus (enfants, personnes sous tutelle,…). En prenant seulement la population de plus de 20ans (l’age médian de la prise d’indépendance étant de 23ans) on arrive à près de 700€.

Cependant , la répartition est très inégalitaire et, pour savoir  comment se repartit cette somme, il faudrait pouvoir repérer la marge publicitaire de chaque produit et les comparer avec les habitudes de consommation par groupe sociaux. En attendant je vous donne quelques pistes pour vous faire une idée de cette répartition.  Il me semble important d’insister sur deux points : tout le monde paie, et ça pèse d’avantage sur les pauvres.

Même si vous êtes un zélote des circuits courts, que vous évitez comme la peste les grandes enseignes et que vous habitez  dans un village où la pub est interdite (par exemple, là où j’habite)… eh bien vous payez quand même ! Vous limitez -certes- les dégâts, mais impossible de s’en soustraire totalement. Ne serait-ce qu’indirectement (votre paysan local adaptera ses prix pour pouvoir acheter des biens de consommation courante markétés – donc plus cher) : vous payez !  De plus Avec la privatisation des services publics, même les biens essentiels ont dû se mettre au marketing féroce – les coûts supplémentaires se répercutant sur les prix et les conditions de travail.

Ceci dit, ce que je viens de décrire est le comportements d’une minorité de la classe moyenne. Le coût de la pub est surtout un problème pour les plus pauvres. En effet, comme pour la TVA, même si tout le monde paie le même pourcentage , ce dernier représente une part d’autant plus grande du budget que ce dernier est petit. C’est a dire que ça représente une broutille pour un couple d’ingénieur alors que ça peut faire la différence entre un mois normal et un mois à manger des pâtes pour un couple pauvre.

1 http://www.uda.fr/sinformer-actualites/actualites/communiques-de-luda/derniers-communiques/article/luda-publie-la-14e-edition-des-chiffres-cles-des-annonceurs/

2 projet_loi_finances_2013.pdf

3 http://s.bsd.net/nefoundation/default/page/file/8c16eabdbadf83ca79_ojm6b0fzh.pdf

4 : je laisse à chacun le soin de juger si ces points sont positifs ou non

Les licences libres ne suffisent pas !

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Ces dernières années, des actions localisées, éclatées, fébriles, ont enfanté une contestation amoureuse d’elle-même, une galaxie d’impatiences et d’impuissances, une succession de découragements

Serge Halimi, Stratégies pour une reconquête, Le Monde Diplomatique, Septembre 2013.

 

Cette citation de Serge Halimi s’inscrit dans un article qui vise à donner des pistes aux militants de tous poils pour mettre en place une action efficace pour rétablir un peu de justice dans ce bas monde. Or, il me semble que cette dernière  s’applique parfaitement au mouvement du libre. Malgré les fleurs que nous nous envoyons à longueur de forum, je constate année après année que les gens s’usent et se renfrognent faute de véritables victoires…

Les licences libres ne sont pas magiques…

J’ai longtemps cru au mythe fondateur du Libre : les licences libres allaient faire naître toute une panoplie de pratiques tellement fabuleuses qu’elles emporteraient dans un raz-de-marée les pratiques privatrices. Je nous croyais invincibles car, tel le virus, nous étions tenaces, mutants et contagieux !

Je n’ai jamais cessé une seul seconde de croire que le partage et la culture (du) libre allait améliorer les choses, et je m’émerveille tous les jours des prouesses des hackers et des partageux de tout pays. Cependant, il y a un aspect de mon conte de fée que j’ai dû remettre en question : les outils (juridiques, techniques, virtuels,…) que nous fabriquons ne sont pas magiques. Non seulement ils peuvent devenir inutiles si on s’en sert mal, mais ils peuvent aussi être utilisés contre nous !

Un(e) licence/logiciel/machine libre est un outil et rien de plus !

Cette introduction sonne comme un tas d’évidences et vous commencez peut-être à croire que je vous prends pour des buses ! Il n’en est rien, et si je prends la peine de poser tout ça par écrit, c’est bel et bien parce que la croyance que les licences libres se suffisent à elles mêmes est diablement tenace dans notre mouvement !

Certes, cet outil -comme tout outil- aura permis, par sa seule existence, des changements et des avancées significatives. Cependant -comme tout outil- il ne fera jamais rien de plus que ce qu’on lui fera faire !

Il y a beaucoup d’exemples d’outils fabuleux porteurs d’espoirs qui ont été vidés de leur sève. L’un d’entre eux se trouve d’ailleurs juste sous votre nez. Je parle bien entendu d’Internet !

Internet, porte en lui les germes de l’abolition des frontières, du partage sans limite, de la communication sans barrières… Cependant cela n’est pas si simple, car dès qu’un outil est potentiellement source de pouvoir (ou de perte de pouvoir), il devient source d’enjeux.

Or, bien qu’internet soit un espace virtuellement infini, nous constatons de plus en plus que ces enjeux ne peuvent pas coexister pacifiquement. C’est d’ailleurs pour cela que la Quadrature du Net, l’April ainsi que bien d’autres associations doivent se battre quotidiennement pour éviter que les pousses de liberté semées par les pionniers du net se retrouvent écrasées par un centre commercial virtuel géant.

De révolutionnaire à publicitaire il n’y a qu’un pas

Ce qui est vrai pour internet l’est tout autant pour les licences libres. Après avoir bossé 2 ans dans une boite qui vend de l’open-source, je puis vous affirmer que les quatre libertés fondamentales ne changent que très peu les pratiques quotidienne d’un éditeur de logiciel. Il s’agit d’un argument de vente efficace mais les relations fournisseurs/clients obéissent aux mêmes règles que celles d’un éditeur propriétaire. Il en va de même pour la culture :  récemment, la SACEM nous aura également prouvé qu’il suffisait d’un accord pour réduire les Creative Commons au rang de vulgaire objet promotionnel pour leurs sociétaires

Un outil doit servir un but et non l’inverse

Ces détournements des licences libres prouvent bien qu’un outil doit être un moyen et non une fin. Ça paraît relever du bon sens, mais force est de constater que les libristes affichent (pour la plupart) la diffusion des licences libre comme unique objectif ; il est très rare de voir des gens se questionner sur ce qui se passera après ( que faire si ça marche ? que faisons-nous si ça ne marche pas ?).

Or cela pose de nombreux problèmes :

  • Les débats se cristallisent sur les outils ce qui empêche toute mise en perspective ou élargissement (d’autant plus que de choisir un outil sans but est absurde… C’est comme choisir une mèche de perceuse sans savoir si le mur est en béton ou en bois)
  • De fausses dissensions apparaissent sur des détails faute de pouvoir prendre la hauteur pour constater que le débat est absurde (et si je vous disais que la clause NC et la clause SA peuvent servir le même objectif… )
  • Personne ne remarquera, ni qu’un outil obsolète ou inefficace, ni l’apparition d’un meilleur outil (ce qui revient à défendre mordicus votre mèche à bois, même après avoir en avoir usé 10cm sur un mur en béton – parce que vous comprenez, une mèche c’est cher et le magasin il est loin).

En d’autres termes, toute discussion de l’outil est confondue avec une discussion sur le but,  ce qui fausse complètement tout débat.  Pour filer ma métaphore de trou, c’est comme si vous disiez à votre collègue que sa mèche n’est pas bonne et qu’il vous rétorque  : « On a besoin de percer un trou là ! Si tu comptes m’en empêcher va-t-en tu ne m’aides pas ! ». L’objectif (percer un trou) et le moyen (la mèche) sont mêlés : la discussion est impossible.

En face, ils ne confondent pas…

A l’inverse, il est bon de noter que l’une des principales caractéristiques du capitalisme (il faut appeler un chat un chat) est de combiner un but infiniment simpliste (accumulation maximale de richesse) avec une absence totale d’état d’âme concernant les moyens. Lorsque les licences libres sont instrumentalisées par Google, il n’y a pas de tergiversation sur le but de ses dernières : ils s’en emparent tant qu’elles présentent un intérêt et les abandonneront du jour au lendemain quand ça cessera d’être le cas !

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Quels objectifs ? Le projet politique !

Pour les moyens, pas de soucis : on est bon ! On a des logiciels super, des juristes super, des machines super et plein d’idées géniales ! Bref, on a toutes les meilleures mèches de perceuse du monde (oui j’aime ma métaphore). Vous l’aurez compris le problème, c’est le but. Le but lointain, grand, beau et inatteignable vers lequel on veut aller, l’horizon pour lequel on se bat.  Or, là aussi il faut appeler un chat un chat : cela s’appelle un projet politique.

Qu’ouï-je ? Politique !?

(au vu des incompréhensions systématique du terme « politique », un aparté s’impose !)

La Politique est une magnifique idée. Cela consiste tout bêtement à se rendre compte que l’on n’est pas seul au monde et qu’il va falloir trouver des solutions communes avec les gens de son espèce dans le respect de son environnement (ce qui ressemble pas mal au Libre quand on y pense). Or, pour beaucoup de gens, la confusion est totale entre politique, politicien, parti politique… malheureusement, cela entraîne le plus souvent un rejet immédiat…

Or refuser le Politique revient implicitement à laisser les pleins pouvoirs aux professionnels de la politique (qui sont, sans surprise -depuis les années 80-  les premiers à entretenir une idée de fin de la politique et de fin des idéologies). Le principe d’une élite qui refuse que le bas peuple l’ampute de ses privilèges est quelque chose que l’on retrouve aussi dans le débat  musiciens amateurs vs professionnels.

C’est quoi le projet politique du libre, alors ?

Il n’y a pas un projet politique, mais des projets politiques !  Sauf que, vu que personne ne prend la peine d’identifier clairement ses buts, le mouvement du libre finit par ressembler à une galère où chaque rameur s’active dans une direction sans savoir où les autres veulent aller (et sans savoir trop où lui-même veut aller) ! Or, lorsque que personne ne rame à l’unisson, tout le monde s’épuise avec, en prime, la frustration de voir notre beau bateau emporté par le courant dominant.

Il serait grand temps d’arrêter de ramer n’importe comment et de savoir qui veut aller où ! Pour prendre un exemple extrême (mais réel) : certains voient le libre comme d’un outil de lutte contre le capitalisme tandis que d’autres y voient un moyen de booster la compétitivité des entreprises… Peut-être vaudrait-il mieux les mettre dans des bateaux différents, n’est-ce pas ?

Libristes vous voulez ramer vers où ?

Si vous faites du libre parce que vous trouvez ça pratique, c’est parfait ! Je ne dis pas qu’il faut tous qu’on se mette à rêver du grand soir ! Je pointe juste du doigt le fait que sans projets politiques – en parallèle des utilisateurs a-politiques- le mouvement du libre stagnera ou disparaîtra.

Un intérêt pour chaque initiative…

Si vous faites parti d’une initiative libre et que vous y êtes pour changer le monde -et pas seulement votre ordinateur (je sais qu’il y en a parmi vous)- il faut définir vers quoi vous allez. En effet, il y a fort à parier que vous avez déjà un projet politique tacite que vous partagez avec vos collègues mais que vous n’avez jamais pris la peine de formuler. Or, clairement identifier ses buts est tout bénef. Loin de « fermer » votre initiative, c’est tout l’inverse qu’il se passera :

  • Cela permet aux nouveaux venus de savoir s’ils se reconnaissent dans votre initiative (sans ça, ceux qui devaient partir partiront quand même… mais avec une perte d’énergie pour les deux partis)
  • Un but permet de cadrer les débats stériles (voir plus haut)
  • Contrairement à ce que vous pouvez penser, cela simplifie les compromis (il n’y a pas de suspicion de « trahison » si le compromis est clairement identifié comme une étape nécessaire entre la situation actuelle et le but)
  • Créer des liens forts (les liens basés sur des valeurs et des objectifs communs sont les plus solides qui soient)
  • Créer des liens en dehors du microcosme libriste (si vous avez de grands objectifs, ils dépassent forcément la sphère du libre et seront forcément partagés par d’autres dans d’autres domaines)
  • Avoir des actions plus larges (le libre n’est pas isolé du monde, ainsi des lois, des politiques économiques ou des normes culturelles peuvent faire infiniment plus de mal au Libre que des contraintes techniques – Ces grands obstacles sont insurmontables  si on ne partage pas le combat avec des acteurs hors libre)
  • Motivation ! (les combats du libre sont des combats de longue haleine où les victoires sont amenées à s’espacer. Si on ne sait pas vers quoi on marche difficile de se motiver…)

Et pour le Libre en général !

Comme dit plus haut, je n’ai aucun problème avec les mouvements a-politiques au sein du libre, il en faut. Cependant, si on veut qu’il reste des a-politiques qui s’enthousiasment  de tout ça, il faut aussi des éclaireurs qui veulent aller percer l’horizon pour ramener de nouveaux trésors.

Qui pour voguer à contre courant pour aller vers des contrées oubliées telle que l’égalitarisme ? L’économie du don? Vers l’écologisme numérique ? Le féminisme ?

 

Et Musique Libre ! alors ? prenons nous les rames ?

 

 

Pré-campagne de don !

Bien le bonjour ! La campagne de don est en préparation, mais rien ne nous empêche de vous laisser nous aider avant cela !

Pour faire simple nous avons un grand besoin de vos dons pour nous aider à payer les serveurs mais également pour assurer la suite du développement du site. Comme vous l’avez constaté ce dernier marche pour grande partie mais de nombreux bugs subsistent qu’il nous faut élucider (et on est en bonne voie !).

Aujourd’hui les contraintes matériels commencent à interférer avec le bon fonctionnement de l’association et nous avons besoin, plus que jamais (ça n’est pas une formule) de votre soutien !

Par paypal (à gauche) virement (RIB ci-dessous -si vous avez la patience préférez le virement, au moins ça n’engraissera pas ebay au passage :) ) toutes les sommes comptent et nous aideront plus que vous ne l’imaginez !

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P.S. : Nous sommes une association d’intérêt général et vos dons peuvent être défiscalisés (donner 90 vous coûte 30), merci de nous contacter pour avoir un reçu.

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Les péripéties du lundi – S8 – 2014 – Campagne de dons ?

Bonjour à tous ! Cette semaine comme les deux précédentes nous préparons activement la campagne. Laissez-moi vous expliquer pourquoi nous prenons notre temps :

Primo : il nous faut une alpha qui tourne. Hors, à l’heure actuelle un bug et deux fonctionnalités nous bloquent et nous prennent beaucoup de temps.

Chasse au bugs !

Désolé si vous avez vécu les problèmes d’encodages du site (du mp3/flac/ogg vers webm), on a déjà fait des modification la semaines dernière qui ont amélioré les choses, mais les fichiers plantent encore trop souvent. Je vous avoue ne pas être un expert en gstreamer (c’est ce qui permet de lire/modifier les média sous linux), du coup, ça me prend beaucoup plus de temps que ça devrait parce qu’il faut que j’apprenne comment marche la roue.

Des trucs en plus

Les fonctionnalités qui manquent le plus (n’hésitez pas à commenter) sont des tags fonctionnels et la suppression de groupe (on peut déjà supprimer les albums, ce qui à pour effet de masquer les groupes). En effet, il commence à y avoir quelques groupes déjà et il faut que vous puissiez vous y retrouver !

La campagne

Notre campagne de don est assez ambitieuse, car nous voulons qu’elle soit la première et la dernière pour l’association. Nous avons des projets politiques et pratiques à long terme (ce billet est toujours d’actualité) et  nous n’avancerons pas si nous devons consacrer 2 mois par an à faire des campagnes ou aller à la pêches au subventions. L’idée est donc d’avoir une sommes de départ qui nous permette d’avoir une petite équipe pendant 2 ans puis de passer en autonomie à la fin de cette échéance.

Demain : la campagne

A l’heure actuelle, le notre objectif idéal (soumis  à recalcules) serait de 300 000€. Ca semble beaucoup, mais c’est mûrement réfléchit

Ca va être chaud, mais c’est crédible !

On sait que ça n’est pas une petite somme, mais « Musique Libre ! » n’est pas limité aux frontières francophones. N’oublions pas que nous avons des groupes du monde entier dans l’archive !  Nous prenons donc le temps de traduire tout les textes de la campagne dans (au moins) les langues des pays limitrophes (merci de vous signaler si vous voulez aider).

De plus, au vu des diverses régressions dont font preuve les gros poissons, nous pensons qu’il y a un besoin qui se fait de plus en plus sentir de voir venir un « fournisseur de contenu » intègre qui n’ai pas de CGU où il faut vendre son âme. (Je précise au passage, que nous n’avons PAS de CGU – il faut juste que la musique soit légale)

3 salariés sur 2 ans

La somme n’est pas arbitraire elle correspond à :

  • Tous les frais fixes sur 3 ans (en comptant le remboursement des prêts pour 2013)
  • 2 postes de programmeurs à temps plein en CDI sur 2 ans
  • 1 poste de communiquant (web/print)à temps plein en CDI sur 2 ans
  • Goodies de la campagne/Frais banquaires/Frais postaux
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Visuel non-définitif du t-shirt de la campagne (des commentaires ?)

C’est très important pour nous d’assurer des temps pleins payés correctement (c’est à dire au moins 2000€ brut mensuels) en CDI (!). Comment espérer avoir une équipe soudée et une vue à long terme avec des contrats précaires ?

Pourquoi 2 ans ? car cela nous semble être le minimum pour pouvoir construire quelque chose de pérenne.(voir paragraphe suivant)

Enfin, le choix des postes tiens aux priorités actuelles. Pour le moment il nous faut pouvoir continuer à développer les sites et avec cette configuration nous pourrions enfin avancer correctement ! Entre l’émulation et les compétences complémentaire (ô, je rêve d’un programmeur qui aime les base de données) ça n’avancera pas 3x plus vite… ça avancera à vitesse supersonique ! Je vous le dis !

Après-demain : l’autonomie

L’une des raison qui nous pousse à demander « beaucoup » d’un coup, c’est que nous ne voulons pas compter sur des campagnes annuelles (ni seulement sur les dons d’ailleurs). Bien qu’appréciable dans une certaine mesure, ils restent trop aléatoires et surtout assez injustes par rapport à d’autre modes de financement. En effet, force est de constater que ceux qui donnent des sous donnent souvent aussi des coup de main… et pour ceux que je connais ils ne roulent pas sur l’or.

A l’inverse, il faut que nous tissions des liens avec les institutions (médiathèques et autres) qui versent actuellement des fortunes en droits d’auteurs à l’industrie (mais aussi aux indés, un peu, quand même). De plus, nous souhaitons d’ici trois ans revenir en force dans le monde réel afin de proposer tout un panel d’événements et d’activités.

Enfin, nous espérons aussi avoir un poil plus que la quelque dizaine d’adhérent actuels.

Bref, tout ceci est crucial, et nous le traitons comme tel. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques !

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Les péripéties du lundi – S7 – 2014

Bientôt, il faudra appeler ces chroniques « les péripéties de quasiment mardi ».  C’est à dire que j’aurais pu publier ça beaucoup plus tôt, mais ce soir il fallait que je fasse des cookies et que j’aille voir (enfin) le dernier Joss Whedon. C’est pas libre du tout, ça n’a rien à voir avec l’asso, mais j’avais besoin d’en parler.

Ceci étant dit, je constate que je recommence avec la fâcheuse tendance de vouloir finir les choses avant d’en parler. Or cette chronique à précisément pour but de vous expliquer les actions en cours, pas seulement celles que vous avaient sous les yeux !

Côté sites

Deux points m’ont particulièrement occupés cette dernière semaine :

  • Le moteur de recherche de la 2.5
  • Le bug d’encodage de la version 3 (c’est à dire que certains morceaux ne passent pas, sans afficher de raisons)

Pour le moteur de recherche, on est bon. Il est améliorable de bien des façons, mais pour le moment ça ira (n’oublions pas qu’il ne s’agit que d’une archive ) !

Côté bug d’encodage, la bonne nouvelle est, qu’à force, ça passe… la mauvaise c’est que pour les gros fichiers (flac), si ça plante, ça devient vraiment pénible. Après une longue investigation (en mode parcours à bille), il s’est avéré que le problème pouvait être réglé par une mise à jour. Ca aura pris un peu de temps de mettre tout les fichier d’équerre (un changement de version des éléments clés implique souvent des changement de syntaxe qui peuvent « casser » le code) mais on y est !

J’en ai profité pour apporter deux petites améliorations avec un lien vers la home sur toute les pages (non mais, vous vous dîtes que c’est bête, mais ça ne se fait pas tout seul !) et une navigation amélioré dans les morceaux du player. J’ai également viré quelques bugs pénibles repérés en passant.

A l’heure où vous lisez ces lignes, tout doit être déjà prêt (je doute que vous soyez devant votre écran si tard !) bien que ça ait été un peu compliqué de mettre à jour le site vu qu’on est en train de mettre en place un serveur de développement pour pouvoir tester de nouvelles fonctionnalités sans impacter le site !

Et les interviews ?

L’interview promis la semaine dernière ne s’est pas faite sur un vilain coup du sort. Néanmoins, rendez-vous est pris pour une interview téléphonique. Pas de date précise pour l’instant vu que les priorités ne sont plus les mêmes. Cependant, il s’agit d’une affaire de jours, pas plus !

Campagne !

Nous le disons depuis quelques semaines : la campagne de don est la priorité du moment. Nous sommes néanmoins très prudents vis à vis du site, car il est primordial que la v3 fonctionne correctement avant de lancer la machine. Voyez-vous, la V3 est notre garantie, pour tout ceux qui souhaiterons participer à la campagne, que nous irons au bout. Ne vous étonnez donc pas que nous décalions le « grand moment » jusqu’au jour on nous serons fin près.

il n’empêche que nous sommes déjà à pied d’œuvre, nous avons rédigé les scénarios possibles qui pourrait pérenniser l’association et nous avons préparé les budgets qui vont avec. Bref, de de qui, de quoi, avons nous besoin ? Sur combien de temps ? Combien ça coûte ?

De plus, le site de la campagne est désormais en chantier.

Nous vous soumettrons nos projections dans un post cette semaine pour que vous puissiez les discuter.

L’association à 10 ans cette année, et la campagne s’intitulera « 10 ans de plus ! », car si nous ne regardons pas loin, nous continuerons de tourner en rond pendant que les vilains pas beaux avancent sans s’inquiéter le moins du monde.

A la semaine prochaine !