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La publicité est elle un bon moyen de financement ?

A chaque fois que je parle de nos sites à des gens qui ne les connaissent pas,  cette remarque revient quasiment à chaque fois : « et pour vous financer, vous avez de la pub ? ».

Ah bah tiens ? Et si on avait de la pub ? C’est vrai que ça parait tentant. Son omniprésence semble nous indiquer que ce modèle économique marche et, en dehors d’une petite minorité d’informés, force est de constater que la publicité ne choque pas grand monde.

Il n’y a que l’argent qui nous intéresse

Il existe déjà de quoi faire dans le registre de la critique anti-pub mais, avouons le, c’est facile de dire que c’est con et moche !  Vu que ça n’avance à rien, aujourd’hui on va être pragmatique. On va parler pognon.

Du coup, pour les besoins de cet, article nous allons imaginer un instant que la publicité soit absolument sans défaut. Imaginons que ses panneaux et ses bannières soient des modèles d’esthétisme et de respect du paysage. Imaginons que ses messages soient plein d’intelligence et n’en appellent jamais à nos bas instincts ni à nos doutes intimes. Oublions aussi les tonnes de papiers des prospectus publicitaires et le charbon brûlé pour alimenter les serveurs de pubs.

Oublions nos préjugés et étudions simplement cette question : est-ce que la pub est, globalement, un bon modèle de financement ?

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Du gratuit qui nous coûte une fortune

Si je devais donner une seule raison qui puisse expliquer le succès sans faille de la pub, je dirais simplement : nous n’en voyons jamais la facture. A tel point d’ailleurs que « financé par la publicité » et « gratuit » sont devenus de parfaits synonymes. Cependant, ce secteur florissant pèse son poids dans l’économie…

D’où question : qui paie les 31 milliards [1] investis dans la communication chaque année ?

Une taxe invisible

Qui paie ? Facile ! C’est nous ! Le coût de la publicité est inclus dans le prix de chaque produit sans que rien n’indique la proportion qu’il représente. Si on divisait cette somme par le nombre d’habitants en France, cela représente en moyenne 471€ par personnes et par an (en incluant tout le monde – y compris les enfants et les personnes financièrement dépendantes). Bref cela n’est pas rien et c’est prélevé -sans que vous vous en rendiez compte- à la manière d’une taxe invisible et injuste… Même si vous évitez consciencieusement tout ce qui porte une marque, vous n’êtes pas épargné pour autant ! (voir annexe : combien je paie au juste ?)

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Les coûts collectifs

32 milliards est une coquette somme. Pour vous faire une idée, cela représente 4,8 fois le budget du ministère de la culture et de la communication (recherche comprise). C’est un petit manque à gagner tout de même. Et encore, si il n’y avait que ça …

Il se trouve qu’en plus de cette petite marge sur chaque achat, la  publicité possède des coûts indirects importants. Or, c’est la collectivité (c’est à dire nos impôts) qui se retrouve à régler l’addition. De quels coûts indirects parlons-nous ?

Les recherches en manipulations

Lorsque l’on parle de neurosciences, de psychologie ou de sociologie, on ne pense pas tout de suite à la publicité. Cependant, depuis quelques dizaines d’années les chercheurs sont de plus en plus incités à travailler sur des sujets directement « utiles à l’économie » – c’est à dire immédiatement rentables. On constate, dans la recherche publique, une dérive de plus en plus marquée vers des études pour des intérêts privés. Difficile en revanche de déterminer la somme que cela représente car même une recherche ayant directement pour but la manipulation d’autrui peut avoir des impacts positifs sur des domaines tout à fait respectable (l’inverse est vrai aussi).

Finalement, « les recherches en publicité » ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres de recherches publiques menées pour des intérêts privés (au détriment ou directement conte l’intérêt général)… C’est plus la qualité de la recherche qui est en cause que notre porte-monnaie (rappelez-vous que nous essayons ici d’être bassement cyniques et calculateurs). Passons-donc sans plus attendre au principal des coût indirect de la pub… Je vous assure qu’il est diablement plus insidieux que tout ce que nous avons vu jusqu’alors.

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Des belles affiches et des pots cassés

Le dernier coût dont nous allons parler ici est infiniment subtile et trop peu commenté… Quand je vous disais que la publicité ne montre jamais la facture : je suis certain que la plupart d’entre vous ne pense pas à ça : ses coûts sociaux et sanitaires.

Et là, pas de bol, on a des chiffres.

Une enquête britannique menée par la New Economics Foundation (NEF) – et visant à démontrer l’écart entre l’utilité social et les salaires- à démontré que pour chaque 1£ versée en salaire à un publicitaire, la collectivité (c’est à dire nous) devait sortir 11£ pour compenser les impacts négatifs de son travail. Admettons qu’il s’agisse d’un publicitaire modeste travaillant pour 1200€ par mois (et admettons qu’il ne s’agisse que du salaire net…) : son travail coûtera à la collectivité 13 200€. Si vous faites des études en com’, rassurez-vous, il y a d’autres débouchés.

En effet, la NEF nous montre que les « vertus économiques » de la publicité (sur l’augmentation des ventes, la croissance, l’emploi…[3]) sont bien inférieurs aux conséquences négatives comme l’obésité, les cancers, la hausse de déchets, l’impact écologique, etc. Or c’est bel et bien aux services publics que reviennent la tâche de s’occuper de ces problèmes.

« What an e-waste » par bdunnette

 

La publicité coûte cher, toujours est-il qu’une partie de ces 31 milliards permet de financer la presse (~3 milliards €), la télévision (~ 4 milliards €) et internet (~1.6 milliard). Est-ce que, au moins, cet argent (notre argent) est bien dépensé ?

Le système publicitaire est bête et méchant

La façon dont l’argent de la publicité est dépensé est excessivement basique. En fait il n’y a que trois contraintes. Il faut :

  • Qu’un maximum de personnes voit le message
  • Qu’un maximum de ces personnes soient intéressées par le message
  • Que le contenant n’interfère pas avec le message

De fait, si je dit que c’est bête et méchant, c’est parce que – aussi sophistiqués que soient les outils du marketing moderne –  on reste dans des systèmes infiniment moins complexes que des comportements humains. Dit autrement, il est infiniment plus simple de comprendre pourquoi les annonceurs ont mis des encart dans tel journal que de comprendre pourquoi M.  Dugenou à acheté ledit journal. Certes, oui, ceci est un tautologisme. Mais il y a une raison pour laquelle j’insiste dessus.

…et c’est bien tout le problème !

La bêtise simpliste du système publicitaire est le cœur du problème! La publicité (et l’argent qui va avec) va naturellement s’orienter vers ce qu’il y a de plus consensuel car c’est ce qui assurera le meilleur ratio entre les trois contraintes. Autrement dit, on touche un public large, normalisé (média de masse) et attentif (ou apathique – c’est selon). L’exemple le plus frappant est le journal télévisé avec sa petite note positive à la fin pour que le client soit bien réceptif. Bien entendu, il existe également du marketing de niche (où l’importance du deuxième point compense les deux autres) mais le gros des sommes ira vers ce qu’il y a de plus sans saveur.

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Un intelligent système de bêtise humaine.

Qu’on s’entende bien : il ne s’agit pas d’un complot international visant à nous abrutir. Comme (quasiment) toujours, il s’agit d’un système résultant d’intérêt convergents.

La bêtise crasse est objectivement le meilleur cadre que l’on puisse offrir à un message publicitaire, et le média à objectivement tout intérêt à augmenter ses revenus publicitaires. Une fois le processus amorcé, le support et le financeur et le financeur au support.  Le système publicitaire déplace ses billes (disons plutôt sa thune) vers ce qui lui est le plus profitable tandis que chaque média adapte ses contenus pour ne pas être les derniers à avoir une part du gâteau.

Quant à savoir pourquoi nous autres on à regardé ça sans réagir…. c’est un autre débat.

Si sa capacité à cacher ses coûts est la principale force de la pub, le deuxième est sa capacité à modeler les contenus à ses besoins… dommage que ceux ci correspondent à du temps de cerveau disponible.

Du coup, la pub, on en met pas ?

Commençons cette conclusion par un peu de modération : tout les maux de la société ne sont  pas à mettre sur le dos de la publicité. Si elle prospère, c’est aussi parce que les « élites » s’accommodent très bien de l’abêtissement de nous autres (moi qui croyais qu’une démocratie nécessitait des citoyens critiques et éclairés… j’avais tout faux !).

Ceci étant dit, je suis toujours surpris de voir la proportion de gens qui ne voient pas le problème avec la pub…. Alors mettons les choses au point avec un titre grandiloquent.

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Supprimer la publicité c’est redonner du pouvoir au peuple

La communication, le marketing, la pub… ça n’est pas seulement des affiches et des spots tape-à-l’oeil qui ornent les villes et entrecoupent les films. Non, la pub, c’est aussi un détournement de fond. 32 milliards d’euros prélevés à la source transformés et revendus en connerie pure. L’enquête de la NEF est fantastique parce qu’elle permet d’objectiver ce jugement de valeur. C’est pas juste couillon : c’est couillon et ça fait concrètement du mal à notre société.

Refuser la publicité n’est pas seulement une question écologique, éthique ou morale. Bien sûr, contrairement à ce que je vous demandais d’imaginer en introduction, la publicité est probablement la pire « production de l’esprit » dont soit capable l’Homme : c’est laid, c’est con et ça appui constamment sur nos malheurs, nos doutes et nos peurs.
Cependant, restreindre ce secteur ne nous permettra pas seulement de récupérer du temps de cerveau disponible, mais également  -et surtout- cela nous permettra de reprendre individuellement et collectivement le pouvoir sur nos médias.

Si on veut mettre fin à ce système qui se nourrit de sensationnalisme, il ne faut pas aller voir TF1 ou le Point pour leur demander d’être un peu moins crétins. S’ils faisaient ça, il mettraient la clef sous la porte car les recettes publicitaires se contenteraient de se déplacer vers une meilleure offre. En revanche, il existe des leviers pour limiter drastiquement la pub. Son existence ne va pas de soit, et le lobby publicitaire doit battre quotidiennement pour garantir ses intérêts. Et si nous nous battions aussi ?

N’ayons pas peur des mots : supprimer la publicité est une affaire de démocratie, au sens noble du terme.

 

 Annexe : Combien je paie au juste ?

471€ est une moyenne brut de décoffrage. Or, ce chiffre est très minoré car il prend également en compte tout ceux qui n’ont pas leurs propres revenus (enfants, personnes sous tutelle,…). En prenant seulement la population de plus de 20ans (l’age médian de la prise d’indépendance étant de 23ans) on arrive à près de 700€.

Cependant , la répartition est très inégalitaire et, pour savoir  comment se repartit cette somme, il faudrait pouvoir repérer la marge publicitaire de chaque produit et les comparer avec les habitudes de consommation par groupe sociaux. En attendant je vous donne quelques pistes pour vous faire une idée de cette répartition.  Il me semble important d’insister sur deux points : tout le monde paie, et ça pèse d’avantage sur les pauvres.

Même si vous êtes un zélote des circuits courts, que vous évitez comme la peste les grandes enseignes et que vous habitez  dans un village où la pub est interdite (par exemple, là où j’habite)… eh bien vous payez quand même ! Vous limitez -certes- les dégâts, mais impossible de s’en soustraire totalement. Ne serait-ce qu’indirectement (votre paysan local adaptera ses prix pour pouvoir acheter des biens de consommation courante markétés – donc plus cher) : vous payez !  De plus Avec la privatisation des services publics, même les biens essentiels ont dû se mettre au marketing féroce – les coûts supplémentaires se répercutant sur les prix et les conditions de travail.

Ceci dit, ce que je viens de décrire est le comportements d’une minorité de la classe moyenne. Le coût de la pub est surtout un problème pour les plus pauvres. En effet, comme pour la TVA, même si tout le monde paie le même pourcentage , ce dernier représente une part d’autant plus grande du budget que ce dernier est petit. C’est a dire que ça représente une broutille pour un couple d’ingénieur alors que ça peut faire la différence entre un mois normal et un mois à manger des pâtes pour un couple pauvre.

1 http://www.uda.fr/sinformer-actualites/actualites/communiques-de-luda/derniers-communiques/article/luda-publie-la-14e-edition-des-chiffres-cles-des-annonceurs/

2 projet_loi_finances_2013.pdf

3 http://s.bsd.net/nefoundation/default/page/file/8c16eabdbadf83ca79_ojm6b0fzh.pdf

4 : je laisse à chacun le soin de juger si ces points sont positifs ou non

Pré-campagne de don !

Bien le bonjour ! La campagne de don est en préparation, mais rien ne nous empêche de vous laisser nous aider avant cela !

Pour faire simple nous avons un grand besoin de vos dons pour nous aider à payer les serveurs mais également pour assurer la suite du développement du site. Comme vous l’avez constaté ce dernier marche pour grande partie mais de nombreux bugs subsistent qu’il nous faut élucider (et on est en bonne voie !).

Aujourd’hui les contraintes matériels commencent à interférer avec le bon fonctionnement de l’association et nous avons besoin, plus que jamais (ça n’est pas une formule) de votre soutien !

Par paypal (à gauche) virement (nous contacter pour le RIB –si vous avez la patience préférez le virement, au moins ça n’engraissera pas ebay au passage 🙂) toutes les sommes comptent et nous aideront plus que vous ne l’imaginez !

P.S. : Nous sommes une association d’intérêt général et vos dons peuvent être défiscalisés (donner 90 vous coûte 30), merci de nous contacter pour avoir un reçu.

Musique Libre ! au festival Avatarium 2014

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Oyé ! Oyé !

Musique Libre ! Vous annonce avec plaisir qu’elle participera à la 15ème édition du festival Avatarium qui se tiendra à Saint Étienne du  7 au 17 Mai 2014.

A cette occasion nous organisons une soirée le 13 Mai comprenant une conférence sur le thème : « Le Libre est un outil de maîtrise technologique, a-t-il des limites ? Qu’en est-il d’un Libre qui se passerait de l’informatique et des réseaux ? » donnée par votre serviteur.

La projection du film The Nanook Incident, montage autogène du film Nanouk l’Esquimau de Robert Flaherty (1922).

Cette soirée sera une manière de fêter humblement les 10 années d’existence de Musique Libre ! Ainsi que de rendre hommage aux 15 années du festival Avatarium.

Nous serons aussi présent sur les soirées de concerts du festival avec un stand d’information pour parler avec tous de musique, de libre et de tout ce qui s’en rapproche de près ou de loin.

Comme d’habitude si vous souhaitez nous donner un coup de main sur l’organisation de cette soirée ou du stand, votre aide est la bienvenue.

Librement,

L’association Musique Libre.

1% des artistes accaparent 77% du marché de la musique, et vous ?

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« L’industrie de la musique est une « économie de superstar », c’est-à-dire qu’une très petite part des artistes et des œuvres représente une portion disproportionnée de tous les revenus. »

C’est ce que démontre en creux l’analyse de Mark MULLIGAN, chiffres et graphiques à l’appui. La musique, les artistes, les œuvres comme des produits, vendus en supermarché, cadenassés par les DRM (itunes et cie), condamnés à la pauvreté auditive (voir la qualité d’écoute de Deezer)… Avec tout ce tableau, beaucoup disent et sont persuadés, de manière un peu fataliste qu’on ne peut rien y changer, que la SACEM (qui engraisse bien plus les éditeurs et les plus gros auteurs qu’elle n’aide les plus petits) ne peut être évitée… Or des alternatives existent. Parmi celles-ci, Dogmazic et l’association Musique Libre.org permettent de changer un peu les choses. Depuis près de 10 ans, l’association œuvre auprès des artistes, autorités, labels pour que cette alternative existe, vive et soit reconnue. Autant vous dire que c’est le pot de terre contre le pot de fer ! Mais c’est en y allant avec nos mains, dans cette tonitruante boue remplie de nombreuses pépites qu’on y arrive. C’est aussi en voyant les trésors cachés du domaine publique, des usages des licences libres qu’on trouve toute l’énergie suffisante pour faire face. Mais c’est aussi avec votre aide, précieuse depuis tant d’années, que nous pouvons nous passer de publicités, que nous pouvons travailler pour l’intérêt commun, celui des cultures, de l’accès aux cultures et de la réappropriation des cultures par et pour tous. Vaste domaine que voici, vaste mission que nous nous donnons, mais il est vrai que tout ceci ne vivrait pas sans une prise de conscience collective du rôle de l’expression des artistes, du rôle de chacun dans notre société pour dénoncer et clamer haut et fort que la culture n’existe que si elle est libre de toutes entraves intellectuelles ou techniques.

Cette année de dixième anniversaire de notre association, de l’ouverture du site Dogmazic.net, nous permet de vous demander une contribution exceptionnelle, de participer à notre action. Nous organisons une campagne de dons massive permettant de nous donner les moyens pour faire vivre cette alternative. Merci d’avance pour votre soutien sans failles depuis tant d’années, et merci à ceux, nouvellement inscrits, qui nous soutiendrons cette année !

Pour ceux qui ont des connaissances en langues étrangères, on a besoin de vos talents pour traduire en allemand, espagnol et italien les quelques textes qui accompagneront la campagne de dons !

Si vous voulez nous suivre, voici un lien qui retrace le développement de la campagne de dons : https://trello.com/b/j9Dv7Loa/musique-libre

Librement,

L’association Musique Libre.

Nouvelle année, nouvelles résolutions ?

L’année dernière, nous avions pris de bonnes résolutions. La sortie de la V3, des projets comme s’il en pleuvait… Cette année, les projets sont toujours là, mais compte tenue de la difficulté que nous avons eu à sortir la V3, beaucoup de choses sont restées en suspens. Le site évolue et nous écoutons les personnes qui souhaitent bien investir un peu de leur temps et de leurs dons pour soutenir le site. Ainsi en cette année 2014 qui commence vous avez accès d’ors et déjà à une nouvelle interface, plus graphique, plus claire, prémices de nombreux autres changements. Le forum va aussi être remanié.

Et cerise sur le gâteau, toutes les archives du site ancien (V2.5) sont de nouveau disponibles !

http://www.musique-libre.org/dogma/

Avec un classement par pays, nom, et date d’inscription, des filtres à droite afin de mieux trouver ce que vous cherchez… nous espérons que cette partie du site, une photographie d’archive de toute l’activité musicale de Dogmazic de 2004 à 2012, vous permettra de retrouver les groupes que vous souhaitiez retrouver. NB : le player n’est pas fonctionnel avec cette partie du site, mais tous les morceaux sont téléchargeables.

Bonne année, bonne santé et faisons progresser les cultures libres ensemble !

Bilan administratif, technique et moral années 2011-2013 (préparation de l’AG de novembre 2013)

Chers membres de l’association Musique Libre !  nous organisons une AG ce mois de novembre 2013.
Trois points seront à l’ordre du jour :
  1. Bilan de ces deux dernières années de la vie de l’association.
  2. Voter le bureau de l’association.
  3. Statuer sur la situation vis-à-vis de Pragmazic.
En vue de préparer cet événement vous trouverez ci-après un compte rendu des orientations de l’association Musique Libre ! pour la période fin 2011 jusqu’à aujourd’hui. http://musique-libre.org/asso/?p=42
Le bureau actuel a été élu le 5 novembre 2011. Il est composé de :
  • Alain Imbaud (aka Aisyk), Président.
  • Étienne Rouge (Tumulte), Trésorier.
  • Simon Chanson (Decay, Secrétaire.
Ci-joint le lien vers les orientations de la dernière AG en date.
mot de passe pour les adhérents : goudroune(2011)
L’association n’a pas pu organiser une AG en 2012. Les problèmes techniques importants de la V2 ne nous ont pas donné le temps nécessaire à l’organisation de l’AG annuelle de notre association. Aussi, celle de 2013 est importante. Elle permet de valider le chemin parcouru eut égard des orientations prises par l’AG de 2011, et de donner tout pouvoir au Bureau pour qu’il puisse continuer dans ce sens pour le futur de l’association. Pour faciliter la prise de décision des adhérents, nous élaborons donc un historique de nos actions. Nous choisissons de trier ces actions en différentes parties, administratif, technique et événements afin que vous puissiez mieux décider de l’avenir de l’association et voter en connaissance de cause pour le nouveau Bureau et les orientations proposées.

Administratif et financier

Notre première année a été prise par de nombreux soucis administratifs, qui ont pris beaucoup de temps, notamment dus à l’envoi tardif de nos courriers et archives (janvier 2012).
De novembre 2011 à fin 2012 :
  • Transfert de l’association de son ancien siège à Bordeaux à son nouveau siège de Lyon.
  • Démission de Christophe E (février 2012), pour raisons professionnelles.
  • Règlement et mise à jour de la situation de l’association vis-à-vis de l’URSSAF (lié à notre ancienne activité salariale (Rico)).
  • Mise à jour de la base de donnée des adhérents et relance sur les cotisations.
  • Désabonnements à Orange Mobile, Free (freebox), changement d’adresse administrative, changement d’adresse banque, assurance, poste.
A partir d’Octobre 2012 jusqu’à aujourd’hui :
  • Gel des adhésions et des relances de cotisations (car le site est en travaux).
  • Dossier de subvention Région Rhône Alpes, fond SCAN (février 2013).
  • Notice Krakatoa remise à jour. (mallette pédagogique à destination des artistes / labels à diffusion nationale).
  • Mise à jour et migration de la documentation.
  • Mise à jour des notices IRMA.

Financier

Avec des frais fixes à hauteur de 17,15 € par mois (banque, assurance), soit 205,80 € par an, l’association est viable avec les dons sporadiques des membres (233 € sur l’année 2013 en date du 1er octobre sur Paypal). Il est à noter que les dons ont énormément baissé entre l’année 2012 et l’année 2013, passant de 1300 € à 233 €.

Néanmoins, le projet Dogmazic est une grosse charge pour l’association (environ 3000 € par an) et la décision de remise de dette à la société Pragmazic a largement grévé nos finances.

Septembre 2012

Dans le contexte particulier de la situation de Pragmazic et parce que nous faisons entièrement confiance en Pragmazic sur les informations que la société nous a communiqué, nous avons rédigé une lettre de remise de dette à Pragmazic concernant les dettes de la société à l’égard de l’association. C’est une grave décision de l’association (à hauteur de 20 000€), qui met en péril en partie la structure, mais pour nous, il était nécessaire de sauvegarder Pragmazic en leur donnant un gage de notre soutien.

Novembre 2012

Il restait à peu près 2700 € sur le compte du fond de soutien à la Musique Libre. Nous avons décidé de l’utiliser pour développer la V3 du site. L’hébergement et le transfert des serveurs a pu être possible grâce au fond de soutien. La décision a été prise en concertation avec des anciens membres du CA.

2013 et évolutions futures

Depuis l’épuisement de cette somme, une partie des frais fixes de l’année 2013 est assurée par les membres. Pour le reste, Tumulte a avancé près de 1700 € afin d’assurer le paiement des serveurs et leur migration.

Événements passés

Les événements permettent de rencontrer des partenaires, des acteurs locaux, de faire lien avec d’autres structures qui œuvrent dans le même sens que nous. Que ce soient les rencontres informelles ou les présentations et animation d’ateliers ou de débats, cela montre la présence de Dogmazic dans le réel.

  • Rencontre avec les membres de la LAL (novembre 2011).
  • Rencontre avec Cédric Claquin de CD1D (secrétaire général, chargé de com’ – Accessoirement manager K2R).
  • Rencontre dans le cadre des dialogues régionaux avec Hadopi (Bibliothèque Part Dieu).
  • Rencontre avec la Médiathèque d’Oullins.
  • Stand au Festival Ça Fait Zizir (septembre 2012).
  • CC / Sacem, pétition et communication (janvier 2012).
  • Lien avec Linux MAO.
  • Participations à Primevère, salon de l’écologie et des alternatives, avec l’espace logiciels libres Rhône Alpes. (mars 2012).
  • Participation à Tant Libre (juin 2012).
  • Soirée Débat sur « Je crée, mais après ? » http://www.agendadulibre.org/showevent.php?id=7568
  • Soirée projection film « Good Copy Bad Copy » dans le cadre de l’événement mondial « Villes en Biens Communs ». http://musique-libre.org/?p=661
  • Veille sur C3S, évolutions droit d’auteur, participation à la soirée de fondation de la C3S début octobre 2013.

Technique

La première année n’a pas pu être consacrée au développement de la V3, conformément à la décision de l’AG de novembre 2011. La V2 a pris énormément de temps de développement et corrections diverses. De plus, une rationalisation de l’architecture des serveurs a été nécessaire afin de développer la V3 sur des bases saines.

De novembre 2011 à été 2012

  • Tentative de correction des nombreux bugs de Dogmazic.net. En n’ayant personne pour nous expliquer le code peu commenté et non documenté (basé sur un CMS obsolète) les corrections demandèrent beaucoup de temps pour peu de résultat.
  • Rationalisation des serveurs existants.

Pendant le travail de Tumulte et de deux administrateurs bénévoles des crackeurs ont profité des failles de logiciels obsolètes (certains composants, dont la distribution Ubuntu du serveur avaient 5 ans – soit 2 ans de plus que la durée de vie d’une LTS).

Il est apparu des bannières de pubs insérées dans le code, et les failles furent corrigées en urgence.

Été 2012

  • Transfert des données de Musique Libre ! et de Dogmazic.net sur de nouveaux serveurs (DRI).

Septembre 2012

  • Plantage de l’archive V2 dû à l’ancienne architecture, particulièrement alambiquée. Pour info, la V2 avait une structure invraisemblable reposant sur 4 serveurs. Elle utilisait même le serveur de développement pour des tâches de productions alors que, comme son nom l’indique, il est sensé être réservé au développement.

A partir de là, c’était soit la V2, soit la V3. En terme de temps et d’énergie, il en aurait fallu autant pour les deux. A partir de là, la V2 fut définitivement abandonnée.

Octobre 2012

  • Décision de fermer Dogmazic.net V2 et de se lancer dans le développement de la V3 de Dogmazic.net.

Tumulte posa sa démission après deux ans en tant qu’ingénieur développeur dans une grosse boite lyonnaise afin de se consacrer à temps plein sur la V3.

Septembre 2013

  • Lancement de l’alpha de la v3 de Dogmazic.

Pragmazic

  • Septembre 2012 : Réunion skype avec Pragmazic, étaient présents Tumulte, Aisyk, Mr_Ersatz, Xulops et Christophe_E. Au cours de cette réunion il nous est apparu que Pragmazic était dans une situation financière délicate et nous avons alors pris la décision d’annuler la dette qu’avait contracté Pragmazic vis-à-vis de Musique Libre ! (qui s’élevait à plus de 20 000 euros pour le Fond de Soutien). La société Pragmazic nous annonce alors qu’elle n’a plus qu’un salarié, mais qu’elle travaille sur une nouvelle interface pour les bornes ainsi qu’une commande importante de bornes pour les médiathèques de Choisy.
  • Novembre 2012 : Coupure de la V2 suite à de graves soucis conjoints de serveurs et dans le module Paypal du site.
  • Décembre 2012 : Décision de se focaliser sur la V3, Pragmazic ayant toutes les informations techniques nécessaires pour la tenue de la V2 en ligne pour ses bornes.
  • (fin) Décembre 2012 : DRI (hébergeur de Dogmazic) nous informe qu’ils n’ont plus de contact avec Pragmazic.
  • (début) Janvier 2013 : Appel de Tumulte à Pragmazic pour la remise en ligne de la V2 (chapeautée par Pragmazic) avec l’aide de développeurs bénévoles motivés (sans réponse).
  • Mai 2013 : Pragmazic nous demande un devis financier sur la mise à disposition des archives de Dogmazic avec une réflexion poussée autour des nouveaux usages en médiathèques des bornes. Nous demandons à Pragmazic des informations afin de répondre en connaissance de cause : aucun retour.
  • Juin 2013 : Pragmazic annonce la livraison de 21 bornes pour les médiathèques de Choisy-le-Roi.
  • Juillet 2013 : Pragmazic nous propose de gracieusement inclure sur leurs nouvelles bornes leur back-up de la v2 de Dogmazic, ce que nous avons refusé car il était temps de reconsidérer le partenariat entre Pragmazic et Musique Libre !.

Orientations proposées

L’association doit absolument trouver de l’argent ainsi que des militants cette année. L’hébergement du site et donc son existence en dépendent. Aussi, les énergies ne sont pas inépuisables et celles des militants déjà engagés dans l’association peuvent aussi faillir.

  1. Priorité à la V3. La V3 permettra de faire un appel bienvenu pour que nombre de personnes s’intéressent au projet de Dogmazic et ainsi soit adhèrent à l’association, soit donnent un peu d’argent pour qu’elle fonctionne. Sans site internet, sans archive, Dogmazic n’est plus.
  2. Poursuivre le rapprochement avec le C3S. Cette société de gestion européenne est une initiative très intéressante. Elle permettra à de nombreux artistes de passer outre la Sacem et de rester dans la culture libre au sens large.
  3. Trouver de nouvelles ressources. Le dossier de subvention n’a pas abouti positivement, mais nous avons d’autres cordes à notre arc ! La campagne de don, la vente de t-shirts, de compilations, sont des idées déjà retenues mais qui ont eu du mal à être concrétisées depuis, concrétisons-les cette année !
  4. Travailler à des partenariats locaux forts. Suite à notre déménagement, Dogmazic s’est fait connaître localement. beaucoup nous connaissent, dans le libre, mais nous avons encore du travail à faire dans les milieux culturels.
  5. Fédérer les cultures libres. Ce tout petit milieu ne mène que très peu d’initiatives communes et ne partage presque rien. Pourtant il y a des liens à faire entre les diverses associations, les développeurs de logiciel libres de musique et autres acteurs. Musique Libre ! est au carrefour de ce petit monde. Profitons-en pour mettre en place les coopérations !
  6. Inventer l’économie de la culture libre. Il y a un foisonnement de nouveau sites de paiement (crowdfounding et micro-paiements en tout genre) mais aucun d’eux ne sait s’affranchir du marketing ou de la compétition ; en résulte des inégalités différentes mais toujours aussi présente. Inventons-mieux.
  7. Mettre en place des outils que seule la culture libre peut se permettre. Dogmazic n’est qu’un début. SpiderJessica, Wreck a Tour… Ces projets sont plus que jamais d’actualité !

Témoignages

Parce que notre site est en pleine effervescence, et que, souvent, dans ces moments là, tout se passe en sous-terrain, voici quelques lectures estivales à méditer. La documentation de Dogmazic est en pleine migration vers le nouveau site, et on trouve par-ci par-là, quelques pépites, en voici quelques unes…

Ce sont des témoignages d’artistes qui ont fait le choix de venir sur Dogmazic pour y déposer leurs œuvres, mais surtout qui ont fait le choix de ne pas ou plus être à la Sacem afin de pouvoir publier eux même sous licences libres et ouvertes.

Bonne lectures !

Et bien, parlons-en !

Un artiste de variété peut-il être vraiment indépendant ?

Pour une diffusion légale et variée de la musique en ligne

Les invités

Pourquoi je ne suis pas à la Sacem

Comment j’ai libéré ma musique : l’histoire d’une conversion

Vers la musique libre – Bordeaux, février 2001

La philosophie de la musique libre

Une histoire de mots : culture libre et libre diffusion

On peut aussi rajouter à ces témoignages l’essai de Dana Hilliot, « De la dissémination de la musique » qui reprend quelques autres témoignages en fin de partie.