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Le Cinéma Voyageur : des films libres et ambulants

Musique libre nous parle aussi de cultures libres. Une association, le Cinéma Voyageur, qu’on connaît bien sur Lyon puisqu’ils participent au festival Ça Fait Zizir tous les ans, a créé ce site.

Présentations !

« Un Cinéma libre et ambulant posant ses bagages ici ou là, au gré de ses envies, pour proposer une programmation qui émerveille, gratte et chatouille. Un autre chemin dans les méandres d’un système où l’image et la création sont devenues des objets de consommation. Le Cinéma Voyageur projette des films de libre diffusion, et invite à l’échange d’expériences, de points de vue, de questionnements, dans une atmosphère intimiste sous le chapiteau, sur le troittoir d’à coté ou autour d’un repas partagé. »

Télécharger la brochure 2014 du Cinéma Voyageur

Télécharger la fiche technique du Cinéma Voyageur

Comment choisi-t-on nos films ?

Au cours de l’année, on amasse des  films que l’on nous a glissé sous l’oreiller, dans une enveloppe ou  dans la main. Il y en a aussi que l’on a contribué à produire, en y  réfléchissant des nuits entières, en appuyant sur le bouton « on » de la  caméra, en plantant des clous pour le décors ou en cherchant quelques  sous dans des poches trouées.
On les regarde, on en discute. Cette  année, les films ont aussi subi un « Crash test » avec un public !
Et puis, à  coup de débats enflammés sur la forme, le fond, les couleurs, l’émotion, on a choisi ceux que l’on voulait mettre dans nos valises.
Y’a aussi l’envie du ou des réalisateur(s) de faire partager son film qui compte beaucoup pour nous. Car nous avons une allergie maladive à la poussière, celle qui recouvre les œuvres qui ne sont faites que pour une élite bien pensante dans des salles confinées. Nous avons aussi des  contre-indication pour celles qui ne sont faites qu’à des fins  commerciales. Nous aimons ce qui est fait pour être partagé. Et comme  nous espérons le syndrome du Cinéma Voyageur contagieux, nous avons  envie de montrer des films qui sont remontrables par d’autres sur  d’autres toiles.
La plupart des films du Cinéma Voyageur sont dans des licences de libre diffusion (Creative commons, Art libre…). Ces licences permettent aux  réalisateurs de partager leurs œuvres tout en conservant leur droit  d’auteur. Et nous, ça nous permet de prendre plaisir à les diffuser. Par la vente de leurs DVD et par la diffusion, nous soutenons ces films.

Leur itinéraire cette année :

Itinéraire du Cinéma Voyageur

Les Trackers

À l’origine des tracker était une constatation, celle que les mémoires des machines étaient faibles et qu’elles ne pouvaient modifier à la volée les sons. un peu comme le principe du MIDI, nous avons donc dans chaque « module », les sons en brut, puis les instructions pour les jouer. C’est cette particularité qui permet à des musiques faites sous tracker de ne pas prendre beaucoup de place (on utilise alors beaucoup de formes d’ondes de quelques ms). Puisque tout est lisible et visible, les sons comme les instructions pour les jouer, on a là les prémices de ce qu’on pourrait appeler « faire de la musique open source », car toutes les sources sont ici disponibles, exploitables et exportables…

Un module est un fichier informatique destiné à du contenu audio numérique contenant à la fois une partition de musique pour plusieurs instruments, ainsi que deséchantillons des notes des instruments en question. Un logiciel lecteur de modules effectue donc la synthèse de la musique à partir de ces deux données.

Les modules différent aussi bien des fichiers sons qui reposent sur un échantillonnage du signal audio pendant toute la durée de l’interprétation d’un morceau (comme WAVEMP3OGG ou AAC), que des fichiers MIDI ou des Chiptunes qui ne contiennent qu’une partition. Contrairement aux fichiers sons, et comme dans le cas des fichiers MIDI, la musique issue d’un module est synthétisée au moment de la lecture à partir d’échantillons de notes, ce qui assure une grande compacité au format. Cependant, dans le système MIDI ces échantillons de notes se trouvent sur le système de lecture : l’interprétation est donc différente selon le système. Le système des chiptunes est analogue au système MIDI, à ceci près que la synthèse de la musique n’utilise pas d’échantillons de notes mais un circuit générateur de son, donc dépendant lui aussi du matériel utilisé. Au contraire, les modules intègrent les échantillons voulus dans le fichier lui-même, ce qui garantit une synthèse identique quel que soit le lecteur.

Les logiciels qui permettent de composer de la musique sous forme de modules sont appelés trackers ou sound trackers.

Source : Article Wikipédia sur les modules.

Ce sont ces « trackers » qui ont fait les belles années des Atari et Amiga restent encore populaires dans les milieux underground musicaux. Musique 8 Bits, de jeux vidéos, styles électro… tous ces styles s’écoutent encore sur la web-radio Nectarine.

Il existe une pléthore de sites de modules, parmi les plus célèbres, The Mod Archive, Nectarine, Scene.org

Sous Linux pour créer des modules, vous avez :

Radium

Un tracker dans le plus pur style.  Radium est un logiciel dans la plus pure tradition des tracker, tout en ajoutant une dose de modernité qui en fait une solution complète.

Radium

Renoise

Un des logiciels les plus connus aujourd’hui en matière de tracker. Puissant, moderne (prise en charge des VST), il est adopté par pas mal de gens.

Renoise

D’autres logiciels ici.

 

À vous jouer !

Conseils en droits d’auteurs

Parce que nous avions eu dans le passé un partenariat avec Olivier RAMOUL, je viens de voir cette présentation passer dans le journal de la ville de Bègles concernant son activité de conseil en droit d’auteurs.

Évidemment, nous soutenons toujours son initiative tournée vers les auteurs. À l’époque, Olivier RAMOUL officiait dans le cadre de l’association Plateforme.

Aujourd’hui, l’article ci-après, vous permettra d’en savoir plus sur son activité basée sur Bordeaux, dont le site PAJDA est le témoin de son activité au service des auteurs et des personnes qui les diffusent.

DGZ-Olivier-Ramoul-PAJDA
N’oubliez pas aussi notre documentation, très utile pour tout ceux qui désirent en savoir plus !

Musique Maestro !

Une fois n’est pas coutume, entre diverses nouvelles concernant la migration du site, et notre dernière AG, voici une news sur la musique !

On en oublierai presque que Musique Libre est un site avant toutes choses, de musiques.

Cette liste est tirée du forum Machinery Attack, un site spécialisé dans la musique industrielle, donc la sélection est forcément spécialisée dans ce domaine, mais pas que.

Source : http://machineryattack.forumgratuit.org/t112-telechargements-gratuits-et-legaux-free-netlabels-et-cie

Vous trouverez ici une liste d’organisations (labels, blogs, associations…) proposant de télécharger gratuitement et légalement les travaux de musiciens en tous genres.
De bonnes découvertes vous attendent ! Larry.

  • Deadknife Records
    http://deadkniferecords.blogspot.fr/
    We support A large arsenal of artists with a vast genre range mostly supporting Industrial, Metal, Dark Experimental, black metal, death metal, Thrash Metal, Ambient, Drone, Noise and Much more.
  • Death to Music Productions (anti record label)
    http://www.deathtomusic.com/
    Founded in 2007, we have expanded to include a variety of molested musicians, aggravated artists, perturbed producers and, in general, all-round fucked-up and fucked-off creative types who are either all too aware of the nature of the music “industry”, or would rather just do it themselves.
    Mêmes styles de musique que précédemment.
  • Splitterblast Records
    http://www.splitterblast.own.cz/
    Currently the label is specialized to: Speedcore, Splittercore & Terror music.
  • Death Metal Invasion
    http://deathmetalinvasion.blogspot.com/
    DMI features only FREE demo/promo/album material received directly from bands/labels or material which is already freely available on the band’s site.
  • Chabane’s Records
    http://chabanesrds.perso.sfr.fr/
    Centré pour l’instant sur le Metal, le Grunge le Punk, et plus généralement le Rock au sens large, il est ouvert à tous les styles dont les acteurs partagent la même philosophie.
  • Smell The Stench Net Label
    http://www.smellthestench.net/net.htm
    Un label de noise/ambiant/black et autre truc vachement joyeux.
  • Auboutdufil
    http://www.auboutdufil.com/
    Découvertes de musiques libres (tous styles)
  • Torn Flesh Records
    http://www.archive.org/details/tornfleshrecords
    Torn Flesh Records is dedicated to working with and releasing Grindcore (all sub types), Death, Metal (all types), Industrial, Experimental/Electronic, and Extreme Rock (Punk, Psychobilly, Glitch, Breakcore, Doom, Dark Ambient, Noise, etc.) genres. All releases are free to download.
  • Webbed Hand Records
    http://www.webbedhandrecords.com/
    Ambient and Experimental Music Netlabel
  • Wildness Records
    http://wildness.e-monsite.com/
    Wildness was first a non-benefit association create in 2006 in Roanne (France). Our goal was to support and promote extreme metal and hard electronic in this little town who was and are always very poor about alternative culture and culture in general. At this time we was focusing on releasing D.I.Y release, cd-r, compilation, album , editing fanzine & organising few gigs to try to dynamise it.
  • NKS International
    http://nksinternational.free.fr/
    nettement orienté electro / breakcore /etc.
  • Circumanalis Records
    http://nistavilo.net/circumanalis/
    Circumanalis Records was a one-man operated DIY label from Croatia which actively and joyfully released ambient, noise, drone, industrial, experimental and similar artists from 2007 to 2010
    n’est plus actif, mais le catalogue est tjoujours dispo en téléchargement. orienté indus/expé principalement.
  • Taenia Solium
    http://taenia-solium.net/
    Taenia solium est un collectif qui existe depuis 2003, aujourd’hui avec un noyau de 5 personnes, et une douzaine et demi de complices.
    On aime toutes et tous la musique, surtout celle avec de la la folie, du rock and roll, de l’émotion et du jemenfoutisme. C’est pour ça qu’on aime pas l’industrie musicale, parce qu’elle sent le plastique brillant, la javel professionnelle et l’argent.
    On pense que la propriété intellectuelle est un frein à la créativité et à l’imagination. C’est pourquoi nos productions sont soit sans copyright, soit sous licences libres, et téléchargeables librement. Pour autant, on est critiques sur le côté consumériste amené par Internet.
  • Vault 106
    http://vault106.tuxfamily.org/
    Nous sommes un netlabel libre sous licence creative commons.
    Même si il est à dominante électro le label se veut ouvert, ainsi quelle que soit la musique que vous faites n’hésitez pas à nous faire parvenir un cd ou quelques mp3 si vous voulez participer à la vie du netlabel
  • Radical Matters
    http://www.radicalmatters.com/
    Radical Matters is an independent publishing house / records label directed by Sandro Gronchi: focused on a transgressive design of ideas, objects and media communication.
    le label propose pas mal de séries limitées physiques, mais une partie de son catalogue est dispo en téléhargement libre (rubrique « web edition » du site). orientation : noise, dark, black metal, ritual…
  • Tree Records
    http://www.myspace.com/recordsfromthetree
    label d’un ancien collaborateur de Chabane’s Records, n’est malheureusement plus actif. quelques sorties pop/rock/alternatif toujours disponibles en téléchargement libre.
  • Dark:Scene Records
    http://www.darkscenerecords.co.nr/
    Crime:Scene is a net-based non-profit record label and scene promoter – calibrated to deal with underground music scene in Serbia and ExYu region. Started in 2006. We promote ExYu dark & underground music. We organize concerts and fucked up parties. We are not you!
    Celui-là devrait bien vous plaire sur ce forum, les groupes sont principalement orientée vers la scène industrielle.
  • Splitterkor Rekordz
    http://www.skrd.npx.pl/news.php
    SKRD!!! is specialized in Terrorcore, Speedcore and Extratone in conjunction with Breakcore and Noise.
    Spécialisé en Techno extrême.
  • D-TRASH Records
    http://www.lunaticfringe.org/~schizoid/dtrashrecords/
    For those who know it, it needs no introduction. Probably the best Digital Hardcore label nowadays. All releases available online (something to admire in current times), and many of them are top quality stuff. Breakcore/Speedcore/Digital Hardcore/Noise/Dark Ambient/IDM. This label shows everything packed under a form of irreverence and mostly, anti-commercial feeling. Worth listening and supporting!
    Principalement Indus / Noise / Experimental.
  • Alter-X
    http://absetzer.alter-x.net/ (Powernoise & assimilés)
    http://line.alter-x.net/ (Ambient, IDM & assimilés)
    http://space.alter-x.net/ (musiques spatiales et cosmiques)
  • Zorch Factory Records
    http://www.zorchfactoryrecords.com/
    Created by in March 2008, the label proposes its promotion and download features to bands, projects and artists working in a same direction, an indie, underground and DIY attitude.
    Musiques industrielles et expérimentales.
  • Kopp Netlabel
    http://koppnetlabel.blogspot.com/
    Dedicated to releasing dark ambient atmospheric and underground electronic musics.
    Dans un autre registre plutot post punk, le label de manu zorch.
  • IDMF Label
    http://label.idmforums.com/
    http://soundcloud.com/idmforums-collective
    The IDMf Netlabel is a gathering of like minded artists & people fueled with a passion for Electronic Music, Sound Design & Glitch
  • Synthematik
    http://synthematik.net/
    Synthematik is aimed at promoting and distributing music from talented, but lesser known synth / electro / industrial artists.
  • Planeta Modular
    http://www.planetamodular.com/
    Site qui offre le téléchargement de mixes ou de lives (pas seulement indus, il y a aussi de la techno et encore d’autres trucs)
  • Cyanur Prod
    http://cyanurprod.wifeo.com/
    Cyanur prod est un net Label pour musique Dark folk, Neo folk, Dark ambient, Rituel, Martial, Indus, medieval…

Migration

Ces prochains jours nous allons migrer notre infrastructure vers une autre solution, hébergée par Aquilenet, FAI associatif. Il y aura certainement dans les heures qui viennent des soucis quant à l’accès du site, au forum… Vous pourrez toujours nous contacter et avoir des nouvelles en réel sur l’IRC (chat en ligne) de l’association.

Cette migration s’inscrit dans notre volonté de réduire nos coûts d’infrastructure (par 10) afin de mieux répondre aux réalités de notre association, telles que définies dans notre dernier rapport d’Assemblée Générale Extraordinaire.

migration

Musique Libre à Avatarium

projet-web

MACHINATION… « L’art ancien de délimiter des espaces s’opère désormais avec de nouveaux raffinements. Des extensions technologiques ouvrent la perspective de fructueuses combinaisons avec les pierres, le béton, les grillages, les barbelés ou les haies.
Ces nouvelles clôtures peuvent être composées de capteurs thermiques et acoustiques, de radars détecteurs de mouvement ou encore de caméras de surveillance. Connectées les unes aux autres, ces technologies devraient permettre un monitoring constant et automatisé de zones protégées. Ensemble, elles dessinent les contours d’une enceinte dite « virtuelle », capable d’appréhender l’intrusion d’un corps étranger ou, à l’inverse, l’évasion d’un corps indigène.
 » [1].

Pour cette quinzième édition du festival AVATARIUM, l’association AVATARIA fêtera un quart de siècle d’existence… Fort de cette jeunesse retrouvée le festival se déplace d’avril mai (du 15 au 18) pour encore plus de chaleur humaine. Découvrez un programme dense (danse ?) fait d’ateliers, de concerts, de performances, de conférences et expo !

Conférence autour de la musique libre.

Mardi 13 mai | le Méliès | 20h | prix libre

[AVATARIUM #15] PROGRAMME & DETAILS

Conférence « Le Libre est un outil de maîtrise technologique, a-t-il des limites ? Qu’en est-il d’un Libre qui se passerait de l’informatique et des réseaux ? » par Simon Chanson, secrétaire de « Musique Libre ! » et président de « Formats Libres »

Projection du film « The Nanook Incident« , montage autogène du film Nanouk l’Esquimau (Nanook Of The North) de Robert Flaherty (1922).

 

Simon Chanson est musicien et photographe, il est aussi, depuis 2011, secrétaire de « Musique Libre !  » et président de « Formats Libres » (association de promotion de l’Art Libre).
Il travaille sur l’inclusion de l’Art dans le Libre et la considération du mouvement Libre comme un mouvement d’Art contemporain à part entière.

2ème édition du festival international du cinéma libre : envoyez vos films !

2ème édition du festival international du cinéma libre : envoyez vos films !

Hambourg (Allemagne) 29,30 & 31 août 2014

Organisé par un collectif franco-allemand, le festival donne rendez-vous à tous ceux qui produisent et apprécient le cinéma en rupture avec l’industrie cinématographique. Comme l’année dernière, la part belle sera faite aux films libres de droits (creative commons, licence art libre, pas de licence du tout) mais aussii aux films autoproduits, expérimentaux, financés de façon alternative,  “amateurs”, hors-format, etc.

On attend tous vos films qui dans leurs manières d’être produits, diffusés, dans la forme et/ou dans le fond, nous libèrent des images dominantes et standardisées.

Merci d’envoyer vos films avant le 15 juin 2014 avec le formulaire d’inscription à cette adresse :

  • par  la poste  (CD, DVD ou cartes mémoire) :

FESTIVAL INTERNATIONAL CINEMA LIBRE

Kleiner Schäferkamp 50a

20357 Hamburg

GERMANY

Les licences libres ne suffisent pas !

bateau2

Ces dernières années, des actions localisées, éclatées, fébriles, ont enfanté une contestation amoureuse d’elle-même, une galaxie d’impatiences et d’impuissances, une succession de découragements

Serge Halimi, Stratégies pour une reconquête, Le Monde Diplomatique, Septembre 2013.

 

Cette citation de Serge Halimi s’inscrit dans un article qui vise à donner des pistes aux militants de tous poils pour mettre en place une action efficace pour rétablir un peu de justice dans ce bas monde. Or, il me semble que cette dernière  s’applique parfaitement au mouvement du libre. Malgré les fleurs que nous nous envoyons à longueur de forum, je constate année après année que les gens s’usent et se renfrognent faute de véritables victoires…

Les licences libres ne sont pas magiques…

J’ai longtemps cru au mythe fondateur du Libre : les licences libres allaient faire naître toute une panoplie de pratiques tellement fabuleuses qu’elles emporteraient dans un raz-de-marée les pratiques privatrices. Je nous croyais invincibles car, tel le virus, nous étions tenaces, mutants et contagieux !

Je n’ai jamais cessé une seul seconde de croire que le partage et la culture (du) libre allait améliorer les choses, et je m’émerveille tous les jours des prouesses des hackers et des partageux de tout pays. Cependant, il y a un aspect de mon conte de fée que j’ai dû remettre en question : les outils (juridiques, techniques, virtuels,…) que nous fabriquons ne sont pas magiques. Non seulement ils peuvent devenir inutiles si on s’en sert mal, mais ils peuvent aussi être utilisés contre nous !

Un(e) licence/logiciel/machine libre est un outil et rien de plus !

Cette introduction sonne comme un tas d’évidences et vous commencez peut-être à croire que je vous prends pour des buses ! Il n’en est rien, et si je prends la peine de poser tout ça par écrit, c’est bel et bien parce que la croyance que les licences libres se suffisent à elles mêmes est diablement tenace dans notre mouvement !

Certes, cet outil -comme tout outil- aura permis, par sa seule existence, des changements et des avancées significatives. Cependant -comme tout outil- il ne fera jamais rien de plus que ce qu’on lui fera faire !

Il y a beaucoup d’exemples d’outils fabuleux porteurs d’espoirs qui ont été vidés de leur sève. L’un d’entre eux se trouve d’ailleurs juste sous votre nez. Je parle bien entendu d’Internet !

Internet, porte en lui les germes de l’abolition des frontières, du partage sans limite, de la communication sans barrières… Cependant cela n’est pas si simple, car dès qu’un outil est potentiellement source de pouvoir (ou de perte de pouvoir), il devient source d’enjeux.

Or, bien qu’internet soit un espace virtuellement infini, nous constatons de plus en plus que ces enjeux ne peuvent pas coexister pacifiquement. C’est d’ailleurs pour cela que la Quadrature du Net, l’April ainsi que bien d’autres associations doivent se battre quotidiennement pour éviter que les pousses de liberté semées par les pionniers du net se retrouvent écrasées par un centre commercial virtuel géant.

De révolutionnaire à publicitaire il n’y a qu’un pas

Ce qui est vrai pour internet l’est tout autant pour les licences libres. Après avoir bossé 2 ans dans une boite qui vend de l’open-source, je puis vous affirmer que les quatre libertés fondamentales ne changent que très peu les pratiques quotidienne d’un éditeur de logiciel. Il s’agit d’un argument de vente efficace mais les relations fournisseurs/clients obéissent aux mêmes règles que celles d’un éditeur propriétaire. Il en va de même pour la culture :  récemment, la SACEM nous aura également prouvé qu’il suffisait d’un accord pour réduire les Creative Commons au rang de vulgaire objet promotionnel pour leurs sociétaires

Un outil doit servir un but et non l’inverse

Ces détournements des licences libres prouvent bien qu’un outil doit être un moyen et non une fin. Ça paraît relever du bon sens, mais force est de constater que les libristes affichent (pour la plupart) la diffusion des licences libre comme unique objectif ; il est très rare de voir des gens se questionner sur ce qui se passera après ( que faire si ça marche ? que faisons-nous si ça ne marche pas ?).

Or cela pose de nombreux problèmes :

  • Les débats se cristallisent sur les outils ce qui empêche toute mise en perspective ou élargissement (d’autant plus que de choisir un outil sans but est absurde… C’est comme choisir une mèche de perceuse sans savoir si le mur est en béton ou en bois)
  • De fausses dissensions apparaissent sur des détails faute de pouvoir prendre la hauteur pour constater que le débat est absurde (et si je vous disais que la clause NC et la clause SA peuvent servir le même objectif… )
  • Personne ne remarquera, ni qu’un outil obsolète ou inefficace, ni l’apparition d’un meilleur outil (ce qui revient à défendre mordicus votre mèche à bois, même après avoir en avoir usé 10cm sur un mur en béton – parce que vous comprenez, une mèche c’est cher et le magasin il est loin).

En d’autres termes, toute discussion de l’outil est confondue avec une discussion sur le but,  ce qui fausse complètement tout débat.  Pour filer ma métaphore de trou, c’est comme si vous disiez à votre collègue que sa mèche n’est pas bonne et qu’il vous rétorque  : « On a besoin de percer un trou là ! Si tu comptes m’en empêcher va-t-en tu ne m’aides pas ! ». L’objectif (percer un trou) et le moyen (la mèche) sont mêlés : la discussion est impossible.

En face, ils ne confondent pas…

A l’inverse, il est bon de noter que l’une des principales caractéristiques du capitalisme (il faut appeler un chat un chat) est de combiner un but infiniment simpliste (accumulation maximale de richesse) avec une absence totale d’état d’âme concernant les moyens. Lorsque les licences libres sont instrumentalisées par Google, il n’y a pas de tergiversation sur le but de ses dernières : ils s’en emparent tant qu’elles présentent un intérêt et les abandonneront du jour au lendemain quand ça cessera d’être le cas !

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Quels objectifs ? Le projet politique !

Pour les moyens, pas de soucis : on est bon ! On a des logiciels super, des juristes super, des machines super et plein d’idées géniales ! Bref, on a toutes les meilleures mèches de perceuse du monde (oui j’aime ma métaphore). Vous l’aurez compris le problème, c’est le but. Le but lointain, grand, beau et inatteignable vers lequel on veut aller, l’horizon pour lequel on se bat.  Or, là aussi il faut appeler un chat un chat : cela s’appelle un projet politique.

Qu’ouï-je ? Politique !?

(au vu des incompréhensions systématique du terme « politique », un aparté s’impose !)

La Politique est une magnifique idée. Cela consiste tout bêtement à se rendre compte que l’on n’est pas seul au monde et qu’il va falloir trouver des solutions communes avec les gens de son espèce dans le respect de son environnement (ce qui ressemble pas mal au Libre quand on y pense). Or, pour beaucoup de gens, la confusion est totale entre politique, politicien, parti politique… malheureusement, cela entraîne le plus souvent un rejet immédiat…

Or refuser le Politique revient implicitement à laisser les pleins pouvoirs aux professionnels de la politique (qui sont, sans surprise -depuis les années 80-  les premiers à entretenir une idée de fin de la politique et de fin des idéologies). Le principe d’une élite qui refuse que le bas peuple l’ampute de ses privilèges est quelque chose que l’on retrouve aussi dans le débat  musiciens amateurs vs professionnels.

C’est quoi le projet politique du libre, alors ?

Il n’y a pas un projet politique, mais des projets politiques !  Sauf que, vu que personne ne prend la peine d’identifier clairement ses buts, le mouvement du libre finit par ressembler à une galère où chaque rameur s’active dans une direction sans savoir où les autres veulent aller (et sans savoir trop où lui-même veut aller) ! Or, lorsque que personne ne rame à l’unisson, tout le monde s’épuise avec, en prime, la frustration de voir notre beau bateau emporté par le courant dominant.

Il serait grand temps d’arrêter de ramer n’importe comment et de savoir qui veut aller où ! Pour prendre un exemple extrême (mais réel) : certains voient le libre comme d’un outil de lutte contre le capitalisme tandis que d’autres y voient un moyen de booster la compétitivité des entreprises… Peut-être vaudrait-il mieux les mettre dans des bateaux différents, n’est-ce pas ?

Libristes vous voulez ramer vers où ?

Si vous faites du libre parce que vous trouvez ça pratique, c’est parfait ! Je ne dis pas qu’il faut tous qu’on se mette à rêver du grand soir ! Je pointe juste du doigt le fait que sans projets politiques – en parallèle des utilisateurs a-politiques- le mouvement du libre stagnera ou disparaîtra.

Un intérêt pour chaque initiative…

Si vous faites parti d’une initiative libre et que vous y êtes pour changer le monde -et pas seulement votre ordinateur (je sais qu’il y en a parmi vous)- il faut définir vers quoi vous allez. En effet, il y a fort à parier que vous avez déjà un projet politique tacite que vous partagez avec vos collègues mais que vous n’avez jamais pris la peine de formuler. Or, clairement identifier ses buts est tout bénef. Loin de « fermer » votre initiative, c’est tout l’inverse qu’il se passera :

  • Cela permet aux nouveaux venus de savoir s’ils se reconnaissent dans votre initiative (sans ça, ceux qui devaient partir partiront quand même… mais avec une perte d’énergie pour les deux partis)
  • Un but permet de cadrer les débats stériles (voir plus haut)
  • Contrairement à ce que vous pouvez penser, cela simplifie les compromis (il n’y a pas de suspicion de « trahison » si le compromis est clairement identifié comme une étape nécessaire entre la situation actuelle et le but)
  • Créer des liens forts (les liens basés sur des valeurs et des objectifs communs sont les plus solides qui soient)
  • Créer des liens en dehors du microcosme libriste (si vous avez de grands objectifs, ils dépassent forcément la sphère du libre et seront forcément partagés par d’autres dans d’autres domaines)
  • Avoir des actions plus larges (le libre n’est pas isolé du monde, ainsi des lois, des politiques économiques ou des normes culturelles peuvent faire infiniment plus de mal au Libre que des contraintes techniques – Ces grands obstacles sont insurmontables  si on ne partage pas le combat avec des acteurs hors libre)
  • Motivation ! (les combats du libre sont des combats de longue haleine où les victoires sont amenées à s’espacer. Si on ne sait pas vers quoi on marche difficile de se motiver…)

Et pour le Libre en général !

Comme dit plus haut, je n’ai aucun problème avec les mouvements a-politiques au sein du libre, il en faut. Cependant, si on veut qu’il reste des a-politiques qui s’enthousiasment  de tout ça, il faut aussi des éclaireurs qui veulent aller percer l’horizon pour ramener de nouveaux trésors.

Qui pour voguer à contre courant pour aller vers des contrées oubliées telle que l’égalitarisme ? L’économie du don? Vers l’écologisme numérique ? Le féminisme ?

 

Et Musique Libre ! alors ? prenons nous les rames ?