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Musique Maestro !

Une fois n’est pas coutume, entre diverses nouvelles concernant la migration du site, et notre dernière AG, voici une news sur la musique !

On en oublierai presque que Musique Libre est un site avant toutes choses, de musiques.

Cette liste est tirée du forum Machinery Attack, un site spécialisé dans la musique industrielle, donc la sélection est forcément spécialisée dans ce domaine, mais pas que.

Source : http://machineryattack.forumgratuit.org/t112-telechargements-gratuits-et-legaux-free-netlabels-et-cie

Vous trouverez ici une liste d’organisations (labels, blogs, associations…) proposant de télécharger gratuitement et légalement les travaux de musiciens en tous genres.
De bonnes découvertes vous attendent ! Larry.

  • Deadknife Records
    http://deadkniferecords.blogspot.fr/
    We support A large arsenal of artists with a vast genre range mostly supporting Industrial, Metal, Dark Experimental, black metal, death metal, Thrash Metal, Ambient, Drone, Noise and Much more.
  • Death to Music Productions (anti record label)
    http://www.deathtomusic.com/
    Founded in 2007, we have expanded to include a variety of molested musicians, aggravated artists, perturbed producers and, in general, all-round fucked-up and fucked-off creative types who are either all too aware of the nature of the music “industry”, or would rather just do it themselves.
    Mêmes styles de musique que précédemment.
  • Splitterblast Records
    http://www.splitterblast.own.cz/
    Currently the label is specialized to: Speedcore, Splittercore & Terror music.
  • Death Metal Invasion
    http://deathmetalinvasion.blogspot.com/
    DMI features only FREE demo/promo/album material received directly from bands/labels or material which is already freely available on the band’s site.
  • Chabane’s Records
    http://chabanesrds.perso.sfr.fr/
    Centré pour l’instant sur le Metal, le Grunge le Punk, et plus généralement le Rock au sens large, il est ouvert à tous les styles dont les acteurs partagent la même philosophie.
  • Smell The Stench Net Label
    http://www.smellthestench.net/net.htm
    Un label de noise/ambiant/black et autre truc vachement joyeux.
  • Auboutdufil
    http://www.auboutdufil.com/
    Découvertes de musiques libres (tous styles)
  • Torn Flesh Records
    http://www.archive.org/details/tornfleshrecords
    Torn Flesh Records is dedicated to working with and releasing Grindcore (all sub types), Death, Metal (all types), Industrial, Experimental/Electronic, and Extreme Rock (Punk, Psychobilly, Glitch, Breakcore, Doom, Dark Ambient, Noise, etc.) genres. All releases are free to download.
  • Webbed Hand Records
    http://www.webbedhandrecords.com/
    Ambient and Experimental Music Netlabel
  • Wildness Records
    http://wildness.e-monsite.com/
    Wildness was first a non-benefit association create in 2006 in Roanne (France). Our goal was to support and promote extreme metal and hard electronic in this little town who was and are always very poor about alternative culture and culture in general. At this time we was focusing on releasing D.I.Y release, cd-r, compilation, album , editing fanzine & organising few gigs to try to dynamise it.
  • NKS International
    http://nksinternational.free.fr/
    nettement orienté electro / breakcore /etc.
  • Circumanalis Records
    http://nistavilo.net/circumanalis/
    Circumanalis Records was a one-man operated DIY label from Croatia which actively and joyfully released ambient, noise, drone, industrial, experimental and similar artists from 2007 to 2010
    n’est plus actif, mais le catalogue est tjoujours dispo en téléchargement. orienté indus/expé principalement.
  • Taenia Solium
    http://taenia-solium.net/
    Taenia solium est un collectif qui existe depuis 2003, aujourd’hui avec un noyau de 5 personnes, et une douzaine et demi de complices.
    On aime toutes et tous la musique, surtout celle avec de la la folie, du rock and roll, de l’émotion et du jemenfoutisme. C’est pour ça qu’on aime pas l’industrie musicale, parce qu’elle sent le plastique brillant, la javel professionnelle et l’argent.
    On pense que la propriété intellectuelle est un frein à la créativité et à l’imagination. C’est pourquoi nos productions sont soit sans copyright, soit sous licences libres, et téléchargeables librement. Pour autant, on est critiques sur le côté consumériste amené par Internet.
  • Vault 106
    http://vault106.tuxfamily.org/
    Nous sommes un netlabel libre sous licence creative commons.
    Même si il est à dominante électro le label se veut ouvert, ainsi quelle que soit la musique que vous faites n’hésitez pas à nous faire parvenir un cd ou quelques mp3 si vous voulez participer à la vie du netlabel
  • Radical Matters
    http://www.radicalmatters.com/
    Radical Matters is an independent publishing house / records label directed by Sandro Gronchi: focused on a transgressive design of ideas, objects and media communication.
    le label propose pas mal de séries limitées physiques, mais une partie de son catalogue est dispo en téléhargement libre (rubrique « web edition » du site). orientation : noise, dark, black metal, ritual…
  • Tree Records
    http://www.myspace.com/recordsfromthetree
    label d’un ancien collaborateur de Chabane’s Records, n’est malheureusement plus actif. quelques sorties pop/rock/alternatif toujours disponibles en téléchargement libre.
  • Dark:Scene Records
    http://www.darkscenerecords.co.nr/
    Crime:Scene is a net-based non-profit record label and scene promoter – calibrated to deal with underground music scene in Serbia and ExYu region. Started in 2006. We promote ExYu dark & underground music. We organize concerts and fucked up parties. We are not you!
    Celui-là devrait bien vous plaire sur ce forum, les groupes sont principalement orientée vers la scène industrielle.
  • Splitterkor Rekordz
    http://www.skrd.npx.pl/news.php
    SKRD!!! is specialized in Terrorcore, Speedcore and Extratone in conjunction with Breakcore and Noise.
    Spécialisé en Techno extrême.
  • D-TRASH Records
    http://www.lunaticfringe.org/~schizoid/dtrashrecords/
    For those who know it, it needs no introduction. Probably the best Digital Hardcore label nowadays. All releases available online (something to admire in current times), and many of them are top quality stuff. Breakcore/Speedcore/Digital Hardcore/Noise/Dark Ambient/IDM. This label shows everything packed under a form of irreverence and mostly, anti-commercial feeling. Worth listening and supporting!
    Principalement Indus / Noise / Experimental.
  • Alter-X
    http://absetzer.alter-x.net/ (Powernoise & assimilés)
    http://line.alter-x.net/ (Ambient, IDM & assimilés)
    http://space.alter-x.net/ (musiques spatiales et cosmiques)
  • Zorch Factory Records
    http://www.zorchfactoryrecords.com/
    Created by in March 2008, the label proposes its promotion and download features to bands, projects and artists working in a same direction, an indie, underground and DIY attitude.
    Musiques industrielles et expérimentales.
  • Kopp Netlabel
    http://koppnetlabel.blogspot.com/
    Dedicated to releasing dark ambient atmospheric and underground electronic musics.
    Dans un autre registre plutot post punk, le label de manu zorch.
  • IDMF Label
    http://label.idmforums.com/
    http://soundcloud.com/idmforums-collective
    The IDMf Netlabel is a gathering of like minded artists & people fueled with a passion for Electronic Music, Sound Design & Glitch
  • Synthematik
    http://synthematik.net/
    Synthematik is aimed at promoting and distributing music from talented, but lesser known synth / electro / industrial artists.
  • Planeta Modular
    http://www.planetamodular.com/
    Site qui offre le téléchargement de mixes ou de lives (pas seulement indus, il y a aussi de la techno et encore d’autres trucs)
  • Cyanur Prod
    http://cyanurprod.wifeo.com/
    Cyanur prod est un net Label pour musique Dark folk, Neo folk, Dark ambient, Rituel, Martial, Indus, medieval…

2ème édition du festival international du cinéma libre : envoyez vos films !

2ème édition du festival international du cinéma libre : envoyez vos films !

Hambourg (Allemagne) 29,30 & 31 août 2014

Organisé par un collectif franco-allemand, le festival donne rendez-vous à tous ceux qui produisent et apprécient le cinéma en rupture avec l’industrie cinématographique. Comme l’année dernière, la part belle sera faite aux films libres de droits (creative commons, licence art libre, pas de licence du tout) mais aussii aux films autoproduits, expérimentaux, financés de façon alternative,  “amateurs”, hors-format, etc.

On attend tous vos films qui dans leurs manières d’être produits, diffusés, dans la forme et/ou dans le fond, nous libèrent des images dominantes et standardisées.

Merci d’envoyer vos films avant le 15 juin 2014 avec le formulaire d’inscription à cette adresse :

  • par  la poste  (CD, DVD ou cartes mémoire) :

FESTIVAL INTERNATIONAL CINEMA LIBRE

Kleiner Schäferkamp 50a

20357 Hamburg

GERMANY

Les licences libres ne suffisent pas !

bateau2

Ces dernières années, des actions localisées, éclatées, fébriles, ont enfanté une contestation amoureuse d’elle-même, une galaxie d’impatiences et d’impuissances, une succession de découragements

Serge Halimi, Stratégies pour une reconquête, Le Monde Diplomatique, Septembre 2013.

 

Cette citation de Serge Halimi s’inscrit dans un article qui vise à donner des pistes aux militants de tous poils pour mettre en place une action efficace pour rétablir un peu de justice dans ce bas monde. Or, il me semble que cette dernière  s’applique parfaitement au mouvement du libre. Malgré les fleurs que nous nous envoyons à longueur de forum, je constate année après année que les gens s’usent et se renfrognent faute de véritables victoires…

Les licences libres ne sont pas magiques…

J’ai longtemps cru au mythe fondateur du Libre : les licences libres allaient faire naître toute une panoplie de pratiques tellement fabuleuses qu’elles emporteraient dans un raz-de-marée les pratiques privatrices. Je nous croyais invincibles car, tel le virus, nous étions tenaces, mutants et contagieux !

Je n’ai jamais cessé une seul seconde de croire que le partage et la culture (du) libre allait améliorer les choses, et je m’émerveille tous les jours des prouesses des hackers et des partageux de tout pays. Cependant, il y a un aspect de mon conte de fée que j’ai dû remettre en question : les outils (juridiques, techniques, virtuels,…) que nous fabriquons ne sont pas magiques. Non seulement ils peuvent devenir inutiles si on s’en sert mal, mais ils peuvent aussi être utilisés contre nous !

Un(e) licence/logiciel/machine libre est un outil et rien de plus !

Cette introduction sonne comme un tas d’évidences et vous commencez peut-être à croire que je vous prends pour des buses ! Il n’en est rien, et si je prends la peine de poser tout ça par écrit, c’est bel et bien parce que la croyance que les licences libres se suffisent à elles mêmes est diablement tenace dans notre mouvement !

Certes, cet outil -comme tout outil- aura permis, par sa seule existence, des changements et des avancées significatives. Cependant -comme tout outil- il ne fera jamais rien de plus que ce qu’on lui fera faire !

Il y a beaucoup d’exemples d’outils fabuleux porteurs d’espoirs qui ont été vidés de leur sève. L’un d’entre eux se trouve d’ailleurs juste sous votre nez. Je parle bien entendu d’Internet !

Internet, porte en lui les germes de l’abolition des frontières, du partage sans limite, de la communication sans barrières… Cependant cela n’est pas si simple, car dès qu’un outil est potentiellement source de pouvoir (ou de perte de pouvoir), il devient source d’enjeux.

Or, bien qu’internet soit un espace virtuellement infini, nous constatons de plus en plus que ces enjeux ne peuvent pas coexister pacifiquement. C’est d’ailleurs pour cela que la Quadrature du Net, l’April ainsi que bien d’autres associations doivent se battre quotidiennement pour éviter que les pousses de liberté semées par les pionniers du net se retrouvent écrasées par un centre commercial virtuel géant.

De révolutionnaire à publicitaire il n’y a qu’un pas

Ce qui est vrai pour internet l’est tout autant pour les licences libres. Après avoir bossé 2 ans dans une boite qui vend de l’open-source, je puis vous affirmer que les quatre libertés fondamentales ne changent que très peu les pratiques quotidienne d’un éditeur de logiciel. Il s’agit d’un argument de vente efficace mais les relations fournisseurs/clients obéissent aux mêmes règles que celles d’un éditeur propriétaire. Il en va de même pour la culture :  récemment, la SACEM nous aura également prouvé qu’il suffisait d’un accord pour réduire les Creative Commons au rang de vulgaire objet promotionnel pour leurs sociétaires

Un outil doit servir un but et non l’inverse

Ces détournements des licences libres prouvent bien qu’un outil doit être un moyen et non une fin. Ça paraît relever du bon sens, mais force est de constater que les libristes affichent (pour la plupart) la diffusion des licences libre comme unique objectif ; il est très rare de voir des gens se questionner sur ce qui se passera après ( que faire si ça marche ? que faisons-nous si ça ne marche pas ?).

Or cela pose de nombreux problèmes :

  • Les débats se cristallisent sur les outils ce qui empêche toute mise en perspective ou élargissement (d’autant plus que de choisir un outil sans but est absurde… C’est comme choisir une mèche de perceuse sans savoir si le mur est en béton ou en bois)
  • De fausses dissensions apparaissent sur des détails faute de pouvoir prendre la hauteur pour constater que le débat est absurde (et si je vous disais que la clause NC et la clause SA peuvent servir le même objectif… )
  • Personne ne remarquera, ni qu’un outil obsolète ou inefficace, ni l’apparition d’un meilleur outil (ce qui revient à défendre mordicus votre mèche à bois, même après avoir en avoir usé 10cm sur un mur en béton – parce que vous comprenez, une mèche c’est cher et le magasin il est loin).

En d’autres termes, toute discussion de l’outil est confondue avec une discussion sur le but,  ce qui fausse complètement tout débat.  Pour filer ma métaphore de trou, c’est comme si vous disiez à votre collègue que sa mèche n’est pas bonne et qu’il vous rétorque  : « On a besoin de percer un trou là ! Si tu comptes m’en empêcher va-t-en tu ne m’aides pas ! ». L’objectif (percer un trou) et le moyen (la mèche) sont mêlés : la discussion est impossible.

En face, ils ne confondent pas…

A l’inverse, il est bon de noter que l’une des principales caractéristiques du capitalisme (il faut appeler un chat un chat) est de combiner un but infiniment simpliste (accumulation maximale de richesse) avec une absence totale d’état d’âme concernant les moyens. Lorsque les licences libres sont instrumentalisées par Google, il n’y a pas de tergiversation sur le but de ses dernières : ils s’en emparent tant qu’elles présentent un intérêt et les abandonneront du jour au lendemain quand ça cessera d’être le cas !

bateau2

Quels objectifs ? Le projet politique !

Pour les moyens, pas de soucis : on est bon ! On a des logiciels super, des juristes super, des machines super et plein d’idées géniales ! Bref, on a toutes les meilleures mèches de perceuse du monde (oui j’aime ma métaphore). Vous l’aurez compris le problème, c’est le but. Le but lointain, grand, beau et inatteignable vers lequel on veut aller, l’horizon pour lequel on se bat.  Or, là aussi il faut appeler un chat un chat : cela s’appelle un projet politique.

Qu’ouï-je ? Politique !?

(au vu des incompréhensions systématique du terme « politique », un aparté s’impose !)

La Politique est une magnifique idée. Cela consiste tout bêtement à se rendre compte que l’on n’est pas seul au monde et qu’il va falloir trouver des solutions communes avec les gens de son espèce dans le respect de son environnement (ce qui ressemble pas mal au Libre quand on y pense). Or, pour beaucoup de gens, la confusion est totale entre politique, politicien, parti politique… malheureusement, cela entraîne le plus souvent un rejet immédiat…

Or refuser le Politique revient implicitement à laisser les pleins pouvoirs aux professionnels de la politique (qui sont, sans surprise -depuis les années 80-  les premiers à entretenir une idée de fin de la politique et de fin des idéologies). Le principe d’une élite qui refuse que le bas peuple l’ampute de ses privilèges est quelque chose que l’on retrouve aussi dans le débat  musiciens amateurs vs professionnels.

C’est quoi le projet politique du libre, alors ?

Il n’y a pas un projet politique, mais des projets politiques !  Sauf que, vu que personne ne prend la peine d’identifier clairement ses buts, le mouvement du libre finit par ressembler à une galère où chaque rameur s’active dans une direction sans savoir où les autres veulent aller (et sans savoir trop où lui-même veut aller) ! Or, lorsque que personne ne rame à l’unisson, tout le monde s’épuise avec, en prime, la frustration de voir notre beau bateau emporté par le courant dominant.

Il serait grand temps d’arrêter de ramer n’importe comment et de savoir qui veut aller où ! Pour prendre un exemple extrême (mais réel) : certains voient le libre comme d’un outil de lutte contre le capitalisme tandis que d’autres y voient un moyen de booster la compétitivité des entreprises… Peut-être vaudrait-il mieux les mettre dans des bateaux différents, n’est-ce pas ?

Libristes vous voulez ramer vers où ?

Si vous faites du libre parce que vous trouvez ça pratique, c’est parfait ! Je ne dis pas qu’il faut tous qu’on se mette à rêver du grand soir ! Je pointe juste du doigt le fait que sans projets politiques – en parallèle des utilisateurs a-politiques- le mouvement du libre stagnera ou disparaîtra.

Un intérêt pour chaque initiative…

Si vous faites parti d’une initiative libre et que vous y êtes pour changer le monde -et pas seulement votre ordinateur (je sais qu’il y en a parmi vous)- il faut définir vers quoi vous allez. En effet, il y a fort à parier que vous avez déjà un projet politique tacite que vous partagez avec vos collègues mais que vous n’avez jamais pris la peine de formuler. Or, clairement identifier ses buts est tout bénef. Loin de « fermer » votre initiative, c’est tout l’inverse qu’il se passera :

  • Cela permet aux nouveaux venus de savoir s’ils se reconnaissent dans votre initiative (sans ça, ceux qui devaient partir partiront quand même… mais avec une perte d’énergie pour les deux partis)
  • Un but permet de cadrer les débats stériles (voir plus haut)
  • Contrairement à ce que vous pouvez penser, cela simplifie les compromis (il n’y a pas de suspicion de « trahison » si le compromis est clairement identifié comme une étape nécessaire entre la situation actuelle et le but)
  • Créer des liens forts (les liens basés sur des valeurs et des objectifs communs sont les plus solides qui soient)
  • Créer des liens en dehors du microcosme libriste (si vous avez de grands objectifs, ils dépassent forcément la sphère du libre et seront forcément partagés par d’autres dans d’autres domaines)
  • Avoir des actions plus larges (le libre n’est pas isolé du monde, ainsi des lois, des politiques économiques ou des normes culturelles peuvent faire infiniment plus de mal au Libre que des contraintes techniques – Ces grands obstacles sont insurmontables  si on ne partage pas le combat avec des acteurs hors libre)
  • Motivation ! (les combats du libre sont des combats de longue haleine où les victoires sont amenées à s’espacer. Si on ne sait pas vers quoi on marche difficile de se motiver…)

Et pour le Libre en général !

Comme dit plus haut, je n’ai aucun problème avec les mouvements a-politiques au sein du libre, il en faut. Cependant, si on veut qu’il reste des a-politiques qui s’enthousiasment  de tout ça, il faut aussi des éclaireurs qui veulent aller percer l’horizon pour ramener de nouveaux trésors.

Qui pour voguer à contre courant pour aller vers des contrées oubliées telle que l’égalitarisme ? L’économie du don? Vers l’écologisme numérique ? Le féminisme ?

 

Et Musique Libre ! alors ? prenons nous les rames ?

 

 

Lettre Ouverte au sujet de la mission Zelnik

Monsieur le Président de la République,

Vous avez rappelé lors de vos vœux au monde de la culture votre volonté de protéger les œuvres et les artistes ; vous avez exprimé votre bienveillance toute particulière à leur égard.

Cette bienveillance ne peut pas être orientée seulement auprès de ceux qui se revendiquent appartenir à la « filière musicale » ; Au regard du droit d’auteur, chaque citoyen pratiquant un art, naïf ou pertinent, peut disposer des droits de toute cession sur ce qu’il crée et produit.

Cela est particulièrement vrai à l’heure où Internet permet techniquement de diffuser ses œuvres ; cela demande aujourd’hui à la société de s’adapter à ce média qui ne peut plus être discriminatoire.

Parce que nous avons la conviction que cette question doit être centrale, nous comptons sur votre bienveillance pour rappeler le droit pour chacun de pratiquer les arts et de participer à la vie culturelle de son pays ; et plus particulièrement à l’heure du bouleversement numérique.

Nous comptons aussi sur vos actions pour rappeler les valeurs auxquelles nous sommes tous attachés.

Continuer la lecture de Lettre Ouverte au sujet de la mission Zelnik

L.A. 2013, une compilation de soutien à Dogmazic.

L.A. 2013, une compilation de soutien à Dogmazic.

par l’association Taenia Solium [avril 2009]

 »L.A. 2013 », une compilation de soutien au site Dogmazic.net et à l’association Musique Libre. C’est une cassette 13 titres tirée à 300 exemplaires avec pochette sérigraphiée et livret, diffusée à prix libre. Les bénéfices iront soutenir Dogmazic, site de téléchargement gratuit et légal de musiques placées sous licences ouvertes (copyleft).
Cette cassette est disponible auprès des groupes, dans différentes distros et en envoyant un peu d’argent et un mot gentil à notre adresse. Si vous souhaitez la diffuser, contactez-nous.
La compilation est sur la page disques. Ci-dessous, plus de détails.
A bientôt.

FACE A 1. Le Temps des Mobylettes – Laws of destiny /// 2. Dure-Mère – Quien La Mato A Lulu /// 3. Sex Drugs & Rebetiko – Kaigomai /// 4. Fast Arbeit Babies – Nécromancie /// 5. Revengers – N’être humaine /// 6. Unhinged – Personne ne sourit plus FACE B 1. Stanok’n’roll – 4 minutes mortelles /// 2. No Shangsa – Running on mars /// 3. Parpaing – 35 mm /// 4. Scarb – Génisse matrice /// 5. Headwar – Sick Mr /// 6. Marylin Rambo – Bouine Bouine /// 7. Louise Mitchels – Massilia Sauce Guindou

Pour les férus de propriété intellectuelle, voici les licences des morceaux (les utilisations pour lesquelles vous avez l’accord explicite des auteur-e-s) : ici pour Dure-Mère, Scarb, Stanok, No Shangsa, pour les Louise Mitchels et pour Unhinged. Pour Sex Drugs & Rebetiko, Marylin Rambo, Headwar, Parpaing c’est ici, mais pour Le Temps des Mobylettes ça se passe . Enfin, c’est ici pour les Fast Arbeit Babies et pour Ze Revengers.

Pour la commander :

Taenia Solium
10 rue Yves Farge
38600 Fontaine
taenia-solium.net

Une compile K7.
Depuis que l’association taenia solium édite des disques, on a toujours cherché à subvertir les règles du commerce. Comment faire circuler des objets qui ne sont pas des marchandises? On a tenté plusieurs manières : compilations gratuites, disques à prix libre. Aucun de nos disques n’est soumis au copyright classique : la musique est faite pour circuler. C’est donc logiquement qu’on a mis tous les morceaux de nos disques en téléchargement gratuit sur taenia-solium.net et dogmazic.net. Légal, gratuit, associatif, militant : le téléchargement sur Dogmazic est une bonne alternative au réseau social-commercial Myspace.
Mais nous ne sommes pas un ‘net label’. L’existence d’objets physiques qu’on peut prêter, donner ou perdre est très importante pour nous, et nous prenons grand plaisir à fabriquer nous-même les pochettes en nous mettant de l’encre sur les doigts, et à donner ces disques à nos amis ou à des inconnus. Le numérique permet la copie à l’infini sans perte de qualité, mais l’aspect abondance du téléchargement est aussi plein d’effets pervers. On se souviendra toute notre vie du vinyle que notre grande soeur nous a offert à 12 ans, alors qu’un mp3 parmi 25000 autres est vite oublié. Les cadeaux dématérialisés, copiés en 1/4 de seconde ont sûrement moins de valeur qu’un bon vieux bout de plastique et de carton emballé dans du papier-cadeau à fleurs. Sans parler que sous l’image idyllique qui présente internet comme synonyme de Liberté, et le téléchargement comme la transmission planétaire de toute notre production ârtistique, Internet est un réseau farci à la pub, où Big Brother is also downloading you, et où la richesse cesse d’exister sur simple caprice : demain mon disque dur meurt, et les 15 giga de musique que j’avais dessus aussi. Alors je me rabattrais sur mes vinyles, mes cassettes et mes disques!
Bref, nous sommes un peu défiants quant à la dématérialisation de la musique… mais nous sommes sur Dogmazic. Alors une manière que nous avons trouvé de soutenir l’action de Dogmazic et de l’association Musique Libre !, c’est d’éditer cette compilation paradoxale. Une compilation de soutien car même si Dogmazic c’est gratuit ça coûte des sous pour l’entretien et la bande passante (environ 650 euros par mois), et au lieu d’agir en simple consommateur de truc gratuit, et bien là on participe, on soutient.
Une bonne vieille cassette. Analogique. Avec une pochette et un livret. Qui pourra fondre au soleil. Qu’on peut mettre dans un autoradio. Qu’on peut offrir à ses parents. Un bout de plastique fabriqué à Lyon, une pochette imprimée à Grenoble. Un objet vrai dans mes mains, avec du vrai son, pas du mp3 qui supprime une fréquence sur deux sous prétexte que mon oreille fait pas la différence (mais mon coeur si!). En plus si ‘le cd c’est dépassé’ alors la cassette plus personne ne s’en souvient ! Pourtant la cassette c’est bien, c’est solide et ça ne saute pas dans mon vieux camion sur les petites routes. Et enfin une cassette ça à deux faces, pour fabriquer une ambiance de compil, ça change tout !
Finalement, c’est un beau paradoxe de ressortir ce format du passé pour soutenir une association technophile.

Prix Libre ?
Cette cassette coûte environ un euro à la production. 300 exemplaires : 300 euros avancés par taenia solium. Au dessus de 1 euros, les sous sont reversés en soutien à Dogmazic. On s’est dit que ça serait pas mal du coup de vendre cette cassette 3 euros ou 4 euros, peut-être 5. Puis on s’est dit, démerdez vous, soutenez comme vous voulez et pouvez, on ne va pas encore vous imposer un truc! On vend donc cette cassette à prix libre, et les sous récoltés iront dans les caisses de Musique Libre pour continuer l’aventure.

Licences libres et temps de cerveau disponible.
Les licences libres, on peut s’en foutre royalement, soit parce qu’on préfère adhérer à la sacem et assumer la propriété intellectuelle (ainsi que de financer les boites de disques), soit parce qu’on s’en fout de la légalité et que la liberté d’une œuvre n’attend pas l’autorisation de ceux qui font des lois. Quand on est dans ce deuxième cas, il peut arriver qu’en se réveillant un matin on aille sur intenet et qu’on trouve ses morceaux sur un site qui fait du pognon et de la merde. On s’en fout moins d’un coup. Le but n’est pas tant de savoir si les licences libres sont  » la solution  » à un système commercial liberticide, mais de faire des choix : entre partage universel et lutte contre la récupération, entre gratuité désintéressée et gratuité qui permet de rendre ton cerveau disponible à la pub, entre donner ta musique à des mercenaire du Web 2.0 ou la mettre à disposition sur un site où il y a une charte et une éthique claire. Qui a dit que mettre ses morceaux en téléchargement était plus simple que de faire un disque ou une cassette ? En tout cas, ça vaut le coup de soutenir des gens qui font qu’on a encore le choix, comme Dogmazic.

Punk et cie ?

Le choix des groupes qui sont sur cette compilation s’est fait un soir de réunion au vin rouge chez Romain suite à une discussion monumentale sur Los Angeles 2013, et un débat sur son sens profond. Autrement dit on n’a pas tergiversé pour savoir si les groupes qu’on avait envie de mettre c’était du punk ou pas (il paraît que le punk c’est dans ton coeur pas sur ta tête) si c’était uniquement des gens d’un même mouvement ou d’une même famille. En général ces groupes ne recherchent pas la professionnalisation, vendent leur disques pour trois cacahuètes quand ils ne les donnent pas, traversent l’Europe (et même plus) pour un micro-défraiment. Ils évoluent dans les circuits do-it-yourself (alias fais le toi-même ton concert ton disque ton bar ta sécu etc.), Et ça leur plaît, oui, oui, et à nous aussi. Tous les groupes de cette compile ont une page sur Dogmazic.

Los Angeles 2013.

Los Angeles 2013 (Escape from L.A.) est un film américain réalisé par John Carpenter, sorti en 1996. Le débat est donc lancé, film de merde ou film culte ? Pour ma part j’ai un faible pour les films de SF des années 80/90 avec des héros un brin loosers, genre Johnny Mnemonic ou Madmax, alors à Los Angeles 2013, je dis oui !
Mais quel rapport avec cette cassette me direz-vous ?
Et bien c’est simple. Je crois qu’il est possible et même probable que nous voyons de nos yeux le déclin de cette débauche de technologie qui sert d’arme au quotidien. Plus d’internet, plus de satellite, plus de portable donc, ton disque dur te fait un joli serre livre, et là, tu t’aperçoit d’un coup, que t’as plus d’amis parce qu’il étaient sur Faceback et Meetoc, t’as plus de musique car tes 1230 morceaux étaient sur ton i-truc et qu’il marche plus, t’as plus de photos, t’as plus de lettres, etc. Le mot ‘virtuel’ prend donc tout son sens et le mot ‘réalité’ qui lui est juxtaposé parait bien décalé tout d’un coup. La jolie réalité, avec un brin d’indépendance dans le mode de fabrication, un petit objet d’une richesse incroyable qui peut aller de ma main à ta main… Allez Snake, fait plaisir à l’incroyable romantique obscurantiste que je suis, tape 666… et bienvenue chez les humains !

Merci aux groupes, à Olive pour le mastering et à Sylvain pour le lapin.

Association taenia solium, avril 2009.