Archives par mot-clé : libre

Newsletter 1er trimestre 2012

Rédacteurs : Gilles, Equilibre, Yza, Aisyk, Tumulte.

www.dogmazic.net

Dogmazic est un projet de l’association Musique Libre ! qui a pour but de créer une archive composée de créations musicales d’artistes ayant trait à la culture libre. Cette plate-forme se veut être un lien entre artistes et auditeurs afin de faciliter le partage d’œuvres placées sous une licence libre et ouverte permettant un échange légal des biens culturels.

Ce projet bénévole existe grâce à la contribution des adhérents de l’association et aux artistes déposant leurs œuvres sur la plate-forme. N’hésitez pas à nous rejoindre ou faire un don si l’envie vous en dit.
Bonne zic !

Sommaire

  • L’association Musique Libre ! vous souhaite une excellente année 2012
  • Une newsletter trimestrielle
  • Une nouvelle équipe aux commandes !
  • La SACEM utilisera les CC : libre attitude ou freewashing ?
  • La brève Dogmazic
  • Des nouvelles de Pragmazic
  • Développement de la V3 du site : c’est parti !
  • Rejoignez-nous !

L’association Musique Libre ! vous souhaite une excellente année 2012

Pour commencer, nous vous souhaitons tous nos meilleurs vœux pour cette année qui s’annonce mouvementée ! Nous sommes heureux de vous voir toujours plus nombreux à accorder de la valeur à la musique libre et à la culture libre, un partage sans égal des œuvres sur Internet (et dans la vie de tous les jours) permettant une diffusion culturelle jamais vue il y a de cela quelques années.

Pour les nouveaux venus, Dogmazic est un projet d’archive musicale de l’association Musique Libre ! Il vous permet de proposer vos créations musicales (dont les auteurs détiennent les droits) afin de créer un lieu de rencontre privilégié avec le public et de garantir la légalité de l’archive avec les licences libres et ouvertes.

La nouvelle année commence, et avec elle de nombreux projets. L’association Musique Libre !, qui a vu son équipe dirigeante totalement renouvelée lors de son Assemblée Générale Extraordinaire de novembre 2011, porte un projet. Celui de pérenniser, puis de faire évoluer cette idée d’une culture libre, par le biais de son site, Dogmazic.net, mais aussi par ses actions et prises de positions faisant évoluer les débats et les perceptions de chacun.

Une newsletter trimestrielle

La nouvelle orientation de l’association souhaite une plus grande participation de ses adhérents à l’élaboration de ses communiqués et de ses prises de positions. C’est pourquoi la lettre que vous lisez en ce moment a été rédigée conjointement par plusieurs mains, celles de l’équipe communication de l’association, composée d’Equilibre, Yza, Gilles, Aisyk et relue par le Bureau de l’association. Elle sera trimestrielle et a pour objet de vous informer de l’évolution de l’association, des événements liés à celle-ci, de ses besoins, de Dogmazic, de Pragmazic et de l’actualité qui touche de près ou de loin à la culture libre.

Une nouvelle équipe aux commandes !

L’association se divise désormais en équipes opérationnelles, qui permettent à tout adhérent qui le souhaite, d’investir un champ qui lui tient à cœur. De la modération, à la communication, de la technique et administration du site, au merchandising ou aux sélections de playlists, tout adhérent a la possibilité de venir nous filer un coup de main, pour partager ses envies et son enthousiasme. Le projet collectif est bien une priorité de l’association !

Voici les équipes opérationnelles décidées en AGE :
Dev / WebDogmazic V3, Technique, Fonctionnalités :

  • ORL
  • Dj3c1t
  • Shangri-L
  • Manu
  • Tumulte

Admin / Syst Dogmazic au quotidien, Sécurité des données/serveurs :

  • ORL
  • Jérôme
  • Olivier

Vie Asso Vie des listes, projets à faire, idées, dynamisation :

  • Aisyk
  • Equilibre
  • Incaudavenenum
  • Zeco
  • Decay

Communication de l’association par le biais de son site, newsletters…

  • Aisyk
  • Deep
  • Yzayza
  • Equilibre
  • Héloise

Modération Modération des archives, courriers, résolution de conflits :

  • Aisyk
  • Christophe E
  • Shangri-l
  • Zeco
  • Bituur
  • Boneshadow

Playlistes, Travail de sélection thématique des playlistes, animation du site :

  • Tumulte
  • Manu
  • Decay
  • Deep

Aide Juridique, Conseils pratico-pratiques en juridique et licences :

  • Christophe E
  • Aisyk
  • Organisation de spectacles, partenariats…
  • ORL
  • Marco
  • Héloise

Intervention / Action Politique, Représentation de l’association, courriers techniques et communications de l’association :

  • Christophe E
  • Rico
  • Bituur
  • Aisyk

Merchandising (T-Shirts, badges, boutique…) :

  • Equilibre
  • Shangri-l

La SACEM utilisera les CC : libre attitude ou freewashing ?

Creative Commons et la SACEM viennent de signer un accord par lequel la SACEM accepte que ses adhérents utilisent une des 3 licences Creative Commons clause NC (Non commercial). Cet accord valable depuis le 1er janvier 2012, remet gravement en cause la notion de libre diffusion portant sur ces licences Creative Commons clause NC.

Par exemple : lors de la fête d’une école, si les enfants entonnent en cœur le tube « bye bye M’sieur l’instit » du groupe « ch’ti tom » récemment inscrit à la SACEM, et déclaré auprès de celle-ci en CC-by-NC (Non Commerciale), ladite école devra payer la SACEM sans même avoir loué des chaises ou fait payer l’entrée. Le paiement de la redevance de la Sacem s’applique puisque cette dernière ne reconnaît pas les usages non commerciaux hors du cercle familial restreint.

Auparavant cet usage aurait été simplement considéré comme non commercial et pouvant totalement être exempté de redevance SACEM car les licences CC-by-NC reconnaissent des contextes non commerciaux. Mais en adhérant à la SACEM, les auteurs cèdent une grande partie de leurs droits et n’ont plus aucune possibilité de choisir et de lever la clause lors d’usages qu’ils considèrent comme non commerciaux.

Ce n’est qu’un exemple et nous pourrions en trouver bien d’autres, car la SACEM pose ses principes de perception de ses redevances sur le fait qu’un événement public doit payer la musique utilisée au même titre que l’électricité ou l’eau. Résultat : des événements a priori « non commerciaux » (à but non lucratif) sont considérés comme commerciaux par la SACEM.

Ajoutons à cela l’exception pour « usages mixtes » pour lesquels la SACEM ne veut pas s’embêter à faire le tri entre les titres en licence CC clause NC et les autres titres de son répertoire. Là encore l’usage des titres pourtant en licence ouverte, sera considéré comme commercial.

Enfin, les auteurs sociétaires de la SACEM ne pourront pas publier leurs œuvres avec les licences Creative Commons acceptées par la SACEM sur des sites acceptant les dons, ou des publicités. Selon cette clause, impossible de faire circuler un chapeau à la fin d’un spectacle de rue. Ne sont pas autorisées : « Toute utilisation d’une œuvre donnant lieu à une contrepartie, financière ou autre, sous quelque forme, à quelque titre et pour quelque motif que ce soit et quel qu’en soit le bénéficiaire ».

Au final peu d’usages publics rentreront réellement dans le cadre « non commercial ». On est en droit de se demander pourquoi choisir de telles licences si ce n’est pour entretenir une illusion de « libre attitude » ou opérer une sorte de « freewashing ».

On est surtout en droit de se demander pourquoi Creative Commons a signé cet accord et cédé aux exigences de la SACEM en acceptant cette définition ultra-restrictive de ce qui est « non commercial ».

C’est tout cela que l’association et le collectif RSR dénoncent par ce communiqué :
http://musique-libre.org/2012/01/a-propos-de-l%e2%80%99experience-sacem-creative-commons

Si vous souhaitez vous joindre à notre mécontentement vous pouvez apposer votre signature ici : http://www.revolutionsoundrecords.org/index.php?e=page&id=957

La brève Dogmazic

Du coté de Dogmazic, un petit hack qui ajoute des publicités pour bien commencer l’année, ceci a été très vite géré du coté de notre nouvelle équipe d’administrateurs système. Le site est sans publicités. S’il y en a, c’est un mauvais plaisantin qui tient à nous faire perdre notre temps, qui nous est précieux.

Au niveau de la communication interne de l’association, souvent critiquée, nous sommes en train de mettre en place des listes de diffusion. Cela nous permettra de communiquer directement entre nous et laisser une trace du travail effectué, question de transparence.
Du nouveau également du coté de la future version de Dogmazic, la fameuse « v3 », pour laquelle un forum a été spécialement ouvert. Ce forum a pour objet de recueillir toutes les idées, envies et autres doléances afin qu’elles soient débattues et intégrées au futur site de Dogmazic. Votre aide est, comme toujours, la bienvenue. N’hésitez pas également à faire valoir vos compétences ou simplement venir donner votre avis.

Toutes les infos pour y accéder ici: http://www.dogmazic.net/modules.php?ModPath=phpBB2&ModStart=viewtopic&t=6711&t=6711&sid=58a8f185c08d08619435a351272cfb35&npds=0

Autrement l’archive fonctionne, tout va bien !

Des nouvelles de Pragmazic

Pragmazic, la société sœur du projet Dogmazic édite des bornes de musique libre avec l’archive musicale. Elles permettent d’écouter et de télécharger sur un baladeur audio toutes les œuvres souhaitées. Grâce à leur écran tactile, leurs écouteurs et leur forme à l’effigie de l’autruche de Dogmazic, ces bornes en accès libre font la une des médiathèques !

Toutes nos félicitations à nos complices de Pragmazic qui au deuxième semestre 2011 ont conquit 3 départements (Loir-et-Cher, Côte d’or et Finistère) ainsi qu’une seconde borne en Gironde à Gradignan et ont distribué pas moins de 8 bornes Minimazic Duo !

Rejoignez-nous !

Comme beaucoup d’associations, nous faisons appel à vous pour participer humainement ou financièrement aux différents projets lancés par Musique Libre ! C’est pourquoi, nous vous invitons à nous rejoindre, soit sur le forum de Dogmazic, soit en devenant adhérent de l’association ou simplement en faisant un don pour financer l’infrastructure (serveurs, noms de domaine, frais divers).

Si un événement concernant le libre se déroule dans votre région n’hésitez pas à nous le faire savoir afin que nous puissions relayer l’information. Le blog de l’association va aussi servir à cela dorénavant.

Bonne zic !

A propos de l’expérience SACEM / Creative Commons

MISE À JOUR 2017

À ce jour près de 1500 œuvres de près de 100 auteurs/compositeurs sont concernées par cette expérience (Chiffres CSPLA, mars 2017).

La SACEM et Creative Commons viennent d’annoncer la mise en place d’une expérience pour une durée de 18 mois, permettant aux sociétaires de la SACEM de « développer la promotion de leurs œuvres » en ayant recours, tout en continuant à confier la gestion de leurs œuvres à la SACEM, aux licences Creative Commons, option Non-Commerciale (CC BY-NC / CC BY-NC-SA / CC BY-NC-ND version 3.0 France).[1]

Jusqu’à présent, la SACEM avait toujours officiellement refusé une telle compatibilité.

Depuis leur création, le collectif Revolution Sound Records[2], l’association Musique libre ![3] avec sa plateforme Dogmazic[4] militent et œuvrent pour la reconnaissance et la promotion de l’usage des licences dites « libres[5] » ou ouvertes. Dans ce cadre strict, nous pouvons dire que la prise en compte de ces pratiques et outils juridiques par la SACEM semble être une avancée… si elle prend ces outils pour ce qu’ils sont : une philosophie du partage.

Toutefois, face à la forme que prend cet accord, nous ne pouvons être que critiques devant cet effet d’annonce de la SACEM, soutenu par la fondation Creative Commons et son chapitre français.

Critiques concernant le modus operandi pour arriver à cette expérience, car nombre d’acteurs du mouvement du Libre (associations, labels, auteurs, mélomanes) ont été exclus des débats, et leurs différents points de vue et expériences, les rares fois où ils ont été entendus, ont été ignorés.

Critiques concernant la base « juridique » de l’accord, à savoir la version 3.0 France des licences CC (licence en cours de transcription, avec une évolution plus que contestable vers une augmentation des responsabilités de l’acceptant[6]). Nous nous étonnons aussi de voir que CC France continue d’ignorer les nombreuses réserves à l’encontre de cette version, réserves portées par certains acteurs du mouvement du Libre (acteurs de terrain en prise directe avec les usages au quotidien des licences libres et ouvertes).

Critiques envers la volonté de la SACEM (avec le poids qui est le sien — celui d’un monopole de fait) de baliser la notion d’usage commercial au sein de ces licences, et ce en exonérant l’auteur de toute responsabilité. De plus, il apparaît clairement que cette définition engendre déjà des problèmes concernant certains lieux comme les bibliothèques ou les médiathèques(7), certains sites de diffusion portés par des association loi 1901 (Dogmazic, RSR…), certaines initiatives et certains outils (bornes Pragmazic[8], netlabels, web radios).

Critiques et prudents envers la dialectique employée par cette annonce dans laquelle l’utilisation de licences libres ou ouvertes est considérée UNIQUEMENT comme un outil de promotion, dont la gratuité serait le seul argument, remisant au loin la philosophie et l’éthique liées au mouvement du libre et portées par un grand nombre d’auteurs et de mélomanes promoteurs des licences libres ou ouvertes.
« Libre » ne signifie pas gratuit, mais implique un autre rapport entre le créateur et le public.

Pour nous, membres de collectifs, d’entreprises et d’associations d’auteurs et de mélomanes, la musique libre est partie prenante d’une réflexion autour des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels de la création et de la diffusion musicale. Elle n’est pas un simple outil promotionnel au service de l’industrie musicale.

Les termes de cet accord montrent que la SACEM ne sort pas de son conservatisme. La SACEM pose des limites qui rendront la libre diffusion presque inapplicable pour ses propres membres et qui vont apporter aux actuels usagers des licences libres et ouvertes beaucoup de confusion, entraînant par la même occasion une insécurité juridique fâcheuse pour le public.

Ignorant les fondements de la culture libre, la SACEM s’impose (avec l’aide hélas du chapitre français de la fondation CC) sur un terrain qui s’est construit sans elle. L’ère de la simpliste dichotomie « amateurs / professionnels » est révolue : la musique sous licences libres ou ouvertes a désormais accédé à la reconnaissance par sa qualité, son pluralisme et sa diversité.

Des efforts de pédagogie doivent être poursuivis afin de démontrer qu’une alternative est réelle, que la musique sous licences libres ou ouvertes (au-delà d’un moyen d’expression et de visibilité) est aussi un acte philosophique, parfois militant ou revendicatif.

Nous appelons le chapitre français de la fondation CC à s’appuyer de nouveau sur la communauté du mouvement du Libre, à nous entendre, à prendre en considération nos revendications ou idées d’évolution, à ne plus se murer derrière un silence hautain et surtout à ne plus parler en notre nom. CC France n’est pas l’unique dépositaire du Libre en France (pas plus que la fondation CC ne l’est dans le monde), et il existe bien d’autres licences utilisées(9)).

Par conséquent, nous continuerons à ne pas diffuser d’œuvres d’artistes sociétaires de la SACEM, y compris ceux ayant opté pour une licence CC, tant que la SACEM n’aura pas corrigé sa définition de la non-commercialité, et qu’elle limitera l’expérience à des licences faisant peser des risques juridiques sur les utilisateurs.

De plus, les nouvelles orientations de CC France vers une culture libre uniquement promotionnelle sont très éloignées de notre façon de voir les choses concernant le lien entre le donnant droit et l’acceptant. Nous refusons de plonger l’acceptant dans l’insécurité juridique qui découle de la déresponsabilisation de l’ayant droit. Cela nous oblige à exclure et à refuser toutes les œuvres placées sous une licence CC version 3.0 France.

Nous appelons les acteurs du Libre partageant nos points de vue et perspectives à réfléchir COLLECTIVEMENT à la mise en place d’outils pour donner un réel cadre éthique à NOTRE vision du Libre et pour permettre au mouvement des cultures libres d’être réellement représenté, afin de pouvoir peser dans les débats à venir.

21 janvier 2012
Le collectif REVOLUTION SOUND RECORDS
http://www.revolutionsoundrecords.org
L’association MUSIQUE LIBRE !
http://www.dogmazic.net/

(1) : http://creativecommons.fr/549/
(2) : http://www.revolutionsoundrecords.org/
(3) : http://asso.dogmazic.net/
(4) : http://www.dogmazic.net/
(5): http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_libre
(6): http://aisyk.blogspot.com/2011/12/evolution-des-articles-5-et-6-des.html
(7): http://scinfolex.wordpress.com/2012/01/10/accord-sacemcreative-commons-quelles-incidences-sur-les-usages-collectifs/
(8) : http://www.pragmazic.net/
(9) : http://wiki.vvlibri.org/index.php?title=Tableau_Licences et http://www.dogmazic.net/static.php?op=copyleftLicence.html&npds=-1

En supplément, voici une communication que l’Association Musique libre! avait envoyé à la Sacem en 2010 qu prouve bien que nos revendications ont été envoyé il y a longtemps et qu’elles n’ont pas été prises en comptes à l’époque.

Communication de l’Association Musique Libre! du 6 mai 2010.

Pour ajouter votre signature à ce communiqué :
http://www.revolutionsoundrecords.org/index.php?e=page&id=957

Dogmazic fête ses 50 000 morceaux !

Aujourd’hui, c’est jour de fête pour Dogmazic. Depuis 2004, la plateforme héberge la créativité de quelques 4274 artistes ou groupes et facilite la diffusion pour un nombre croissant de labels et netlabels évoluant dans les styles les plus variés.

Elvire R. CC By 2.0

Il est temps de regarder comment Dogmazic a grandi, car aujourd’hui, la plateforme fête les 50’000 morceaux de son archive, des créations venant de tous les coins du monde, de toutes les origines, de toutes les cultures, il est temps de voir que l’on peut reconnaître en Dogmazic une vraie réussite du Libre, sans publicité, et proposant un choix important de licences ouvertes pour les artistes.

D’ailleurs, à ce sujet, nous éprouvons en ce moment même des difficultés importantes. Le pop-up publicitaire que vous voyez de temps en temps sur les pages du site est un javascript qui appelle un javascript qui appelle un javascript, etc. et ça ressemble furieusement à un rootkit (faille de sécurité). Évidemment, Dogmazic est un projet qui n’a jamais fait appel à de la publicité pour vivre, ceci est une verrue sur notre belle goudroune. Un beau casse-tête, sur lequel planchent nos administrateurs réseau.

Le site a toujours existé grâce aux dons de nombreux contributeurs. Ce choix pour le financement du site permet à l’association de garder son indépendance et sa liberté quant aux objectifs qu’elle se fixe. Et chaque centime donné à l’association est exclusivement destiné à développer les usages des licences libres et ouvertes.

Mais le don n’est pas non plus la seule option disponible si vous souhaitez soutenir l’association Musique Libre ! Votre avis, vos idées, vos projets nous intéressent. Mais aussi votre aptitude à découvrir des perles musicale, à animer le site avec des playlistes de choix ou à organiser un événement, une conférence, une webradio, un concert… En adhérant à l’association, vous pourrez prendre part aux discussions sur les projets en cours, apporter votre expérience pour nous aider à les mener à bien, ou en proposer de nouveaux.

Le libre est ce que nous en faisons. Et l’avenir de dogmazic, vous le voyez comment ?

Guide d’autodéfense numérique

Chers amis,

Voici la seconde édition du guide d’autodéfense numérique à l’usage de tous les usagers que nous sommes. Plein d’astuces pour sécuriser son ordinateur, mieux le comprendre et éviter les pièges, souvent coûteux, des FAI qui nous proposent des solutions pour la sécurité… Nos ordinateurs sont aussi une part de notre liberté, comprendre le fonctionnement de ce qui est devenu pour beaucoup un outil d’expression semble essentiel pour éviter de rester prisonnier d’une seule vision restrictive et bien souvent exclusivement mercantile.

Guide autodéfense numérique

 

[Edit : Lien pour télécharger le Guide d’Autodéfense Numérique]

Bonne lecture !

Modérer, un acte militant pour chacun !

 

Pourquoi?

Lors de chaque enregistrement d’œuvre sur Dogmazic, nous expliquons clairement les conditions de dépôts et proposons une documentation explicative et concise sur les licences libres. Nous souhaitons naturellement faire confiance aux artistes quant à la conformité des œuvres qu’ils proposent.

C’est pourquoi  nous avons toujours fait le choix de ne pas contrôler le dépôt a priori et son contenu.

Malgré cela, sciemment ou par méconnaissance, certains artistes déposent des œuvres ne respectant pas ces conditions, ce qui est particulièrement problématique et inconscient. Nous n’avons pas de démarche « jusqu’auboutiste » ; nous sommes seulement animés par la le désir d’assurer la quiétude des utilisateurs des archives ; c’est à dire la vôtre.

Certains ne comprennent pas que Dogmazic, et ceux qui téléchargent et exploitent les œuvres, sont responsables devant la loi. La cohérence de notre action à tous ne peut que nous amener à respecter scrupuleusement les différentes applications des droits d’auteurs.

Que nous soyons auteurs, labels ou mélomanes, nous devons être attentifs à cela ; Ces archives sont un espace commun que nous incitons tous à respecter et à défendre.

Comment?

Afin d’assurer des archives « libres » et dénuées de tout œuvre « copyright », nous avons mis en place un premier outil disponible pour tous. Vous aurez remarqué un bouton « modération »  au coté de chacune des œuvres archivées.

Lors de l’écoute il vous permet de nous signifier un souci potentiel (genre : YMCA sur un beat électronique en licence Art libre !)

Ce premier outil est tout a fait simple d’utilisation

S’il vous semble reconnaitre un sample ou une reprise d’une œuvre non libre, il vous suffit de cliquer sur le bouton “modération” et de nous décrire ce qui ne vous semble pas correct.

Les adhérents de Musique libre se chargeront de vérifier ; nous contacterons l’artiste/le label si nécessaire.

En espérant que cette lettre d’information attire tout particulièrement votre attention et nous invite tous à contrôler et respecter des archives qui se veulent libres et ouvertes à tous.

N’hésitez pas à contacter l’association pour toute information; contact_AT_dogmazic.net

L’Equipe Dogmazic et ses adhérents.

ENGLISH VERSION

Moderation : a militant act for everyone.

Why?

For each work registration on Dogmazic, conditions are fully explained and a clear. We naturally want to trust the artists on the compliance of the works they propose.

That is why we’ve made the choice not to control the work and its content before the deposit.

Despite that, in full knowledge of the conditions of registration or by ignorance, some artists’ works do not respect these conditions, which is particularly complicated and somewhat unconscious. We don’t have a « fundamentalist » approach; we are only motivated by the desire to ensure the users of archives tranquillity; that means yours.

Some of them don’t understand that Dogmazic and its users, who download and exploit these archives, are responsible before the law. Coherence of everyone’s actions will lead us to respect the copyright requirements.

Author, label or music lover, must pay attention to this. These files are a common area that should be respected and protected.

How?

To ensure that these « free » archives are devoid of any work « copyright », we have developed a first tool available for everyone: see the icon “moderation” beside each work title.

As you’re listening to music you can signal the presence of a problem such as a Beatles sample under free Electronic Arts license!

It is quite simple

If you recognize a sample or a new version of a copyright work, please  just click on “moderation” icon and describe what you’ve noticed was wrong.  The adherents Team will check and contact the artist / label if necessary.

Hoping this information letter will hold your attention and invites you to respect and control these archives, free and opened to everyone.

Feel free to contact the association for any information; contact_AT_dogmazic.net

Dogmazic Team and its members,

Une(s) tuerie(s) monstrueuse(s)

On est un soir d’août, quelque part, mettons au Jersey lillie sur le bord de la Rance, et on commence par Wesh tone Realaze, par Môssieur Realaze, sur HipHopDomain vol. II, The rap grocery. C’est le truc killer radical… (mais quel parler bizarre, pardon) ; ce morceau est un hameçon à plusieurs mèches et crocs, une mélodie et un(s) rythme(s) d’une rigoureuse addictivité, ça démarre tout doux bien que déjà groovy, et bien trop vite ça accélère jubilatoirement calculé, à grandes erres, à grand modulé, et puis ça te vous enveloppe, te vous criaille tout autour vicieusement, trinquillement, et puis revient/va, et ça resqueeze!! C’est trop : on se rue dessus.

Ça a commencé en fait par d’ de Tdbt, un redoutable exercice de souffles et respirations multiples à tous usages d’endurance ou réjouissance diverses, des entrechevêcroisement de rythmes à vous décoller, littéralement… ; puis Vesh, bon ; puis il y a eu Dark slides of the hop flat ed
C’est la playlist pour la fête des 12 ans de l’April, (écouterpodcaster) téléchargée sur leyio, et toute remise en désordre, ce qui révèle à nouveaux frais des morceaux qu’on croyait connaître…
S’en vient ensuite Biovirus, de Nosushi, Blues du soir, de A posteriori, The tango d’Exorciste de style, Acoustiquement parlant selon Mouche, et on débouche sur Baghdad’s Nightlife de Robert Radamant !

Aahh… l’April12ans… j’ai bien aimé faire cette playlist, et signalons au passage que l’association Musique libre ! est maintenant depuis un soir de concert des RMLL2010 un membre de l’April.

En humeur de citer musiques, labels et musiciens, il faudrait n’en pas finir, aussi nous limiterons-nous injustement à quelques-uns : une des perles du label Test| »tube, le projet Spirit elevating brains de Sebastian Alvarez.
Ceux qui étaient aux RMLL2010 se souviendront je crois du concert Sebkha Schott, l’empereur Wladimir Ohrelianov en grande tenue, tout harnaché, un son parfait, assuré par l’AMMD tout au long des soirées.
En juin à la Miroiterie à Pantruche, le concert de soutien de Micropenis et Sex Drug & Rebetiko

Je veux aussi rendre un hommage lardé, farci, rempli, de merci et reconnaissance, à de nombreux musiciens qui nous accompagne, et réciproquement, depuis longtemps : Transient, Roger, Nosushi, Realaze Stéphane Drouot aka Lacrymosa aeterna industry et tout le gang Consortium des artistes libres, et puis Revolution sound records et puis Gérald et tout We Are Unique et tout Another et le combo dataspirit rennais, et iso brown, et tournesol… big up!
Ce post incitatif in progress se farcira ces jours-ci de liens supplémentaires, car il y a encore tant de choses à raconter, Cantaloup ; Aerotone, Bottega sonora, Feltro le mythyque label mexicain.
Il y a aussi une question lancinante, depuis son apparition sur la scène au fond du champ près de Sarzeau, un soir d’août 2006 : mais qui donc – et saura-t-on un jour – est mysterious girl ?
Il y aura bientôt le FCForum (Free culture forum) de Barcelona</a>, les 28-31 octobre 2010. Nous y serons.
Quant à nicad… ; quand satoshi chante ! : ce fut un des très grands moments des concerts RMLL2010.
Je souhaite enfin adresser un très gros spécial big up à Simon Carless, qui a animé le label Motononik depuis 1996 ( ! – oui oui, 96)
Comme dit une fois Maurice Blanchot, «L’art nous offre des énigmes mais par bonheur aucun héros.» yeah !
finir :
ps : nan sérieux, Wesh tone, tu biches !
ps2 : tag « Maha-ha viiiiie… » copyright Xave -> xave.org un/le plus vieux blog francophone, respect Môssieur.
ps3 : aaah señorita S., comme j’aimerai vous inviter sur Blues du soir, de Aposteriori !…

Energy-XT 2.0 par Virgo

Je sais bien qu’il existe déjà d’autres logiciels de MAO très aboutis sous Linux et qui conviennent parfaitement à la façon de travailler d’un certain nombre de musiciens.
Seulement je tenais à vous faire partager ici mon immense joie d’avoir enfin trouvé
LE logiciel « tout en un » que j’attendais depuis des lustres, facile à prendre en main et qui ne me dépayse pas trop par rapport à FL Studio sous Windows.

En effet, j’utilisais FL Studio depuis maintenant près de deux ans et, quoi qu’en disent ses détracteurs, j’étais plutôt satisfait par la qualité de ce soft.

Voyez… Je parle déjà de FL Studio au passé car j’ai enfin trouvé ma perle rare avec energyXT. C’est dire l’ampleur de la claque… Je suis tout simplement bluffé par la qualité du truc.

Le site officiel (en anglais) qui aura réponse à toutes vos questions se trouve à cette adresse :

http://energy-xt.com

Seul bémol : energyXT est payant. Ceci dit, il ne vous en coûtera que 70€ pour bénéficier de la version complète, sachant que la version démo vous permet de tester toutes les fonctionnalités mais vous empêche de sauvegarder vos projets. Compte tenu des possibilités offertes par le logiciel, cela me semble un prix plus que raisonnable si on le compare à ses concurrents.

Ce séquenceur « tout en un » est simplissime à installer (une simple archive à décompresser), à paramétrer puis à utiliser.

C’est bien simple, en une après-midi j’ai réussi à faire quasiment tout ce que je savais déjà faire sous FL Studio !

Ce qui m’a le plus bluffé c’est la qualité du synthé de base et des effets (reverb, delay, etc) incorporés au logiciel, ainsi que la prise en main super intuitive pour qui est déjà habitué à bosser avec un séquenceur.

sequenceur


Il y a aussi des possibilités de mixage et de masterisation comparables à celles offertes par FL Studio. Et ça c’est vraiment une gageure à trouver dans un même logiciel chez les rares équivalents libres existant sous Linux…

Autres points qui m’ont épaté : la possibilité de freezer très simplement une piste pour gagner en cycles CPU et même de la dé-freezer ensuite. C’est très fort, même si je sais que cela existe depuis belle lurette dans d’autres programmes sous Windows.
D’ailleurs, côté consommation de CPU, je suis loin d’avoir poussé le soft à bout mais je trouve qu’il s’en tire admirablement bien (testé sous Ubuntu Studio, alors peut-être le noyau basse latence est-il pour quelque chose dans ces performances ?)…

drums


Parmi les fonctionnalités bluffantes il y a aussi une fonction de zoom très originale ainsi qu’une gestion très efficace des automations, avec des tracés de type vectoriel très pros et qui offrent une grande précision (un des points à améliorer, selon moi, dans FL Studio).

Dans l’ensemble les raccourcis clavier et les combinaisons clavier/souris sont très bien pensés et super pratiques. Tout ça est très ergonomique. L’interface visuelle très sobre n’en est pas moins diablement efficace (bien que certains petits détails puissent être encore peaufinés à mon humble avis).

Autre truc qui m’a bien plu : la qualité et la concision des tutoriels disponibles sur le site officiel, dont des tutoriels vidéo disponibles sur Youtube.

Et puis il y a aussi une gestion des banques de samples et de plugins tout à fait comparable à celle de FL Studio, avec notamment l’utilisation courante du glisser-déposer, ainsi qu’une communauté active d’utilisateurs regroupés au sein d’un forum.

J’en oublie encore sûrement beaucoup mais je ne voudrais pas non plus vous gâcher le plaisir de la découverte. Clin d'oeil

Ah oui ! J’allais oublier… energyXT gère les plugins VST et VSTi (même sous linux !) et il est également disponible en version Windows ce qui fait qu’il y a moyen de collaborer entre utilisateurs Linux et Windows.

Je suis donc actuellement en train de bosser sur un tout nouveau morceau avec ce logiciel.
Pour un fan d’Ubuntu comme moi, c’est vraiment un immense plaisir de se sentir ainsi libéré de Windows, la MAO étant la seule application qui me retenait encore sous l’OS de Redmond.

Et tant pis si c’est pour travailler encore quelque temps avec du logiciel propriétaire. Je trouve que c’est déjà un sacré pas en avant d’enfin arriver à tout faire sous Linux, en attendant que des softs de type LMMS arrivent à pleine maturité.

NDLR : energyXT n’est pas un logiciel libre, il travaille aussi avec des formats propriétaires (REX2, VST/VSTi, MP3). Cependant un logiciel de cette qualité sous linux ne pouvait pas passer entre les pattes de l’autruche. Le fait que le logiciel soit payant peut être tout à fait une conséquence de son support des formats REX2 (un format tout droit issu de Reason) puisque l’auteur a dû certainement acquérir une licence pour intégrer ce support à son logiciel.
Source : Virgo sur le forum de Dogmazic.

Vers une musique libre…

C’est possible, on y travaille, rejoignez-nous !
Publié le mardi 29 mai 2001, sur le site uZine.net
par Ether-Michel Pillequant

Sur le mode de la Gnu GPL, s’élabore la FMPL ou free music public license : Rico Da Halvarez, collaborateur et correspondant en France de Ram Samudralah et Ensor, parle.

Vers une musique libre…

Zikos et amateurs de musique, ce message vous concerne ! Le texte qui va suivre se propose de vous causer d’un projet qui risque fort de révolutionner le marché de la musique, en pleine crise d’identité. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble nécessaire de parler de GNU. GNU est ce qu’en France les médias ont coutume d’appeler Linux (il serait plus juste de dire GNU/Linux  [1]), c’est-à-dire, un système d’exploitation entièrement libre, des programmes informatiques libres eux aussi, fruit du travail souvent bénévole de nombreux programmeurs à travers le monde. GNU est régi par une licence très particulière, la GNU General Public License, qui garantit à tous :

-  La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
-  La liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins (liberté 1).
-  La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider son voisin (liberté 2).
-  La liberté d’améliorer le programme, et de publier vos améliorations pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3).
 »

(extrait de la traduction de Karl Pradène d’un texte de Richard Stallman intitulé « Qu’est-ce qu’un logiciel libre ? »)

Il est à noter, comme le précise d’ailleurs M. Stallman dans le même texte, que libre ne veut pas dire gratuit. Il existe des logiciels gratuits qui ne sont pas libres (freeware) à côté de nombreux logiciels et systèmes d’exploitation qui sont non seulement libres mais aussi gratuits (parfois les utilisateurs payent pour leur copie d’un programme informatique libre, parfois, c’est gratuitement qu’ils l’obtiennent). Le logiciel libre constitue une révolution, il circule sans entrave dans un univers pourtant marqué par la recherche du profit : lorsque vous copiez un logiciel Microsoft, même gratuit, et que vous le refilez à un pote, cela s’appelle du piratage et c’est puni par la loi (le copyright n’autorise qu’une copie par personne, aucune modification du produit n’est tolérée).

Richard Stallman, fondateur du projet GNU a trouvé un procédé très astucieux pour diffuser les produits informatiques tout en les les protégeant : le copyleft, ou copyright inversé. Le copyleft donne le droit de faire autant de copies que l’on veut d’un logiciel libre ; la copie devient libre à son tour et acquiert automatiquement le même statut que l’original, etc. Le but d’une telle entreprise étant de permettre à un plus grand nombre d’utilisateurs d’accéder aux produits informatiques en invitant les programmeurs comme les utilisateurs à « partager », « aider son voisin ».

La GPL n’est pas qu’une incitation à la copie et à la modification des logiciels (accès au code source), elle est aussi garante du respect des auteurs de logiciels libres (avant de mettre un logiciel sous copyleft, M. Stallman suggère de le mettre d’abord sous copyright afin de protéger son/ses auteurs), ainsi qu’un appel à un esprit plus communautaire, moins mercantile. A titre d’exemple, une distribution GNU/Linux (il en existe un nombre croissant) coûte rarement plus de 300 FF dans le commerce  [2] et vous donne accès à des milliers de logiciels – dont celui que j’utilise pour rédiger cet article. La quasi totalité des éléments du système et des logiciels fournis étant libres et gratuits, vous ne payez en somme que le packaging ; vous pourrez ensuite en faire ce que vous voudrez.

Tout ce préambule était destiné à vous éclairer sur le contexte dans lequel s’élabore actuellement la Free Music Public License, héritière musicale en ligne directe de la GNU GPL.

Musicien depuis un certain temps, je me suis toujours demandé quel était le meilleur moyen pour diffuser la musique que je compose. Cela m’embêtait fort d’être obligé de passer par une liste toujours plus longue d’intermédiaires vampiriques, ou muets, et lorsque je me suis par hasard intéressé au projet GNU, ça a tout de suite fait tilt : « Pourquoi pas une licence du même type pour la musique ? ». J’eus la chance d’échanger quelques mots avec R. Stallman sur ce sujet lors de sa venue à Bordeaux l’été dernier, pour les rencontres mondiales du logiciel libre. Il m’indiqua l’e-mail d’un étudiant de l’Université de Berkeley, Ensor avec lequel je me mis tout de suite en contact. Ensor travaille actuellement avec l’aide d’un avocat, Me Lawrence Lessig à l’élaboration du texte de la Free Music Public Licence (FMPL), le texte est aussi en germination avancée chez Ram Samudrala, auteur de nombreux – et fort instructifs – articles sur la philosophie de la musique libre. Il existe déjà quelques sites web qui diffusent de la musique libre, de nombreux musiciens y proposent déjà leur musique (on trouvera en fin d’article les adresses de ces sites).

Lorsque son texte sera juridiquement validé, la FMPL donnera, comme son inspiratrice informatique le droit de copier et de modifier la musique. Elle protégera bien entendu les musiciens contre les entreprises malhonnêtes telles que l’appropriation « commerciale » de leur musique par un tiers qui n’y aurait apporté aucune modification, et/ou aurait arbitrairement apposé son propre copyright sans tenir compte du/des auteurs de celle-ci. Les clauses à respecter impérativement pour diffuser de la musique libre sont de joindre le texte de la licence à la musique (sous forme de fichier informatique présent dans le CD, ou le fichier MP3) et de préciser les nom et contact du/des contributeur(s) (de même, tout logiciel libre est accompagné de la GNU GPL).

Toute entreprise commerciale sera régie par les termes de la FMPL, celle-ci ayant pour but principal de créer une communauté de musiciens solidaires, de stimuler la créativité par l’échange de connaissances dans le respect et la courtoisie, de faire circuler et de protéger la musique en légalisant la reproduction (fini le procès Napster !), d’autoriser la modification (arrangements différents, samples, interprétation différente, remix, ajout de paroles, d’instrumentation différente, reprises, etc.) des œuvres musicales et de supprimer les intermédiaires entre le musicien et le public (vente directe, téléchargements ou CD, possibilité pour le public d’enregistrer les concerts, etc.).

Il y a donc une réponse légale au trafic de copies illicites de CD : la copie licite ou copyleft. Il y a aussi une réponse au tarif exorbitant des CD (moins cher que le vinyle, c’est ce qu’on nous disait dans les années 80, bilan, le CD est à 120FF, pour un coût réel de fabrication se situant largement en dessous de 10FF).

Les musiciens ne touchent que 4% du prix versé par le public pour leurs CD ; de plus, ce barème est variable (les musiciens « connus » reçoivent plus de 4%, les autres, moins de 4%). A l’inégalité des chances entre les musiciens provoquée par l’attitude cynique sans ambiguïté des « géants » du secteur, à l’oubli de tant d’œuvres musicales sous prétexte que celles-ci n’ont pas de potentiel commercial, il y a une réponse : cette réponse, c’est la FMPL. La FMPL sera sans doute terminée – au plan légal – courant 2001. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez des précisions supplémentaires sur ce sujet épineux, ou si vous souhaitez soutenir notre action, ou encore, si vous avez de bonnes objections à apporter à ce projet qui ne manquera certainement d’en soulever de nombreuses et cruciales pour sa pérennisation.

Toute contribution est bien entendue la bienvenue. J’invite tous ceux que le sort des exclus (volontaires ou non) du show business (et ils sont aussi nombreux que talentueux) intéresse à participer au développement du site. Vous pourrez bientôt y télécharger la musique d’Exorciste de Style, de Loubia Dobb System (deux projets auxquels je travaille), et de tous ceux qui auront envie d’y proposer leur musique. Vous pourrez aussi vous y exprimer sur la question, si elle vous intéresse. Nous ne misons d’emblée que sur l’honnêteté du public, son sens des responsabilités vis-à-vis de la société de consommation, et son respect supposé des créations musicales. Le système actuel et le développement du MP3 a malheureusement enfanté une nouvelle race de consommateur : le consommateur-voleur. Celui-ci aura-t-il un peu plus de scrupules à s’approprier de la musique libre ? Finira-t-il par acheter ma musique, et celle de ceux qui comme moi se sont engouffrés dans cette brèche ? Il la paiera moins cher que celle qu’il ne voulait plus payer, c’est déjà un bon argument. Il saura ensuite qu’elle ne profite pas à un producteur véreux, mais à celui ou ceux qui l’ont fabriquée.

Musiciens : la recherche seule du profit affame la créativité ! Ne sommes-nous pas de plus en plus nombreux à avoir les moyens techniques de produire de la musique de qualité par nous-mêmes ? Alors pourquoi attendre qu’un gugus en costard infroissable bleu électrochoc daigne – peut-être un jour, rien n’est moins sûr d’ailleurs – nous autoriser à pénétrer dans son joli bureau pour y signer le contrat du-siècle-de-la-mort-qui-tue (« Un havane, Serge ? »). Nous pouvons nous passer de lui, n’est-ce pas, amigos ! Pour le moment, un paquet d’entre nous sont obligés de trimer à autre chose qu’à leurs compos pour gagner leur croûte. Musiciens, mélomanes, labels indépendants de France, de Navarre, d’Amérique ou du Lesotho, aidez-nous à libérer la musique de ce système inégal et verrouillé, qui engraisse les uns pour mieux dépouiller les autres : rejoignez le camp de la musique libre !

Wagdi, Eric Aouanes.

[1] Plus exactement, ce qu’on appelle une distribution Linux est en fait la combinaison du système d’exploitation Linux et d’une flopée d’utilitaires GNU conçus pour ce système (NDLR).

[2] Et beaucoup moins cher chez Ikarios, NDLR.

Ether-Michel Pillequant
Cet article a été publié dans le numéro de février 2001 de la Linha Imaginot dont je remercie les membres pour leur gentillesse ! Voir aussi :
-  musique-libre.com
-  vnatrc-bortch.org