Archives de catégorie : Vie Associative

Édito musical de dogmazic – février 2019

Bonjour et bienvenue dans cet édito mensuel de Dogmazic.net pour février 2019 !
Voici les nouveaux albums pour le mois de janvier, suivis des « pépites exhumées de l’archive ».

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour janvier 2019

Un unique morceau ici, du hip-hop avec des sonorités électro et des intonations arabisantes. Batterie, basse, instruments à cordes, et chant en anglais.
Joli mixage et belle production auditive, tout à base de logiciels libres pour de la musique libre elle aussi.
— olinuxx/trebmuh
Un album de quinze morceaux ici. Ça démarre par des sonorités électro industrielles puis des textes en français arrivent.
Un style hip-hop qui rappelle un peu un flot et un style proche d’anciens albums d’IAM.
Les textes sont plutôt directs et sans concession, dépeignant des personnages pas très jo-jo.
— olinuxx/trebmuh
Dès les premières notes du premier titre, on sait déjà à quoi s’attendre ! Ce sera sombre, très sombre, avec des textures sonores assez inédite pour ce style. Car Explicite fait du hip-hop, et même, on peut dire que c’est un vieux routier, une référence dans la musique libre, et au fil des albums, on constate qu’il va toujours plus loin dans la maîtrise de la réalisation des instrus, de la performance vocale et de l’écriture des textes. Comme souvent, Explicite utilise comme technique de narration, assez fréquemment, l’adoption du point de vue et des discours qu’il veut dénoncer, à lire au deuxième degré donc. Un très bel album, dans la lignée d’une discographie aussi conséquente que cohérente, à découvrir, elle n’attend que vous !
— Shangril
Ça sonne un peu 8-bits, carrément chiptune, et plutôt game-boy pour ces 70 morceaux allant d’une seconde pour le moins long à 3 minutes 29 pour le moins courts, et dont certains sont des variantes d’autres.
Ambiance jeux vidéo à l’ancienne garantie !
— olinuxx/trebmuh
Voilà une démarche pour composer intéressante mais je crois que cet album s’adresse à un public sensibilisé coté –musique jeu électronique– Le titre « Buy a multi tap … » m’a semblé le plus abouti et « conventionnel ». 
–ardoisebleue
Aucun doute, c’est une voix de rocker. La musique est présente sans soucis, parfaite, mais ce serait si bien d’avoir une version française pour mieux apprécier.
–ardoisebleue
Nous commençons par une musique qui semble jouée sous le soleil, puis on a le pied qui tape la bossa pour les titres « Basse bossa » et « Danse ». Un album agréable à écouter en rêvant, le regard le ciel. 
–ardoisebleue
Ces musiques nous plongent dans une soirée folk, à part le premier titre qui tend vers le jazz. Un son excellent, avec de temps en temps le ripage sur les cordes qui nous apporte une véracité de coin d’âtre à se bercer des sons virevoltant, parfois, et langoureux, souvent…
–ardoisebleue

Les Pépites exhumées de l’archive

Sous des titres légèrement satiriques, se cachent des compositions, toutes, pleines d’une sensibilité exprimée à l’abri d’un rythme teinté soit de jazz, soit de blues. Je placerai le titre « petit accordéon de nuit » comme élément expérimental de cet album qui diffère entièrement du contenu. J’ai surtout apprécié le titre « 2cv dans la plaine », peut-être une légère impression nostalgique, bercée par cette musique, de quelques moments passés dans ces véhicules étonnants.
Le plus simplement du monde : bonne écoute…
ardoisebleue

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois de février 2019 : Shangril, olinuxx/trebmuh, ardoisebleue
 
Il est issu d’un travail collaboratif fait par ceux et celles qui s’impliquent dans la vie du projet. Si vous souhaitez contribuer à un prochain édito, voici le fil de forum consacré au prochain épisode de ce travail commun, rendez vous sur le fil de forum de l’édito du mois sur http://forum.musique-libre.org 
    
Cet éditorial est librement redistribuable selon les termes de http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0 et vous êtes fortement et librement invités et encouragés à redistribuer cet article ! Si vous le faites, mettez nous le lien où vous l’avez redistribué en commentaire de cet article, ça nous fera plaisir.
    

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Édito musical de dogmazic – janvier 2019

Bonjour et bienvenue dans cet édito mensuel de Dogmazic.net pour janvier 2019 ! Nous vous souhaitons une bonne année, librement et tout en musique !

Voici les nouveaux albums pour le mois de Décembre, suivis des « pépites exhumées de l’archive ».

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour janvier 2019

Cet album est divisé en neuf morceaux, mais s’écoute d’une traite car il n’y a pas de pause entre les différentes pistes. Démarrage en sonorités stridentes et calmantes entremêlées, une musicalité se partageant entre l’électro et le classique émerge doucement pour se laisser écouter entre la sérénité réconfortante du piano et la répétitivité angoissante des nappes électro. Il y a un côté comme dans un film de monde post-apocalyptique à la « Ken le survivant avec des petits débuts de fleurs qui repoussent au milieu des décombres poussiéreux des immeubles avachis et des routes urbaines explosées » si vous voyez un peu l’image. Le genre de film où les humains ont fait n’importe quoi et tout cassé, mais avec une fin optimiste où une enfant ramasse des fleurs pour l’anniversaire de son petit frère.
— trebmuh/olinuxx

J’imagine cet album comme une suite pour un ballet. C’est un dialogue entre un clavier sonore conventionnel, un piano, et un ensemble de sons numériques de synthèse. Démarche expérimentale séduisante, où dans le final « le survivant devient le tarse » l’instrument utilisé est un orgue, peut-être l’alliage entre le piano et le synthé. Album à écouter en tenant compte que sur scène il y a un autre art qui se nomme la danse.
— ardoisebleue

Un autre album, celui-ci étant plutôt « curieux », de Maxime Godfrin de vingt-cinq morceaux très courts, un seul dépasse une minute ! Il s’agit de morceaux fait sur l’idée de messages d’ascendeur. La musique est légèrement plus pêchue et industrielle que l’album ci-dessus, et incorpore quelques textes parlés. Je serais curieux de savoir si ces morceaux, ou jingles, ont été fait dans un but particulier du type « jeu vidéo », « installation artistique », ou autre…, ou juste pour se marrer.
— trebmuh/olinuxx

Cet album, qui semble être la bande son d’un spectacle de ballet contemporain, est une expérience plutôt intéressante. Un thème pour les -échafaudages- qui évolue étrangement jusqu’à ce dernier qui laisse le son s’effondrer sur le palier ! Et celui, répété à chaque -étage-, dans une conception différente avec comme point de clôture : le service de l’étage. Bon, c’est vrai que j’étais content d’arriver à l’entracte, pour se boire un godet comme il le propose. D’ailleurs, est-ce pour cette raison que l’étage 8 est destiné aux toilettes ? Un petit voyage dans un univers étrange et décontractant.
— ardoisebleue

10 morceaux pour cet album de musique futuriste/rock qui démarre avec un genre de mélange entre Steve Vai et Jean Michel Jarre. Avec des morceaux assez longs de plus de dix minutes, ce qui nous change des préformatés pour la radio, et qui permettent aux ambiances de se développer et d’évoluer au fil du temps. Ça fait plaisir aux oreilles et à ce qu’il y a entre ! Démarrage avec une guitare criante enveloppée dans une nuit de nappes électro synthétique, bataille entre sonorité analogique, et sonorité synthétique, le calme reprend le dessus dès le deuxième morceau. S’ensuit une aventure épique, puis une ambiances apaisées et relaxantes. De la musique imagée, se prêtant bien à l’imaginaire de film, ou de documentaire vidéo de paysages de natures, ou ce genre de choses.
— trebmuh/olinuxx

Un morceau unique de gospel se baladant au gré d’un rythme chaloupé teinté de R&B, qui sent bon la plage et les cocktails, avec de jolies voix.
— trebmuh/olinuxx

Trois titres jazzy, assez traditionnel dans la forme : du walking bass, un batteur shufflisant, un claviériste léger accompagnant joliment tout ça tout en prenant le devant parfois, et un violon régulièrement en tête de proue avec une gamme de jeu assez large, possédant des penchants vers le manouche de temps à autres. De belles musiques sans paroles, relaxantes, et ouvrant la pensée à de belles images touchantes et d’émotions variées. Bref, belle écoute à vous !
— trebmuh/olinuxx

Un album unissant un nouveau morceau à deux titres revisités de l’album -répétition- de septembre. Nous restons dans ce jazz clair, dépouillé, servit par un enregistrement d’une très belle sonorité, à déguster dans son fauteuil en soirée…
— ardoisebleue

Un morceau unique et plutôt court (moins de deux minutes) de musique 8 bits avec des mélodies entraînantes et sympathiques, tirant sur le médiéval et l’épique.
— trebmuh/olinuxx

Un 6 titres, moitié épique, moitié électro, moitié techno (oui, je sais, ça fait trois moitiés, et ça n’est pas grave puisque nous ne sommes pas en cours de maths ! :) ). Malgré quelques morceaux avec certaines sonorités pouvant être difficiles pour l’oreille en première instance, l’écoute demeure intéressante.
— trebmuh/olinuxx

Nous voici en pleine expérimentation électronique comme le laisse à penser l’image-avatar du compositeur. Il y a, derrière ces sons un univers parallèle aux compositions de Pierre Henry. Le seul souci de mon environnement perceptif est que la profusion des sons très recherchés et bien élaborés se piétinent, s’enchevêtrent, sans vraiment nous laisser le temps de les entendre, de les comprendre. À part quelques instants de pause où parfois même l’ouïe est agressée de sons violents, nous sommes entraînés dans un tourbillon indéchiffrable.
— ardoisebleue

Un seul titre ici, de musique bruitiste, qui nous écarte des sentiers sonores habituels. Une composition musicale un peu à la manière d’un tableau peint sans représentation d’objet, mais dans des jeux de nuances de couleurs, de textures, de formes,… écoute intéressante pour les curieuses et curieux.
— trebmuh/olinuxx

Ce deux-titres de DidJaws démarre très, très fort, avec un coté house alternative, expérimentale, une fois l’harmonie de base posée au piano, arrivent des motifs mélodiques hors du ton… Et le morceau se développe ainsi, avec une rythmique variée, et toujours cette complexité harmonique fort plaisante. Le thème initial va, puis vient, tout comme l’harmonie plus conventionnelle du piano qui compte les mesures. Le tout bati sur un bon vieux tempo en 4/4, soufflant ainsi le chaud et le froid. Le second titre reprend cette idée générale, à la fois, avec, on le sent, une joie intrinsèque au processus de composition, sans barrières et en toute liberté, pour un morceau de face B aussi réussi que celui de la face A. Ce single fait actuellement l’objet d’un financement participatif pour produire un vinyle édité à 200 exemplaires, il reste un peu plus d’un mois pour réussir à atteindre l’objectif qui lancera la production ! Ça se passe sur https://www.diggersfactory.com/vinyl/226432/didjaws-my-dark-journey !
— Shangri-l

 

Les Pépites exhumées de l’archive

En réalité ce n’est pas un album, c’est une suite de 14 compositions balançant entre la ballade et le rock. Mis à part les 5 titres de rock expérimental qui s’adressent à un public spécifique et parmi lesquels -V cell- semble être le plus abouti, Bruno Pitch nous offre plusieurs ballades où j’ai cramé toutes mes émotions sur -la danse des lucioles- la mélodie débutant dans un style simple et classique nous entraîne dans sa moitié dans une contrée musicale différente, nous rappelant que le compositeur expérimente à nouveau, comme dans -stare mesto-. On peut même considérer que tout ces titres ont un fond expérimental très appréciables. Dans les titres estampillés rock ma tendresse penche pour -cachemiregroove- quoi que -hotcat- , la nuit à traîner sur les gouttières…
— ardoisebleue

Un 4 titres de chanson française, mélangeant du rock, de l’accordéon, des accents de reggae, des sonorités et du chant en français avec des textes bien faits parlant de la vie, de notre monde, des amours,…etc.
Découverte intéressante de ce qui semble être une démo (4-titres), cet artiste a également un album 8-titres disponible dans l’archive de dogmazic qui vaut le coup de l’écoute si celui-ci vous a mis en joie.

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois de janvier 2019 : Shangril, olinuxx/trebmuh, ardoisebleue

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Édito musical de dogmazic – décembre 2018

Bonjour et bienvenue dans cet édito mensuel de Dogmazic.net pour décembre 2018 !
Beaucoup de nouveautés sont sorties en Novembre: on vous fait ici les présentations suivies des « pépites exhumées de l’archive ».

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour novembre 2018

Voici un album de rap de trois morceaux, rapide à écouter: le flow est continu, sans hachures, pour des textes denses et rythmés placés au cœur de la musique. Bel effort d’écriture !
Les phrases sont claires et bien audibles, le temps est pris pour les dire (c’est agréable), parfois de manière un peu atone peut-être (Ego Trip).
Une mention pour « Ma Passion », qui dégage beaucoup de force et de chaleur, malgré une fin un peu trop abrupte.
En tout cas, on écoutera sans problème cette voix jeune et assez fraîche.

Un seul morceau ici, avec un texte en français, stylé R’n’B / hip-hop avec un mélange de sons électro, rock, et une sonorité caribéenne qui fleure bon la plage et la mer.
Morceau intéressant, avec une voix légèrement sous mixée qui oblige à écouter les paroles avec attention !

Dans la suite de ces autres compositions, l’auteur nous livre un morceau de douceur marqué d’inexorabilité comme si, en retrait d’un monde compliqué, des êtres amoureux, enlacés, assistaient, désarmés, à une fin de règne où naît un chaos dans une agitation informe, désordonnée.
Si vous désirez vous octroyer un moment de mélancolie ce titre vous y aidera à coup sûr.

Que sera demain ? Telle est la question ! « je te souhaite simplement d’être » Est-ce la réponse ? Un morceau créé pour la bande musicale originale d’un film. Sortie de son contexte cinématographique, on obtient une chanson agréable à entendre, typique de la musique de contestation, son texte pacifique nous change des excès de colères d’autres musiques.
Pour en savoir un peu plus sur le film : http://play.dogmazic.net/artists.php?action=show&artist=6238

Voici un titre d »électro très réussi dû à Djad… Dommage qu’il n’y ait qu’un seul titre dans cet album ; mais c’est un titre très plaisant, au début on se demande un peu où il va aller, avec sa boite à rythme minimal légèrement acidulée… Mais ensuite, le morceau se développe, pour arriver à une sorte de mixture pouvant évoquer l’électro-house avec une certaine tendance techno… Les dissonances sont au rendez-vous pour agrémenter la pièce, et, la seule chose qu’on puisse dire, c’est qu’une fois qu’elle se termine on voudrait que ça continue ! En espérant que ce « Djacom-2054 » va continuer à grandir et qu’il saura rencontrer son public !

Voici un deux-titres de rap qui s’inscrit tout à fait dans un des styles qu’a pris ce genre au XXIème siècle… Avec ses codes : les roulements de caisse claire, les arpèges de piano, les gimmicks vocaux… Vraiment du rap du XXIème siècle, de cette scène française fortement influencée par le gangsta rap à l’américaine qui l’a précédée ; on est donc en terrain connu, bien connu même et déjà un peu « historique », pas encore vraiment vintage mais déjà un travail autour d’un style balisé. Les paroles sont, de cette école, en particulier sur « Seul », crues et explicites, ce qui peut être un écueil qui pourrait repousser une bonne partie des auditeurs. À vous de voir si ça vous plaît ou non.

Un ensemble de sons électroniques dont « beyond Orion » qui nous tire de la torpeur engendrée par les quatre premiers morceaux. Le final orienté par la répétition de trois notes nous mène vers une impression de narcose ou d’apathie, malgré le tempo rapide de cette séquence qui aurait pu nous excéder sans les variations du niveau de leur amplitude.

Logan nous a gratifié d’un envoi multiple de 7 de ses albums, issus d’une période entre 2012 et 2017. Des albums élégants. À l’image de leurs pochettes. Des mélodies qui se déploient en lignes fluides baignant dans une instrumentation aux timbres doux. Qui n’empêchent pas pour certains morceaux de bouger la tête en rythme – comme Amazing de The Bean. Pour le style ? Logan nous parle d’une influence majeure de l’IDM, mais, honnêtement, on ondoie entre une palette du genre, de l’Ambient au Chillout en passant par la House. Je recommande.
Par exemple, l’album Endless nous conduit dans une galerie sonore, un peu comme une galerie de tableaux, où les œuvres seraient des morceaux musicaux que nous « regarderions » par les oreilles. Ces mélodies constituées le plus souvent de phases répétitives, mêlent des sons « naturels » et des éléments synthétiques de grandes qualités en une belle concordance, à l’exemple du titre Endless05 que j’ai préféré lors de cette visite.

 

Les pépites exhumées de l’archive

Un album musical, sans paroles, qui se prête bien à l’imaginaire enfantin, à l’univers du conte médiéval, de la ruralité, du monde tel qu’il devrait être,…
Des passages qui-font-peur, d’autres passages épiques, et d’autres qui sont de belles beautés rassurantes, bref, un spectre émotionnel riche permettant une écoute sans ennui.
Y’a un côté Miyasaki également de temps à autres, sans que je n’arrive exactement à savoir d’où il provient.
De belles variations musicales, avec de magnifiques orchestrations, proche d’une production de musique de film, ça me fait également penser à des ressemblances avec des sonorités déjà entendues dans des contes/histoires/films anglais de l’époque industrielle.
Bien mixée, bien produit, c’est une belle démo qui mériterait d’être enregistrée avec des instruments réels !

olinuxx/trebmuh

Une suite de chansons typiques de la variété au sens noble. 2007-2009 : une plongée dans un univers inhabituel des tendances radio-phoniques actuelles. Le rythme pur rock en retour de « Un p’tit rock and roll » en est un des symboles. La qualité sonore parfaite de cet album, où j’apprécie particulièrement le titre « Derrière l’ombre », nous offre une écoute pour la totalité des titres qui ne lasse pas. Pour vous changer de la grosse basse et du gros boum-boum surcadencés, jetez-y une oreille : vous y mettrez les deux !

ardoisebleue

Voilà un album intéressant qui se veut « horror punk », à ranger du coté des Cramps plus ou moins en plus speedé. Kelelawar Malam l’a publié sur le netlabel Yes/No Wave, qui est un sacré vivier de talents, particulièrement du coté du punk et du punk rock, basé en Indonésie. Suite à la publication de cet album en 2009, Kelelawar Malam a attiré l’attention, particulièrement celle de l’édition indonésienne du magazine Rolling Stone, et sur les années suivantes ils ont fait un petit tour du coté des contrats, des maisons de disques… Mais finalement le groupe a fini par retourner du coté du monde des netlabels, où il demeure une indéniable référence tout de même. Si vous aimez les compo solides, les voix d’outre-tombe et les guitares aussi saturées qu’affûtées, cet album introductif est sans aucun doute à parcourir… Et qui sait, peut-être que vous voudrez creuser un peu plus la discographie de ce groupe qui est, artistiquement, on peut le dire ‘un cran au dessus’ et pas seulement dans leur niche stylistique !

shangril

 

Outro

Voilà, nous espérons que cet éditorial vous aura plu. Nous, nous avons bien aimé écouter vos dernières publications en tout cas, et nous vous retrouverons avec plaisir pour l’édito du mois prochain… ou plutôt de l’année prochaine ! Excellentes fêtes à tous, nous vous souhaitons de superbes feux d’artifices musicaux et beaucoup de bonheur. Comme le reste du temps, d’ailleurs ;)

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois de décembre 2018 : Shangril, Ladee, ardoisebleue, olinuxx-trebmuh

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Édito musical de dogmazic – novembre 2018

Bonjour et bienvenue dans cet édito mensuel de Dogmazic.net pour novembre 2018 !

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour octobre 2018

Un son électro rappelant les bandes musicales des jeux vidéos des années 1980/90 avec un rythme moins mécanique que le premier album.
LUCA : au début, un retour prononcé vers la vielle et la musique scandée d’antan, mais celle-ci électronisée (ou électrocutée… ?); tr*#*&hr#* : retiendra plus particulièrement l’attention il est peut-être l’aboutissement de cet album, il est plus proche de nous « conter » une histoire…

Du reggae ! Une production inattendue du compositeur de l’album Blyphtre a Pintocle, qui était déjà dans le premier édito. Du reggae instrumental, très tranquille, et qui se rapproche du dub mais avec les touches bruitistes habituelles de l’auteur. Cette fois-ci les lignes mélodiques sont au premier plan, et les effets sonores viennent comme des échos de petites machines étranges qui bougent leurs rouages tranquillement. Il y a de la place pour le mouvement dans cet album, un mouvement léger, peut-être un peu abstrait ou mécanique, je pense notamment au morceau 02 dub4p 2 remisk qui pourrait tout à fait servir de support pour une performance de danse contemporaine: les gestes tantôt se lancent dans l’espace, tantôt se coupent dans leur élan. Il y a des échos de boîte à musique, voire de ballerine mécanique, dans ce son ! Ou plutôt de ballerine en fin de soirée enfoncée dans le canap’ dans un coin d’une pièce enfumée, pour certains morceaux, comme 04 dub4p 4 remisk.

Voilà une publication qui nous pousse à nous interroger sur la notion même de « qu’est-ce que la musique »… Car, non, ce n’est pas de l’électro bruitiste, ni de la musique savante contemporaine et pas même du harsh-noise mais, bel et bien, une conversation parlée, qui semble être issue d’une émission de webradio, un dialogue qui tourne autour du thème du démarchage téléphonique.

Sur trois accords « Discolight » lance le rythme, à mi-parcours du titre un mélange -gitanique- nous rappelle que tout style musical est -osmosable-… Une transition par la pure techno « Technopat » et le dance « Take me hight » et nous passons à la note de calme commencée par la sensualité électronique de « Sensual mix » et nuancée en « Bluesy romance ». « Too much temptentions » nous recentre dans la valeur électronique-sérielle de l’album et nous prépare à atteindre la zone de sérénité « Sweet li » qui clos la pause avant un semblant de fuite à cheval par la cavalcade de « Dance Wave » et le parcours dans de grands espaces « Psy trance ». Étonnamment à l’époque où parait-il ce n’est plus d’actualité, la touche finale est un titre envoûtant et fabuleusement slow « Yin Yang » pour terminer un album captivant.

Un seul morceau dans cet album, morceau de hip-hop qui démarre sans parole pendant les 45 premières secondes, à tel point qu’au début j’ai cru que c’était un backtrack ! Ritournelle sonore sympathique, paroles en anglais, effets de pompage propre au musique HH/électro moderne, couple basse/rythme bien en place qui assoit le morceau, nappes de synthé qui viennent colorer le tout, tous les ingrédients du genre sont dans ce morceau. Ça n’est pas mon style habituel de musique et je n’ai pas cherché à écouter les paroles pour en saisir le texte, tout ce que je peux donc en dire est « ça passe pas mal ».

Trois cuivres, ils discutent et se disputent dans cette série de conciliabules qui nous apporte une salve de petits plaisirs guillerets. La succession des notes longues et coups de langues nous tiennent en alerte tout au long de cet album dont les titres donnent bien le contenu de ces conversations. A noter le bref hommage à Grieg pour l’insertion des quelques notes du « château du roi de la montagne » dans -allerRetour-. Le morceau final exprime bien la suite de moments de torpeur et d’agitation rythmant le long d’une journée.

Vive la suite !! Un départ digne de Webern suivi d’une soutenance ambitieuse approfondie, au loin quelques battements et on y arrive. Les différences de sonorités peuvent nous interpeller, mais le son est là. On navigue le long des vagues de doigts qui nous jette dans un mélange sauvage de glissements jusqu’à l’aboutissement et le retour à la tonalité. Oui, franchement, vivement la suite…

Là… y’a du métal dans les câbles ! De la descente dans les entrailles… Du sombre, de l’inquiétant… Des mélodies prenant la tête et interrompues par d’autres toutes aussi indéfectibles.

Toute une série d’albums republiés, une œuvre éclectique où se côtoient des styles électro et hard-rock en passant par des blues troublants.

Parmi cet envoi en nombre, j’ai choisi d’écouter BAE. Un électro à prédominance paisible, quelques chocs acoustiques dans « Incredible You » ou en fin de « Next Time ». Les enchaînements sériels sont heureusement dérangés dans leur continuité par des silences ou des interventions d’autres sons par petites touches plus ou moins vigoureuses. En piochant par-ci par-là dans les autres albums, j’ai entendu des titres de même facture, peut-être une constance chez cet artiste ?

 

 

Les pépites exhumées de l’archive

Une ambiance invraisemblable ! Si vous appréciez l’enchevêtrement blues/jazz/électro venez écouter ici.
Avant un titre final magique, Outro exprime un exercice de placement spatial des percussions attrayant ; ET le dernier titre de l’album : Nelly. Ce morceau nous engloutit dans une atmosphère nocturne pour deviner un paysage sans autres sons que cette musique, entièrement différentes des trois précédentes. On finit l’écoute dans un état indistinct…

ardoisebleue

The Nightchild est un groupe de goth-rock orienté cold-wave ou new-wave originaire d’Ukraine. Je sais que dit comme ça ça peut paraître un groupe anodin… Mais en fait, The Nightchild est une formation au talent musical dévastateur, avec des compositions d’une efficacité incroyable, aux mélodies inoubliables dès la première écoute, avec des clavier tournoyants, une basse surpuissante, une boite à rythme martelant sans relâche sur des motifs rock mid-tempo, une voix de vampire incroyablement maîtrisée, et une guitare parfaite, saturée, pour donner de la texture harmonique aux morceaux. Ils existent depuis 2003 ; on ne peut pas dire qu’ils ont abandonnés leurs fans à eux-même. Cet album date de 2011 mais depuis plusieurs autres opus sont sortis, toujours sous licence ouverte, mais je recommande particulièrement ce Another Shadow à cause du titre en forme d’apothéose qui clôture l’album, « Closer », qui est sans doute de toutes leurs composition celle qui a eu le plus d’impact chez moi, c’est vraiment une chanson monumentale -et pourtant, The Nighchild maintient toujours la moyenne très haut, sans jamais de titre faiblards, même juste un peu. Je recommande sans restriction.

shangril

Alors celui-là, c’est un des Graal ultimes dans mes favoris sur Dogmazic, et même toutes écoutes confondues. Des paroles drôles, des jeux de mots partout, et même une vraie réflexion sur le monde actuel sans tomber dans la facilité du « c’est nul, c’est tous des cons », des rimes et des rythmes qui pulvérisent la non-créativité musicale de la production industrielle et de celles et ceux qui la copie, bref, une perle pour moi ! Ajouter à ça un mélange savamment dosé de styles musicaux et d’énergies contagieuses comprenant en vrac des influences provenant du funk, de la chanson française, du beat-box, du rock voire du métal, du latino, du 8-bits (chiptune), des touches de musique zappa-esque, du groove,… bref, un trésor partagé pour la magie des capacités des humains à produire du beau, du bien, et du vrai, et une belle claque en perspective si vous ne connaissiez pas encore !

Un autre plusse qui fait vibrer la corde libre en moi, est que cet album a été entièrement réalisé et fabriqué avec du logiciel libre, l’enregistrement, le mixage, et même le mastering et la pochette ! Énorme bravo pour cela ! Comme quoi, c’est possible !

Du côté anecdotique pour celles et ceux qui aiment cela, c’est que le musicien à l’origine de cet album a été, fut un temps, l’un des membres de Sebkha-Chott, groupe bien connu de la « scène libre » française.

Vous pouvez en savoir davantage sur le bonhomme et le projet sur le site officiel et même acheter des versions CD et/ou faire des dons (parce que les artistes sont comme les autres humains et ne vivent pas seulement d’amour et d’eau fraîche !) sur cette page.

olinuxx/trebmuh

 

 

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois de novembre 2018 : Ladee, Shangril, ardoisebleue, et olinuxx/trebmuh.

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Édito musical de dogmazic – octobre 2018

Bonjour et bienvenue dans ce premier édito mensuel de Dogmazic.net, pour le mois d’octobre 2018 !

Nous ne savons pas encore si c’est une bonne idée ou pas, si nous continuerons ou pas, et si les fusées spatiales ça donne la nausée ou pas, mais voici le premier éditorial du type, un genre de test quoi, et sa continuation dépendra probablement de si ça nous amuse de continuer de le faire, des réactions, des commentaires, des participations à l’écriture… L’idée générale est de pouvoir faire une revue des nouveautés déposées dans l’archive chaque mois, avec également quelques descriptions de la part de membres, de certains albums de l’archive qu’ils apprécient particulièrement. Histoire de dynamiser un peu la communauté.

Allez zou, assez de blabla, commençons tout de suite avec la Musique, parce qu’on est toutes et tous là pour ça à la base, et plus particulièrement les nouveaux albums récemment publiés sur l’archive musicale Dogmazic.net ! C’est parti !

 

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour septembre 2018

Et hop ! Un son bien enlevé, un placement spatial qui nous fait bien ressentir agréablement le toucher des instruments, nous avons même les pouces des pieds qui battent à l’écoute de « Allons voir ». Il y a, dans la moitié finale, de la « polka du père Frédéric » un genre de déstabilisation peut-être due au sous-titre kubi..polka.

Et voilà ici Grande Ourse, avec un LP au zapping forcené ! Ne vous étonnez pas si le style – et le tempo – varie drastiquement d’une mesure à l’autre ! Un album qu’on pourrait presque – n’étant le zappage de style quasi épileptique – ranger du coté du trip-hop à tendance énervée. Notez que l’album comporte 5 pistes seulement, mais de plus d’une vingtaine de minutes chacune.

Un album d’électro expérimental bruitiste aux noms de pistes abracadabrants (ils rappellent le poème La chasse au Snark de Lewis Caroll !), essentiellement rythmique, de dix pistes qui se bâtissent sur des micro-variations de timbre et des ajouts sonores progressifs. On peut facilement imaginer en écoutant les trottinements d’animaux bizarres… attention, dans certains morceaux (par exemple L’Insturgole d’Epifrate) les aigus sont à la limite du strident.

Un album du même artiste et de la même année (2016) et qui cette fois-ci s’articule autour de lentes explorations bruitistes et même inharmoniques autour d’une viole à roue (c’est l’instrument que suggère le titre !). Les rythmes y sont tantôt dilués au bord de l’absence, tantôt sourds et obstinés à la manière d’une rave party, ou constituent la trame comme dans Violaroue Soul.

Cette fois-ci, changement complet de style avec un album jazzy où un clavier, un violon et une contrebasse nous immergent dans cette ambiance de fond de bar, à causer de choses sans importance, où, assourdissant nos voix,nous chuchotons des mots qui se confondent dans cette musique qui nous enveloppe… « Alice in wonderland » pourrait nous sortir de la torpeur, mais « high modes » nous replonge dans cette langueur qui nous fera finir la soirée dans la sérénité.

 

 

Les pépites exhumées de l’archive

Un album de 2011. Un des premiers albums enregistrés avec des outils GNU/linux où je me suis dit « whaou, il déchire lui ! ». Alors le côté « enregistré avec des outils GNU/linux », vous vous doutez (pour celles et ceux qui me connaissent) que c’est un point en plusse pour moi, mais ici je vais surtout parler du fait que j’y ai trouvé également une belle originalité musicale dans cet album. Alors OK, les batteries sont un peu légères (dans le sens où elles sonnent un peu boîtes à rythme, pas très vivantes), mais ça ne m’a pas gêné beaucoup et je ne sais pas diable pourquoi ! Étant batteur/percussionniste (et prof de musique en associatif pendant 10 ans), j’ai d’habitude tendance à jeter à la poubelle vite fait quand c’est pas un vrai musicien. Mais là, voilà, je n’ai foutrement aucune idée du pourquoi ça ne me gène pas plusse que ça, et pourquoi ça me met même un petit sourire en coin quand je cale mon oreille sur la partie batterie de ces morceaux. Probablement que le fait qu’il se passe des tas de trucs à la guitare happe mon attention et m’empêche de sortir de cet espèce de monde musical perché entre du Vaï/Satriani et un genre de monde parallèle de manga asiat’ revu par un esprit européen. J’en sais rien en fait. J’essaie de me l’expliquer tout en écrivant ces quelques lignes de revue, mais je ne suis qu’à moitié convaincu de mon explication. Et même probablement moins qu’une moitié. Et puis en fait, je m’en s’coue un peu les sourcils du pourquoi du comment car, pour de vrai, j’aime bien, et à chaque fois que je l’écoute cet album, je ne déchante pas. Alors sus aux explications psychologisantes, le ressenti y’a que ça de vrai ! Bonne écoute à vous et mes amitiés à vos cultures musicales.

trebmuh (aka olinuxx)

Ah ben moi si on me demande, juste comme ça, de sortir un album direct depuis Dogmazic qui pourrait plaire à tout le monde, et même à votre grand-mère, je sors direct Icon Girl Pistols, un très très bon groupe japonais -et, ils chantent en japonais, mais je vous jure que -étrangement- ça se remarque absolument pas, et ça sonne terriblement anglo-saxon… Les tests en aveugle me l’ayant prouvés-. Depuis leurs débuts dans la scène libre, et on peut les remercier d’avoir « libéré » tant et tant de belles chansons… Depuis, oui, ils s’en sont allés vers d’autres cieux plus orientés « business », mais il nous reste ces excellentes compositions en demi teinte, illustrant à la perfection le « mood » qui fut, à une époque déjà lointaine, la fin de la décennie 00, et c’est un plaisir réel à écouter.

Shangril

Des rythmes, des envolées, une symbiose entre les douceurs des cordes et l’âpreté de la batterie. Gros écouteur de rock symphonique je trouve ici des sons qui m’enchantent. Ricochet nous propulse dans les strates aériennes… « Monsoon » nous y fait planer avant de redescendre avec « the big jump ». Tentez ce son entre vos deux oreilles !

ardoisebleue

 

 

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois d’octobre 2018 : Shangril, Ladee, trebmuh/olinuxx, et ardoisebleue.

Il est issu d’un travail collaboratif fait par ceux et celles qui s’impliquent dans la vie du projet. Si vous souhaitez contribuer à un prochain édito, voici le fil de forum consacré au prochain épisode de ce travail commun :
http://forum.musique-libre.org/discussion/7932/projet-dedito-mensuel-pour-novembre-2018

Cet éditorial est librement redistribuable selon les termes de http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0 et vous êtes fortement et librement invités et encouragés à redistribuer cet article ! Si vous le fait, mettrez nous le lien où vous l’avez redistribuez en commentaire de cet article, ça nous fera plaisir.

On se revoit aux environs du 10 novembre avec les nouveaux albums publiés courant octobre ; et pour commencer celui de Bololipsum qui vient tout juste d’arriver.

La bise à vous et à vos oreilles, et au mois prochain !

 

 

Infos générales

L’archive dogmazic.net est éditée par l’association Musique Libre.
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Propagande : Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit…

Parce qu’on nous en parle souvent, de l’origine de ce nom, et de toute la réflexion autour… Voici un texte repiqué de notre ancien site (avec en bonus les premières réactions en commentaires et quelques anciens liens vers des articles du site).

Propagande : du nom, Dogmazic et de ce qui s’ensuit…

Posté le Jeudi 14 septembre 2006 @ 21:09:42 par bituur

Parmi la flopée de nouveautés céans, le nouveau nom du site, dogmazic.net,n’est pas passé inaperçu. Les réactions sont contrastées. Étonnement assez général, on nous dit aussi que « le nom est intéressant, ça ouvre de nouvelles perspectives » ; mais il y a des réactions d’incompréhension, voire de rejet.

« Pouah, dogmazic, dogme, dogmatique », et à grand renfort de citation de Wikipédia ou autres, on nous représente que c’est péjoratif, psycho-rigide, sectaire, indéfendable, que « musique-libre c’était mille fois mieux » : nous allons « tout perdre« . Voire !

Nous sommes parmi les tout premiers, avec copyleft attitude, dès 2000-2001, à avoir parlé de musique libre en France. Le nom musique-libre (.com en 2001, .org depuis 2004) nous était venu pour imposer le concept (ou) s’était imposé à nous pour faire advenir l’idée dans le paysage.
Nous sommes donc assez bien placés pour mesurer le chemin parcouru, la diffusion finalement très rapide de ces idées de copyleft, de licences libres, de musique libre, même s’il reste à faire. Et c’est bien à quoi nous entendons nous consacrer de plus belle.

L’association opératrice du site, tout d’abord, continue et continuera à s’appeler « Musique libre ! ». Le site reste un portail de téléchargement de musique sous licences de libre diffusion, ouvert à tous les musiciens qui choisissent ce mode de dissémination de leurs créations.
Dogmazic.net vient de passer les 8 millions de téléchargements, et présente avec fierté 800 groupes et musiciens, 90 labels, plus de 7000 morceaux dont 450 albums complets.

Notre objectif, la raison d’être de ce site, cependant, n’est pas seulement de présenter des œuvres, mais aussi de représenter le mouvement, les idées et la communauté de la musique libre en France. Cela nous est toujours apparu comme une des tâches importantes, l’objet de notre association en fait foi.
À ce titre, et sans aucun orgueil, dogmazic.net, comme organe de l’association « Musique libre ! » n’est pas un portail ou un label comme un autre. Tentons donc une défense et illustration de ce nouveau nom :

Le communiqué de lancement dit : « Pourquoi Dogmazic ?
Notre dogme, c’est la liberté de diffuser nos œuvres comme bon nous semble. Si notre équipe était la première à traiter des licences libres en France et à lancer une archive de musique en libre diffusion, cette nouvelle mouture continuera de parler des problèmes de fond des licences libres appliquées à la musique, avec la même exigence intellectuelle et le même esprit militant. »

Il y a effectivement des problèmes de fond des licences libres appliquées à la musique, liés aux problèmes de fond du droit d’auteur, du marché de la musique, de la culture et de sa diffusion dans le monde contemporain et dans l’univers numérique. Le débat DADVSI en fut cette année la démonstration éclatante, et le texte de loi finalement adopté ne règle, croyons-nous, aucun de ces problèmes de fond.
Ces problèmes sont politiques, philosophiques, juridiques : dogmatiques, en un mot. L’on peut pour le prouver s’aider des travaux de Pierre Legendre, qui le montrent à l’envi : « Le mot ‘dogme’ (qui renvoie à la tradition grecque) y est utilisé pour désigner le récit des rêves ou des visions, pour dire l’opinion, mais aussi la décision ou le vote ». Legendre, œuvrant à une nouvelle anthropologie, dogmatique précisément, entend « considérer les sociétés comme des textes », et s’appuyer sur ceux-ci comme sur d’autres formes d’expression artistique, « l’enveloppe esthétique des cultures ». Les 3 Conférences au Japon (éd. Mille & Une Nuits – dont je tire les citations dans ce paragraphe), ou L’Empire de la vérité : introduction aux espaces dogmatiques industriels (Fayard) analysent la dimension dogmatique de l’homme et la théâtralité de sa représentation dans un monde institutionnalisé, balisé par des emblèmes : « les drapeaux, les marques, les devises ou même les slogans sont des Emblèmes ».

Ces quelques exemples : « récit des rêves ou des visions », « enveloppe esthétique des cultures », « emblèmes » dont « marques, devises et slogans », juste pour illustrer la largeur du thème du dogme, et argumenter que « Dogmazic.net » manifeste une ambition de travailler sur les fondements et idées et défendre une « certaine idée de la culture », une Cause commune certes pas rabâcher une doctrine intégriste…
Cette question du droit d’auteur, de la « propriété intellectuelle » (beau mot-valise, bel amalgame, bel attrape-tout, à l’œuvre dans tous les domaines, des plantes à la nano, des médicaments à la musique), recouvre un enjeu fondamental : celui du sens et de la censure (cf. sur ce mot dans notre contexte ces citations de Bernard Noël).

Ainsi, nous situant dans l’histoire du droit d’auteur, nous nous faisons fort d’affirmer que les sectaires, les psycho-rigides, ce n’est pas nous : ce sont bien plutôt ces « bozos du copyright » prêts à tout pour affirmer et renforcer sans fin leur contrôle sur la culture, en se servant de la romantique et attendrissante figure de l’auteur qui doit bien vivre pour imposer leurs positions industrielles dominantes, leur mainmise sur un marché.
Il est très raisonnable de concevoir l’idée du copyleft, des licences libres, à la fois comme l’héritière fidèle et comme l’évolution logique du droit d’auteur selon les données de l’époque. Nous ne sommes plus à l’époque de Victor Hugo, du Café Procope et de la plume d’oie, nous sommes à l’époque de Mad Mike et FatBoy Slim, de la copie numérique et de Burnstation.

Et le mot dogme dans tout ça ? Justement ! La doctrine théologique la plus orthodoxe, grande source de dogme s’il en est, a toujours intégré la notion d’évolution et d’historicité du dogme.
Il y a ceux, toute petite secte s’il en est : ils sont 4 : 4 majors (endogames, Universal venant de racheter BMG…) et leurs affidés, qui veulent s’approprier la culture, arc-boutés sur un modèle dépassé et une conception figée du droit d’auteur comme propriété absolutisée…

Nous affirmons quant à nous, avec des millions d’artistes, de mélomanes, d’internautes, que la musique est à la fois et inséparablement inspiration et copie, partage et reconnaissance, échange et œuvre d’auteurs. Que la musique est vivante, qu’elle évolue, que ses modes de création, de production, de dissémination, et de succès évoluent.
Dans cette optique, l’association « Musique libre ! » a pour objectif d’œuvrer à « l’émergence de nouveaux modèles économiques respectueux de l’ensemble des acteurs de la chaîne de création et bien sûr du public. » Nous avons des projets pour la suite, et comptons instaurer un nom (et un logo) fort, court, facilement mémorisable et déclinable. Dogmazic.net à votre service.

« Propagande : Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… » | 26 Commentaires | ajouter un commentaire
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Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par philaxel le Vendredi 15 septembre 2006 @ 08:12:23

Personnellement Bituur, je ne doute pas de ta bonne foi et de celle de toute l’equipe. Mais la vision troisième degrè du mot Dogme ne sera pas celle de la majorité des visiteurs.Quand on choisit un nom de site on doit penser au premier degrè.Ensuite, je pense à ceux à qui vous donnez un joli batton pour nous battre dans un combat déjà très difficile pour imposer les licences libres dans les modèles économiques de la musique.Le simple fait que tu doives t’expliquer ainsi montre qu’il y a bien un problème avec ce nom qui a été imposé (par qui ?) sans discussion préalable alors que ce site était à priori une communauté. Sur une communauté virtuelle on ne met pas les participants sur le fait accompli d’un tel changement.Pour ma part, je refléchis sérieusement à partir du site.Je crois que les mots dogmes/doctrine/propagande sont des mots à proscrire à cause de l’imaginaire négatif qui les accompagnent souvent à juste titre.Chez moi ça ne passe pas et je ne pense pas être le seul.Il est encore tant de réagir.Amitiés.

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par Hackrow le Samedi 16 septembre 2006 @ 13:18:23

Absolument d’accord avec le premier commentaire. J’en rajoute pas plus parce que ça risquerait de tartiner un peu trop ce message 🙂

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par Pier le Lundi 18 septembre 2006 @ 08:41:43

Ah bon !
Dogmazic moi je croyais que ça voulait dire « Chienne de musique quand tu nous mords les oreilles y a plus rien à faire pour te faire lâcher »
…. Et tout compte fait ça m’allait bien…

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par edised le Lundi 18 septembre 2006 @ 11:12:37

Je reviens du Netaudio, à Londres, festival réunissant beaucoup d’acteurs du mouvement des netlabels(pas forcément que du libre mais une énorme majorité), le nom est plutôt bien passé, à vrai dire les gens sont plus intéressé par notre action et ce que nous faisons de manière désintéréssée (au sens pécunier) pour la communauté de la musique libre. Sur tous les gens rencontré, on a eu une seule question « pourquoi dogmazic », je m’attendais à plus, mais lorsque nous avons présenté le site, ses fonctionalités, décrit nos actions sur le terrain, le nom ne parait plus qu’un détail cosmétique, que bien sur certains tatillons auront tout loisir de décrier, critiquer, analyser…Pendant ce temps on préfère continuer à penser à toutes les actions et l’énorme travail qu’il reste à accomplir…Quant à la forme du lustre, ou le nom de la maison, ça se discute, certes, mais je ne pense pas que là est l’essentiel…

Evidemment on a eu pas mal de gens qui ont vu DOG, en premier et pas « dogma », ce qui a rendu la chose d’autant plus sympathique!

[Aucun Sujet] (Score obtenu : 1)
par manchot le Dimanche 24 septembre 2006 @ 19:53:57

Je comprend le mot « dogme » comme une ligne de conduite, une espece « d’avis », un contenant, donc, et pas un contenu. Un « dogme du libre » n’est donc pas, à mon avis, mal approprié, au contraire.

Musique Libre – Atelier sur le droit d’auteur au stage de musiques traditionnelles Mydriase

À l’occasion du 26ème stage de musique traditionnel organisé par l’association Mydriase, organisé du 13 au 19 août 2017 à Saint Ismier (Isère), je me suis incrusté le temps d’un atelier d’une heure sur le droit d’auteur qui a réuni une trentaine de participants.

Il s’agissait de la première fois qu’un tel sujet était abordé pendant cette semaine consacrée à l’apprentissage de la musique. J’ai donc pris le parti de revenir au fondamentaux en lisant et expliquant des extraits du code de la propriété intellectuelle.

Cela a conduit à des discussions très intéressantes, et nous a amené à parler du copyright ou de la Sacem, ainsi que bien entendu des licences libres.

Plusieurs questions auxquelles je n’avais pas de réponses se sont aussi posées :

  • Sur les usages du droit d’auteur ou du copyright dans les autres états européens.
  • Sur les moyens de vérifier qu’une œuvre soit dans le domaine public (pour les airs traditionnels).
  • Ou encore sur l’application du droit d’auteur en cas de double nationalité.

C’est tout un tas de points que j’améliorerai dans les ateliers futurs.

Un grand merci à Mydriase pour ce sympathique moment !