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Musique Libre en prison

De août 2010 à septembre 2011 | Établissements de la plaine de l’Orbe (Canton de Vaud, Suisse)

“Bien qu’évidemment temporaires, il arrive des moments où les murs autour de nous disparaissent complètement. Là, nous savons que nous avons trouvé la justesse, sans pouvoir dire exactement ce qui s’est produit. Ce que je peux dire personnellement, c’est que c’est très intime, que nous avons touché à quelque chose de très libre, et que chacun peut voir l’autre dans un état semblable. J’ajoute: si ces moments ne détruisent pas les murs de façon définitive, ils montrent que les murs ne sont pas non plus définitifs.”

Immanuel de Souza

L’atelier “Musique libre en prison” s’est déroulé de août 2010 à septembre 2011 à la Colonie des EPO. Les musiciens IMMANUEL DE SOUZA et BENOÎT MOREAU y ont proposé une approche libre de la musique aux personnes détenues, qu’elles disposent ou non de connaissances musicales. Tous les instruments ou objets à possibilités sonores étaient acceptés.

Une telle approche consiste à utiliser le son, ou plus exactement une intention sonore, pour trouver, en équipe, un langage musical libre. Cet “échange musical” va au-delà de toute idée théorique ou esthétique de la musique. Il vise à trouver, ensemble, les règles d’un jeu collectif autour d’un langage musical inventé sans structure définie, si ce n’est le son lui-même.

Le langage en question doit trouver ses propres codes et peut aussi bien être bouleversé en tout temps par un désir collectif de changement. Ainsi, ce mouvement de construction/destruction du langage ira jusqu’à se fixer dans une forme collective qui prendra en compte toutes les forces – et faiblesses – individuelles qui constituent l’ensemble du groupe.

Tout au long de l’année, des enregistrements ont été effectués pour donner lieu à l’édition d’un disque, qui sortira en 2012 sur un netlabel.

L’atelier Musique libre en prison & l’IMO concert en live-streaming • 24 aôut 2011

Pour clore le projet, un concert en live-streaming sur internet a eu lieu le 24 aôut 2011. A cette occasion l’Insubordination Méta Orchestra s’est joint à l’équipe de Musique Libre en Prison.

• Le principe • deux formations, deux lieux de concert intra- et extra-muros, le live-streaming permettant la rencontre entre ces deux espaces-temps via internet. Le public était invité à écouter un concert en live-streaming joué aux Établissements de la plaine de l’Orbe (EPO), puis à assister à une deuxième partie en live, le tout au Théâtre 2.21–tout comme le public présent aux EPO, inversement bien sûr. Les concerts des EPO et du Théâtre 2.21 se sont joués en 4 sets de 20 minutes, alternant entre live et live-streaming.

1er partie aux EPO

2e partie au Théâtre 2.21

3e partie aux EPO

4e partie au Théâtre 2.21

Un CD sera édité en 2013 et révélera la travail réalisé durant les 12 mois d’atelier. En attendant, profitez du concert.

Pour plus d’informations allez à la page “médias”

Source : http://www.prelude.ch/projets/projet-01/

Les invités

Fiche d’identité

Auteur : Lame Spirale
Date : 15 mai 2006
Adresse de référence : http://www.lame-spirale.net/

Texte Intégral

Le but des artistes qui laissent leur musique en libre diffusion est souvent de favoriser la circulation des œuvres. Ils estiment, comme moi même, que intermédiaire entre le public et les musiciens doit être réduit au strict minimum.

Il faut savoir aussi que beaucoup d’entre nous s’autoproclament amateurs et fiers de l’être, et que si la concurrence semble régner comme dans tout les domaines, c’est parce qu’il faut du temps pour comprendre. Comprendre pourquoi c’est si important la musique libre pendant cette période de tempête sur les droits d’auteurs. Comprendre pourquoi la musique libre n’est pas tout à fait libre, et ne le sera jamais totalement, car les tenants et les aboutissant ne sont pas les même que pour les logiciels libres. Comprendre pourquoi au fond ce qui compte c’est qu’on nous écoute et pas qu’on nous comprenne… Je n’ai moi même pas encore tout saisi…

Mais comment le public saura-t-il s’y retrouver parmi cette masse d’information ? Il pourrait sembler que trop de musique libre nuise à la musique libre et que les vrai perles musicales soient cachés bien profond sous des pâles imitations.

Cela serait oublier que le libre c’est aussi la communauté et l’entraide. Et si avec les logiciels libre l’on peut aider la personne à avancer sur son projet, en musique libre c’est bien différent car on ne peut pas toujours partager ses émotions. Ici, le travail de la communauté est de trouver les perles sous ses propres pieds et les porter bien haut afin que tout le monde les voit bien, et cela même si comme ca elles nous cachent un peu.

J’ai commencé mon collier de perle cette semaine avec l’inauguration d’une nouvelle rubrique. Les invités roulent leur bille sur mon site : Annonces de leurs “Concert”s, les musiques sont dans la playlist et j’espère qu’ils vont squatter quelques pages de ce “Journal”. Ainsi ma première perle s’appelle Miss Shapenfingers et vous pourrez la ramasser tranquillement en cliquant sur le fauteuil de l’”Invité”.

Mais au fond on peut duper les autres mais pas se duper soi même car on espère bien que quand quelqu’un aura ramassé la perle alors il nous trouvera aussi, et nous ramenera avec lui.

Car entrer chez les gens c’est ça que l’on veut : faire partie de la vie de ces gens, leur donner un peu de ce que l’on a, on veut pouvoir franchir les portes de toutes les maisons. Plus que tout nous voulons être libre.

Témoignages d’artistes

Pourquoi ces témoignages ?

La musique libre – ou plus généralement la libre diffusion des œuvres – est un phénomène qui intrigue, et qui suscite souvent l’incompréhension. Comment peut-on accepter de brader sa musique sans contrepartie ? Les auteurs n’ont-ils aucun respect pour leurs œuvres et pour eux-même ? Dans un monde résolument capitaliste, la musique libre n’est-elle pas une « aberration » ?

Un des meilleurs moyens de dépasser ces incompréhensions, c’est de laisser la parole à ceux qui ont fait le choix de la libre diffusion de leurs œuvres. On se rend alors compte que leur point de vue est parfois bien plus pragmatique et réaliste que l’on ne le supposait… Ce qui, bien entendu, n’exclue pas nécessairement un positionnement idéologique ou philosophique.

Petite liste non exhaustive

Prélude.ch : Musique Libre en prison, 2010-2011

Angil : Pourquoi je ne suis pas à la Sacem ? Février 2008

Julian Angel : Et bien parlons-en… (2006 – en réaction au dossier de la Fnac dans le magazine Epok sur La musique gratuite tue)

Le Caphar : Comment j’ai libéré ma musique : l’histoire d’une conversion (2006)

Lame Spirale : Les invités ou un des rôles de la communauté de la musique en libre diffusion (2003)

REMI (Réseau des Musiciens Indépendants) : Faut-il adhérer à la Sacem ? Novembre 2003 (actualisé en Novembre 2005)

Phillipe Destrem : Un artiste de variété peut-il être vraiment indépendant ? Décembre 1999