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Édito musical de dogmazic – novembre 2018

Bonjour et bienvenue dans cet édito mensuel de Dogmazic.net pour novembre 2018 !

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour octobre 2018

Un son électro rappelant les bandes musicales des jeux vidéos des années 1980/90 avec un rythme moins mécanique que le premier album.
LUCA : au début, un retour prononcé vers la vielle et la musique scandée d’antan, mais celle-ci électronisée (ou électrocutée… ?); tr*#*&hr#* : retiendra plus particulièrement l’attention il est peut-être l’aboutissement de cet album, il est plus proche de nous « conter » une histoire…

Du reggae ! Une production inattendue du compositeur de l’album Blyphtre a Pintocle, qui était déjà dans le premier édito. Du reggae instrumental, très tranquille, et qui se rapproche du dub mais avec les touches bruitistes habituelles de l’auteur. Cette fois-ci les lignes mélodiques sont au premier plan, et les effets sonores viennent comme des échos de petites machines étranges qui bougent leurs rouages tranquillement. Il y a de la place pour le mouvement dans cet album, un mouvement léger, peut-être un peu abstrait ou mécanique, je pense notamment au morceau 02 dub4p 2 remisk qui pourrait tout à fait servir de support pour une performance de danse contemporaine: les gestes tantôt se lancent dans l’espace, tantôt se coupent dans leur élan. Il y a des échos de boîte à musique, voire de ballerine mécanique, dans ce son ! Ou plutôt de ballerine en fin de soirée enfoncée dans le canap’ dans un coin d’une pièce enfumée, pour certains morceaux, comme 04 dub4p 4 remisk.

Voilà une publication qui nous pousse à nous interroger sur la notion même de « qu’est-ce que la musique »… Car, non, ce n’est pas de l’électro bruitiste, ni de la musique savante contemporaine et pas même du harsh-noise mais, bel et bien, une conversation parlée, qui semble être issue d’une émission de webradio, un dialogue qui tourne autour du thème du démarchage téléphonique.

Sur trois accords « Discolight » lance le rythme, à mi-parcours du titre un mélange -gitanique- nous rappelle que tout style musical est -osmosable-… Une transition par la pure techno « Technopat » et le dance « Take me hight » et nous passons à la note de calme commencée par la sensualité électronique de « Sensual mix » et nuancée en « Bluesy romance ». « Too much temptentions » nous recentre dans la valeur électronique-sérielle de l’album et nous prépare à atteindre la zone de sérénité « Sweet li » qui clos la pause avant un semblant de fuite à cheval par la cavalcade de « Dance Wave » et le parcours dans de grands espaces « Psy trance ». Étonnamment à l’époque où parait-il ce n’est plus d’actualité, la touche finale est un titre envoûtant et fabuleusement slow « Yin Yang » pour terminer un album captivant.

Un seul morceau dans cet album, morceau de hip-hop qui démarre sans parole pendant les 45 premières secondes, à tel point qu’au début j’ai cru que c’était un backtrack ! Ritournelle sonore sympathique, paroles en anglais, effets de pompage propre au musique HH/électro moderne, couple basse/rythme bien en place qui assoit le morceau, nappes de synthé qui viennent colorer le tout, tous les ingrédients du genre sont dans ce morceau. Ça n’est pas mon style habituel de musique et je n’ai pas cherché à écouter les paroles pour en saisir le texte, tout ce que je peux donc en dire est « ça passe pas mal ».

Trois cuivres, ils discutent et se disputent dans cette série de conciliabules qui nous apporte une salve de petits plaisirs guillerets. La succession des notes longues et coups de langues nous tiennent en alerte tout au long de cet album dont les titres donnent bien le contenu de ces conversations. A noter le bref hommage à Grieg pour l’insertion des quelques notes du « château du roi de la montagne » dans -allerRetour-. Le morceau final exprime bien la suite de moments de torpeur et d’agitation rythmant le long d’une journée.

Vive la suite !! Un départ digne de Webern suivi d’une soutenance ambitieuse approfondie, au loin quelques battements et on y arrive. Les différences de sonorités peuvent nous interpeller, mais le son est là. On navigue le long des vagues de doigts qui nous jette dans un mélange sauvage de glissements jusqu’à l’aboutissement et le retour à la tonalité. Oui, franchement, vivement la suite…

Là… y’a du métal dans les câbles ! De la descente dans les entrailles… Du sombre, de l’inquiétant… Des mélodies prenant la tête et interrompues par d’autres toutes aussi indéfectibles.

Toute une série d’albums republiés, une œuvre éclectique où se côtoient des styles électro et hard-rock en passant par des blues troublants.

Parmi cet envoi en nombre, j’ai choisi d’écouter BAE. Un électro à prédominance paisible, quelques chocs acoustiques dans « Incredible You » ou en fin de « Next Time ». Les enchaînements sériels sont heureusement dérangés dans leur continuité par des silences ou des interventions d’autres sons par petites touches plus ou moins vigoureuses. En piochant par-ci par-là dans les autres albums, j’ai entendu des titres de même facture, peut-être une constance chez cet artiste ?

 

 

Les pépites exhumées de l’archive

Une ambiance invraisemblable ! Si vous appréciez l’enchevêtrement blues/jazz/électro venez écouter ici.
Avant un titre final magique, Outro exprime un exercice de placement spatial des percussions attrayant ; ET le dernier titre de l’album : Nelly. Ce morceau nous engloutit dans une atmosphère nocturne pour deviner un paysage sans autres sons que cette musique, entièrement différentes des trois précédentes. On finit l’écoute dans un état indistinct…

ardoisebleue

The Nightchild est un groupe de goth-rock orienté cold-wave ou new-wave originaire d’Ukraine. Je sais que dit comme ça ça peut paraître un groupe anodin… Mais en fait, The Nightchild est une formation au talent musical dévastateur, avec des compositions d’une efficacité incroyable, aux mélodies inoubliables dès la première écoute, avec des clavier tournoyants, une basse surpuissante, une boite à rythme martelant sans relâche sur des motifs rock mid-tempo, une voix de vampire incroyablement maîtrisée, et une guitare parfaite, saturée, pour donner de la texture harmonique aux morceaux. Ils existent depuis 2003 ; on ne peut pas dire qu’ils ont abandonnés leurs fans à eux-même. Cet album date de 2011 mais depuis plusieurs autres opus sont sortis, toujours sous licence ouverte, mais je recommande particulièrement ce Another Shadow à cause du titre en forme d’apothéose qui clôture l’album, « Closer », qui est sans doute de toutes leurs composition celle qui a eu le plus d’impact chez moi, c’est vraiment une chanson monumentale -et pourtant, The Nighchild maintient toujours la moyenne très haut, sans jamais de titre faiblards, même juste un peu. Je recommande sans restriction.

shangril

Alors celui-là, c’est un des Graal ultimes dans mes favoris sur Dogmazic, et même toutes écoutes confondues. Des paroles drôles, des jeux de mots partout, et même une vraie réflexion sur le monde actuel sans tomber dans la facilité du « c’est nul, c’est tous des cons », des rimes et des rythmes qui pulvérisent la non-créativité musicale de la production industrielle et de celles et ceux qui la copie, bref, une perle pour moi ! Ajouter à ça un mélange savamment dosé de styles musicaux et d’énergies contagieuses comprenant en vrac des influences provenant du funk, de la chanson française, du beat-box, du rock voire du métal, du latino, du 8-bits (chiptune), des touches de musique zappa-esque, du groove,… bref, un trésor partagé pour la magie des capacités des humains à produire du beau, du bien, et du vrai, et une belle claque en perspective si vous ne connaissiez pas encore !

Un autre plusse qui fait vibrer la corde libre en moi, est que cet album a été entièrement réalisé et fabriqué avec du logiciel libre, l’enregistrement, le mixage, et même le mastering et la pochette ! Énorme bravo pour cela ! Comme quoi, c’est possible !

Du côté anecdotique pour celles et ceux qui aiment cela, c’est que le musicien à l’origine de cet album a été, fut un temps, l’un des membres de Sebkha-Chott, groupe bien connu de la « scène libre » française.

Vous pouvez en savoir davantage sur le bonhomme et le projet sur le site officiel et même acheter des versions CD et/ou faire des dons (parce que les artistes sont comme les autres humains et ne vivent pas seulement d’amour et d’eau fraîche !) sur cette page.

olinuxx/trebmuh

 

 

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois de novembre 2018 : Ladee, Shangril, ardoisebleue, et olinuxx/trebmuh.

Il est issu d’un travail collaboratif fait par ceux et celles qui s’impliquent dans la vie du projet. Si vous souhaitez contribuer à un prochain édito, voici le fil de forum consacré au prochain épisode de ce travail commun, rendez vous sur le fil de forum de l’édito du mois sur http://forum.musique-libre.org

Cet éditorial est librement redistribuable selon les termes de http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0 et vous êtes fortement et librement invités et encouragés à redistribuer cet article ! Si vous le faites, mettrez nous le lien où vous l’avez redistribué en commentaire de cet article, ça nous fera plaisir.

 

 

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Édito musical de dogmazic – octobre 2018

Bonjour et bienvenue dans ce premier édito mensuel de Dogmazic.net, pour le mois d’octobre 2018 !

Nous ne savons pas encore si c’est une bonne idée ou pas, si nous continuerons ou pas, et si les fusées spatiales ça donne la nausée ou pas, mais voici le premier éditorial du type, un genre de test quoi, et sa continuation dépendra probablement de si ça nous amuse de continuer de le faire, des réactions, des commentaires, des participations à l’écriture… L’idée générale est de pouvoir faire une revue des nouveautés déposées dans l’archive chaque mois, avec également quelques descriptions de la part de membres, de certains albums de l’archive qu’ils apprécient particulièrement. Histoire de dynamiser un peu la communauté.

Allez zou, assez de blabla, commençons tout de suite avec la Musique, parce qu’on est toutes et tous là pour ça à la base, et plus particulièrement les nouveaux albums récemment publiés sur l’archive musicale Dogmazic.net ! C’est parti !

 

 

Nouvelles publications sur Dogmazic.net pour septembre 2018

Et hop ! Un son bien enlevé, un placement spatial qui nous fait bien ressentir agréablement le toucher des instruments, nous avons même les pouces des pieds qui battent à l’écoute de « Allons voir ». Il y a, dans la moitié finale, de la « polka du père Frédéric » un genre de déstabilisation peut-être due au sous-titre kubi..polka.

Et voilà ici Grande Ourse, avec un LP au zapping forcené ! Ne vous étonnez pas si le style – et le tempo – varie drastiquement d’une mesure à l’autre ! Un album qu’on pourrait presque – n’étant le zappage de style quasi épileptique – ranger du coté du trip-hop à tendance énervée. Notez que l’album comporte 5 pistes seulement, mais de plus d’une vingtaine de minutes chacune.

Un album d’électro expérimental bruitiste aux noms de pistes abracadabrants (ils rappellent le poème La chasse au Snark de Lewis Caroll !), essentiellement rythmique, de dix pistes qui se bâtissent sur des micro-variations de timbre et des ajouts sonores progressifs. On peut facilement imaginer en écoutant les trottinements d’animaux bizarres… attention, dans certains morceaux (par exemple L’Insturgole d’Epifrate) les aigus sont à la limite du strident.

Un album du même artiste et de la même année (2016) et qui cette fois-ci s’articule autour de lentes explorations bruitistes et même inharmoniques autour d’une viole à roue (c’est l’instrument que suggère le titre !). Les rythmes y sont tantôt dilués au bord de l’absence, tantôt sourds et obstinés à la manière d’une rave party, ou constituent la trame comme dans Violaroue Soul.

Cette fois-ci, changement complet de style avec un album jazzy où un clavier, un violon et une contrebasse nous immergent dans cette ambiance de fond de bar, à causer de choses sans importance, où, assourdissant nos voix,nous chuchotons des mots qui se confondent dans cette musique qui nous enveloppe… « Alice in wonderland » pourrait nous sortir de la torpeur, mais « high modes » nous replonge dans cette langueur qui nous fera finir la soirée dans la sérénité.

 

 

Les pépites exhumées de l’archive

Un album de 2011. Un des premiers albums enregistrés avec des outils GNU/linux où je me suis dit « whaou, il déchire lui ! ». Alors le côté « enregistré avec des outils GNU/linux », vous vous doutez (pour celles et ceux qui me connaissent) que c’est un point en plusse pour moi, mais ici je vais surtout parler du fait que j’y ai trouvé également une belle originalité musicale dans cet album. Alors OK, les batteries sont un peu légères (dans le sens où elles sonnent un peu boîtes à rythme, pas très vivantes), mais ça ne m’a pas gêné beaucoup et je ne sais pas diable pourquoi ! Étant batteur/percussionniste (et prof de musique en associatif pendant 10 ans), j’ai d’habitude tendance à jeter à la poubelle vite fait quand c’est pas un vrai musicien. Mais là, voilà, je n’ai foutrement aucune idée du pourquoi ça ne me gène pas plusse que ça, et pourquoi ça me met même un petit sourire en coin quand je cale mon oreille sur la partie batterie de ces morceaux. Probablement que le fait qu’il se passe des tas de trucs à la guitare happe mon attention et m’empêche de sortir de cet espèce de monde musical perché entre du Vaï/Satriani et un genre de monde parallèle de manga asiat’ revu par un esprit européen. J’en sais rien en fait. J’essaie de me l’expliquer tout en écrivant ces quelques lignes de revue, mais je ne suis qu’à moitié convaincu de mon explication. Et même probablement moins qu’une moitié. Et puis en fait, je m’en s’coue un peu les sourcils du pourquoi du comment car, pour de vrai, j’aime bien, et à chaque fois que je l’écoute cet album, je ne déchante pas. Alors sus aux explications psychologisantes, le ressenti y’a que ça de vrai ! Bonne écoute à vous et mes amitiés à vos cultures musicales.

trebmuh (aka olinuxx)

Ah ben moi si on me demande, juste comme ça, de sortir un album direct depuis Dogmazic qui pourrait plaire à tout le monde, et même à votre grand-mère, je sors direct Icon Girl Pistols, un très très bon groupe japonais -et, ils chantent en japonais, mais je vous jure que -étrangement- ça se remarque absolument pas, et ça sonne terriblement anglo-saxon… Les tests en aveugle me l’ayant prouvés-. Depuis leurs débuts dans la scène libre, et on peut les remercier d’avoir « libéré » tant et tant de belles chansons… Depuis, oui, ils s’en sont allés vers d’autres cieux plus orientés « business », mais il nous reste ces excellentes compositions en demi teinte, illustrant à la perfection le « mood » qui fut, à une époque déjà lointaine, la fin de la décennie 00, et c’est un plaisir réel à écouter.

Shangril

Des rythmes, des envolées, une symbiose entre les douceurs des cordes et l’âpreté de la batterie. Gros écouteur de rock symphonique je trouve ici des sons qui m’enchantent. Ricochet nous propulse dans les strates aériennes… « Monsoon » nous y fait planer avant de redescendre avec « the big jump ». Tentez ce son entre vos deux oreilles !

ardoisebleue

 

 

Outro

Ont contribué à la rédaction de cet éditorial du mois d’octobre 2018 : Shangril, Ladee, trebmuh/olinuxx, et ardoisebleue.

Il est issu d’un travail collaboratif fait par ceux et celles qui s’impliquent dans la vie du projet. Si vous souhaitez contribuer à un prochain édito, voici le fil de forum consacré au prochain épisode de ce travail commun :
http://forum.musique-libre.org/discussion/7932/projet-dedito-mensuel-pour-novembre-2018

Cet éditorial est librement redistribuable selon les termes de http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0 et vous êtes fortement et librement invités et encouragés à redistribuer cet article ! Si vous le fait, mettrez nous le lien où vous l’avez redistribuez en commentaire de cet article, ça nous fera plaisir.

On se revoit aux environs du 10 novembre avec les nouveaux albums publiés courant octobre ; et pour commencer celui de Bololipsum qui vient tout juste d’arriver.

La bise à vous et à vos oreilles, et au mois prochain !

 

 

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Save the internet !

(tiré du site de l’APRIL)

Les 20 et 21 juin 2018 se tiendra un vote crucial au Parlement européen pour la sauvegarde d’un Internet libre et ouvert : les membres de la commission des affaires juridiques (JURI) voteront sur une version amendée, un texte dit « de compromis », de la proposition de directive sur le droit d’auteur. En effet, l’article 13 entend imposer aux plateformes d’hébergement la mise en place d’un filtrage généralisé et automatisé sur Internet des contenus que nous mettons en ligne. Vous pouvez arrêter ce désastre en demandant aux parlementaires européens de rejeter l’article 13. Une journée de mobilisation sur les réseaux sociaux est organisée mardi 12 juin. On compte sur vous !

Que pouvez-vous faire ?

Ce vote est la première étape cruciale avant le vote qui devrait se tenir en séance plénière avant la fin de l’année 2018. Le Parlement européen négociera le texte final dans le cadre d’un « trilogue » (plus d’informations en bas de page) avec le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne. Or la position de ces deux dernières institutions est déjà arrêtée : imposer aux plateformes d’hébergement la mise en place d’outils de censure automatique. Pour plus de détails vous pouvez vous reporter au podcast de notre émission Libre à vous ! du 5 juin 2018, émission qui traite des enjeux de cette directive droit d’auteur.

Les parlementaires européens sont un des derniers leviers pour préserver un Internet libre et ouvert. Leur faire entendre nos inquiétudes et l’importance des enjeux en cause, les convaincre de notre nombre et de notre détermination, voilà comment nous pouvons les persuader de s’opposer à ce texte rétrograde.

Contacter les parlementaires européens

Pour les contacter :

Quelle que soit la méthode, l’important n’est pas d’entrer dans une démonstration technique longue et complexe. Un message personnel, simple et court, dans l’idéal suivi d’un appel, est souvent le plus efficace. N’hésitez pas non plus à relayer la campagne et à exprimer votre point de vue sur les réseaux comme Twitter ou Mastodon, en utilisant par exemple les mots clef #FixCopyright #CensorshipMachine ou #SaveYourInternet.

Participez à la campagne Save Your Internet

Article 13 et les forges de logiciel libre

Sur la question des forges de logiciel libre plus spécifiquement, la commission JURI semble avoir fait un pas dans le bon sens en les excluant du champ d’application de l’article 13, qu’elles soient ou non à but lucratif. Mais rien n’est encore voté ! Pour construire un rapport de force favorable et assurer cette avancée, vous pouvez signer la lettre ouverte de la campagne « Save code share » : sauvons le partage de code.

Signez la lettre ouverte

Si on peut se réjouir de cette amélioration, obtenue suite à une intense mobilisation et au travail de parlementaires européens, on ne peut pour autant pas s’en satisfaire : l’empilement d’exceptions n’est pas une solution viable et fait de ce texte une véritable « usine à gaz » juridique. De plus il s’agit d’une mesure disproportionnée mettant en danger la liberté d’expression. Le filtrage automatisé des contenus doit être intégralement rejeté. Et comme le dit Julia Reda, eurodéputée et membre de la commission JURI, sur son site (en anglais) : chaque voix compte !

Note sur le trilogue :

Lire la page Wikipédia sur le processus d’élaboration d’une Directive : « Plusieurs institutions interviennent dans ce processus et notamment le « triangle institutionnel » : la Commission européenne, le Conseil de l’Union européenne, et le Parlement européen. Les règles et les procédures de décision au sein de l’UE sont définies dans les traités fondateurs. En principe, il appartient à la Commission de proposer de nouveaux actes législatifs européens et au Parlement et au Conseil de les adopter.

Propagande : Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit…

Parce qu’on nous en parle souvent, de l’origine de ce nom, et de toute la réflexion autour… Voici un texte repiqué de notre ancien site (avec en bonus les premières réactions en commentaires et quelques anciens liens vers des articles du site).

Propagande : du nom, Dogmazic et de ce qui s’ensuit…

Posté le Jeudi 14 septembre 2006 @ 21:09:42 par bituur

Parmi la flopée de nouveautés céans, le nouveau nom du site, dogmazic.net,n’est pas passé inaperçu. Les réactions sont contrastées. Étonnement assez général, on nous dit aussi que « le nom est intéressant, ça ouvre de nouvelles perspectives » ; mais il y a des réactions d’incompréhension, voire de rejet.

« Pouah, dogmazic, dogme, dogmatique », et à grand renfort de citation de Wikipédia ou autres, on nous représente que c’est péjoratif, psycho-rigide, sectaire, indéfendable, que « musique-libre c’était mille fois mieux » : nous allons « tout perdre« . Voire !

Nous sommes parmi les tout premiers, avec copyleft attitude, dès 2000-2001, à avoir parlé de musique libre en France. Le nom musique-libre (.com en 2001, .org depuis 2004) nous était venu pour imposer le concept (ou) s’était imposé à nous pour faire advenir l’idée dans le paysage.
Nous sommes donc assez bien placés pour mesurer le chemin parcouru, la diffusion finalement très rapide de ces idées de copyleft, de licences libres, de musique libre, même s’il reste à faire. Et c’est bien à quoi nous entendons nous consacrer de plus belle.

L’association opératrice du site, tout d’abord, continue et continuera à s’appeler « Musique libre ! ». Le site reste un portail de téléchargement de musique sous licences de libre diffusion, ouvert à tous les musiciens qui choisissent ce mode de dissémination de leurs créations.
Dogmazic.net vient de passer les 8 millions de téléchargements, et présente avec fierté 800 groupes et musiciens, 90 labels, plus de 7000 morceaux dont 450 albums complets.

Notre objectif, la raison d’être de ce site, cependant, n’est pas seulement de présenter des œuvres, mais aussi de représenter le mouvement, les idées et la communauté de la musique libre en France. Cela nous est toujours apparu comme une des tâches importantes, l’objet de notre association en fait foi.
À ce titre, et sans aucun orgueil, dogmazic.net, comme organe de l’association « Musique libre ! » n’est pas un portail ou un label comme un autre. Tentons donc une défense et illustration de ce nouveau nom :

Le communiqué de lancement dit : « Pourquoi Dogmazic ?
Notre dogme, c’est la liberté de diffuser nos œuvres comme bon nous semble. Si notre équipe était la première à traiter des licences libres en France et à lancer une archive de musique en libre diffusion, cette nouvelle mouture continuera de parler des problèmes de fond des licences libres appliquées à la musique, avec la même exigence intellectuelle et le même esprit militant. »

Il y a effectivement des problèmes de fond des licences libres appliquées à la musique, liés aux problèmes de fond du droit d’auteur, du marché de la musique, de la culture et de sa diffusion dans le monde contemporain et dans l’univers numérique. Le débat DADVSI en fut cette année la démonstration éclatante, et le texte de loi finalement adopté ne règle, croyons-nous, aucun de ces problèmes de fond.
Ces problèmes sont politiques, philosophiques, juridiques : dogmatiques, en un mot. L’on peut pour le prouver s’aider des travaux de Pierre Legendre, qui le montrent à l’envi : « Le mot ‘dogme’ (qui renvoie à la tradition grecque) y est utilisé pour désigner le récit des rêves ou des visions, pour dire l’opinion, mais aussi la décision ou le vote ». Legendre, œuvrant à une nouvelle anthropologie, dogmatique précisément, entend « considérer les sociétés comme des textes », et s’appuyer sur ceux-ci comme sur d’autres formes d’expression artistique, « l’enveloppe esthétique des cultures ». Les 3 Conférences au Japon (éd. Mille & Une Nuits – dont je tire les citations dans ce paragraphe), ou L’Empire de la vérité : introduction aux espaces dogmatiques industriels (Fayard) analysent la dimension dogmatique de l’homme et la théâtralité de sa représentation dans un monde institutionnalisé, balisé par des emblèmes : « les drapeaux, les marques, les devises ou même les slogans sont des Emblèmes ».

Ces quelques exemples : « récit des rêves ou des visions », « enveloppe esthétique des cultures », « emblèmes » dont « marques, devises et slogans », juste pour illustrer la largeur du thème du dogme, et argumenter que « Dogmazic.net » manifeste une ambition de travailler sur les fondements et idées et défendre une « certaine idée de la culture », une Cause commune certes pas rabâcher une doctrine intégriste…
Cette question du droit d’auteur, de la « propriété intellectuelle » (beau mot-valise, bel amalgame, bel attrape-tout, à l’œuvre dans tous les domaines, des plantes à la nano, des médicaments à la musique), recouvre un enjeu fondamental : celui du sens et de la censure (cf. sur ce mot dans notre contexte ces citations de Bernard Noël).

Ainsi, nous situant dans l’histoire du droit d’auteur, nous nous faisons fort d’affirmer que les sectaires, les psycho-rigides, ce n’est pas nous : ce sont bien plutôt ces « bozos du copyright » prêts à tout pour affirmer et renforcer sans fin leur contrôle sur la culture, en se servant de la romantique et attendrissante figure de l’auteur qui doit bien vivre pour imposer leurs positions industrielles dominantes, leur mainmise sur un marché.
Il est très raisonnable de concevoir l’idée du copyleft, des licences libres, à la fois comme l’héritière fidèle et comme l’évolution logique du droit d’auteur selon les données de l’époque. Nous ne sommes plus à l’époque de Victor Hugo, du Café Procope et de la plume d’oie, nous sommes à l’époque de Mad Mike et FatBoy Slim, de la copie numérique et de Burnstation.

Et le mot dogme dans tout ça ? Justement ! La doctrine théologique la plus orthodoxe, grande source de dogme s’il en est, a toujours intégré la notion d’évolution et d’historicité du dogme.
Il y a ceux, toute petite secte s’il en est : ils sont 4 : 4 majors (endogames, Universal venant de racheter BMG…) et leurs affidés, qui veulent s’approprier la culture, arc-boutés sur un modèle dépassé et une conception figée du droit d’auteur comme propriété absolutisée…

Nous affirmons quant à nous, avec des millions d’artistes, de mélomanes, d’internautes, que la musique est à la fois et inséparablement inspiration et copie, partage et reconnaissance, échange et œuvre d’auteurs. Que la musique est vivante, qu’elle évolue, que ses modes de création, de production, de dissémination, et de succès évoluent.
Dans cette optique, l’association « Musique libre ! » a pour objectif d’œuvrer à « l’émergence de nouveaux modèles économiques respectueux de l’ensemble des acteurs de la chaîne de création et bien sûr du public. » Nous avons des projets pour la suite, et comptons instaurer un nom (et un logo) fort, court, facilement mémorisable et déclinable. Dogmazic.net à votre service.

« Propagande : Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… » | 26 Commentaires | ajouter un commentaire
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Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par philaxel le Vendredi 15 septembre 2006 @ 08:12:23

Personnellement Bituur, je ne doute pas de ta bonne foi et de celle de toute l’equipe. Mais la vision troisième degrè du mot Dogme ne sera pas celle de la majorité des visiteurs.Quand on choisit un nom de site on doit penser au premier degrè.Ensuite, je pense à ceux à qui vous donnez un joli batton pour nous battre dans un combat déjà très difficile pour imposer les licences libres dans les modèles économiques de la musique.Le simple fait que tu doives t’expliquer ainsi montre qu’il y a bien un problème avec ce nom qui a été imposé (par qui ?) sans discussion préalable alors que ce site était à priori une communauté. Sur une communauté virtuelle on ne met pas les participants sur le fait accompli d’un tel changement.Pour ma part, je refléchis sérieusement à partir du site.Je crois que les mots dogmes/doctrine/propagande sont des mots à proscrire à cause de l’imaginaire négatif qui les accompagnent souvent à juste titre.Chez moi ça ne passe pas et je ne pense pas être le seul.Il est encore tant de réagir.Amitiés.

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par Hackrow le Samedi 16 septembre 2006 @ 13:18:23

Absolument d’accord avec le premier commentaire. J’en rajoute pas plus parce que ça risquerait de tartiner un peu trop ce message 🙂

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par Pier le Lundi 18 septembre 2006 @ 08:41:43

Ah bon !
Dogmazic moi je croyais que ça voulait dire « Chienne de musique quand tu nous mords les oreilles y a plus rien à faire pour te faire lâcher »
…. Et tout compte fait ça m’allait bien…

Re: Du nom : Dogmazic, et de ce qui s’ensuit… (Score obtenu : 1)
par edised le Lundi 18 septembre 2006 @ 11:12:37

Je reviens du Netaudio, à Londres, festival réunissant beaucoup d’acteurs du mouvement des netlabels(pas forcément que du libre mais une énorme majorité), le nom est plutôt bien passé, à vrai dire les gens sont plus intéressé par notre action et ce que nous faisons de manière désintéréssée (au sens pécunier) pour la communauté de la musique libre. Sur tous les gens rencontré, on a eu une seule question « pourquoi dogmazic », je m’attendais à plus, mais lorsque nous avons présenté le site, ses fonctionalités, décrit nos actions sur le terrain, le nom ne parait plus qu’un détail cosmétique, que bien sur certains tatillons auront tout loisir de décrier, critiquer, analyser…Pendant ce temps on préfère continuer à penser à toutes les actions et l’énorme travail qu’il reste à accomplir…Quant à la forme du lustre, ou le nom de la maison, ça se discute, certes, mais je ne pense pas que là est l’essentiel…

Evidemment on a eu pas mal de gens qui ont vu DOG, en premier et pas « dogma », ce qui a rendu la chose d’autant plus sympathique!

[Aucun Sujet] (Score obtenu : 1)
par manchot le Dimanche 24 septembre 2006 @ 19:53:57

Je comprend le mot « dogme » comme une ligne de conduite, une espece « d’avis », un contenant, donc, et pas un contenu. Un « dogme du libre » n’est donc pas, à mon avis, mal approprié, au contraire.

Musique Libre : nos interventions

L’année 2018 et de nouveaux bénévoles nous permettent de nouvelles activités pour l’association. Petit récapitulatif !

Interventions au CCO

Le CCO (Centre Culturel Œcuménique) de Villeurbanne nous a appelé pour deux soirées (et la troisième est prévue pour le 4 juin 2018) dans le cadre des Lundis 3.0

Nous avons discuté licences libres, mené des ateliers, présenté l’association au public venu sur ces deux sessions des 19 février 2018 et 19 mars 2018 (la cyber sécurité des les associations).

Lundi 3.0

Atelier sur le téléchargement

À la MPT des Rancy, le 8 mars 2018, un atelier sur le téléchargement, enjeux techniques, éthiques…

Journées Du Logiciel Libre 2018

20e Journées Du Logiciel Libre, les 24 et 25 mars 2018, organisées conjointement par l’ALDIL et la MPT des Rancy à Lyon avec l’appui des étudiants de la Licence Professionnelle CoLibre.

  • Une conférence d’une heure menée par Alain IMBAUD, intitulée « Une histoire des cultures libres ».

    La culture libre, un ensemble de pratiques d’abord définies dans le milieu du logiciel et s’est répandu bien au-delà. Musiques, films, images, articles, conférences filmées, beaucoup de ressources sont aujourd’hui disponibles pour tous à travers des licences libres et ouvertes. Nous allons vous raconter une histoire de ces premiers acteurs, militants individuels ou collectifs qui ont fait bouger les lignes dans des domaines où la liberté est plus liée à la liberté de création sans censure ni entrave qu’à des modes de production, d’étude, de modification ou de partage des œuvres.

  • Un atelier MAO avec Linux menée par Simon CHANSON.
  • Un atelier Audacity avec Théo BARNOUIN et Florent ROMANO.
  • Un stand tout le week-end avec nos bénévoles qui se sont relayés.

Les JdLL 2018 en quelques chiffres :

  • 3422 visiteurs
  • 65 conférences et démonstrations
  • 38 stands
  • 33 ateliers
  • 52 bénévoles
  • xx fûts de bières vidés

ADEA

Nous avons mené 14h de formation autour d’Audacity et de notre expérience en médiation numérique grâce à notre président, Alain IMBAUD, qui a quelques années de pratique à ce sujet. La formation à l’ADEA s’est déroulée dans le cadre du Titre professionnel de niveau III « CONSEILLER MÉDIATEUR NUMÉRIQUE ». Plus d’informations sur le catalogue de l’ADEA (page 50).

Médiathèque de Bron

Deux ateliers d’une heure autour du logiciel LMMS lors du Grand Déballage Numérique (organisé chaque année par la Médiathèque de Bron). « Venez découvrir la Musique Assistée par Ordinateur (MAO) avec Linux ! Nous créerons des morceaux de musique grâce à LMMS, le Linux Multi-Media Studio ! Jouer avec les bruits et les sonorités, créer des ambiances sonores pour le libre s’honore ! »

À venir !

  • Les Geek Faeries 1au 3 juin 2018 (une conférence, un stand, des ateliers)

  • Lundi 3.0, 4 juin, au CCO.

Déclaration d’indépendance du Cyberespace

Parce qu’en ce jour, John Perry BARLOW est décédé à l’âge de 70 ans et que ses apports sont immenses (archive.org, EFF, Grateful Dead…), voici la Déclaration d’indépendance du Cyberespace qu’il a écrite en 1996.

Texte original sur le site web de l’EFF, 9 février 1996. Traduction : Hache, février 1996

Hier, l’autre grand invertébré à la Maison Blanche a signé le Telecom « Reform » Act of 1996, tandis que Tipper Gore prenait des photos numériques de l’événement pour les inclure dans un livre appelé 24 heures dans le Cyberespace [24 Hours in Cyberspace].

On m’avait aussi demandé de participer à la création de ce livre en écrivant quelque chose d’approprié à la circonstance. Étant donné l’horreur que serait cette législation pour l’Internet, j’ai jugé que le moment était bien choisi pour faire acte de résistance.

Après tout, le Telecom « Reform » Act, qui est passé au Sénat avec seulement 4 votes contre, rend illégal, et punissable d’une amende de 250 000 dollars, de dire « shit » en ligne. Comme de dire l’un des 7 mots interdits dans les médias de diffusion grand public. Ou de discuter l’avortement d’une façon ouverte. Ou de parler des fonctions physiques autrement que dans des termes purement cliniques.

Cette législation cherche à imposer des contraintes sur la conversation dans le Cyberespace plus fortes que celles qui existent aujourd’hui dans la cafétéria du Sénat, où j’ai entendu des indécences colorées dites par des sénateurs des États-Unis à chaque fois que j’y ai dîné.

Cette loi a été mise en oeuvre contre nous par des gens qui n’ont pas la moindre idée de qui nous sommes, ni où notre conversation est conduite. C’est, comme l’a dit mon ami et rédacteur en chef de Wired Louis Rosseto, comme si « les analphabètes pouvaient vous dire quoi lire ».

Eh bien, qu’ils aillent se faire foutre.

Ou, de façon plus pertinente, prenons maintenant congé d’eux. Ils ont déclaré la guerre au Réseau. Montrons-leur combien rusés, déroutants et puissants nous pouvons être pour nous défendre.

J’ai écrit quelque chose (avec toute la pompe appropriée) qui je l’espère deviendra un des moyens dans ce but. Si vous le trouvez utile, j’espère que vous le ferez passer aussi largement que possible. Vous pouvez omettre mon nom si vous voulez, parce que je ne me soucie pas qu’on me crédite du texte. Vraiment pas.

Mais ce que j’espère, c’est que ce cri trouvera un écho dans le Réseau, changeant et croissant et se multipliant, jusqu’à devenir un grand hurlement égal au crétinisme qui vient de nous être infligé.

Voici donc…

Déclaration d’indépendance du Cyberespace

Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule.
—Thomas Jefferson, Notes on Virginia

Gouvernements du monde industriel, vous géants fatigués de chair et d’acier, je viens du Cyberespace, le nouveau domicile de l’esprit. Au nom du futur, je vous demande à vous du passé de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté où nous nous rassemblons.

Nous n’avons pas de gouvernement élu, et il est improbable que nous en ayons un jour, aussi je ne m’adresse à vous avec aucune autre autorité que celle avec laquelle la liberté s’exprime. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous ne possédez aucun moyen de nous contraindre que nous ayons à redouter.

Les gouvernements tiennent leur juste pouvoir du consentement de ceux qu’ils gouvernent. Vous n’avez ni sollicité ni reçu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Vous ne nous connaissez pas, et vous ne connaissez pas notre monde. Le Cyberespace ne se situe pas dans vos frontières. Ne pensez pas que vous pouvez le construire, comme si c’était un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un produit naturel, et il croît par notre action collective.

Vous n’avez pas participé à notre grande conversation, vous n’avez pas non plus créé la richesse de notre marché. Vous ne connaissez pas notre culture, notre éthique, ni les règles tacites qui suscitent plus d’ordre que ce qui pourrait être obtenu par aucune de vos ingérences.

Vous prétendez qu’il y a chez nous des problèmes que vous devez résoudre. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre enceinte. Beaucoup de ces problèmes n’existent pas. Où il y a des conflits réels, où des dommages sont injustement causés, nous les identifierons et les traiterons avec nos propres moyens. Nous sommes en train de former notre propre Contrat Social. Cette manière de gouverner émergera selon les conditions de notre monde, pas du vôtre. Notre monde est différent.

Le Cyberespace est fait de transactions, de relations, et de la pensée elle-même, formant comme une onde stationnaire dans la toile de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas où vivent les corps.

Nous sommes en train de créer un monde où tous peuvent entrer sans privilège et sans être victimes de préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance.

Nous sommes en train de créer un monde où n’importe qui, n’importe où, peut exprimer ses croyances, aussi singulières qu’elles soient, sans peur d’être réduit au silence ou à la conformité.

Vos concepts légaux de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement, de contexte, ne s’appliquent pas à nous. Ils sont basés sur la matière, et il n’y a pas ici de matière.

Nos identités n’ont pas de corps, c’est pourquoi, contrairement à ce qui se passe chez vous, il ne peut pas, chez nous, y avoir d’ordre accompagné de contrainte physique. Nous croyons que c’est de l’éthique, de la défense éclairée de l’intérêt propre et de l’intérêt commun, que notre ordre émergera. Nos identités peuvent être distribuées à travers beaucoup de vos juridictions. La seule loi que toute nos cultures constituantes pourraient reconnaître généralement est la règle d’or [« Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent », NdT]. Nous espérons pouvoir bâtir nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux Etats-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, le Telecommunications Reform Act, qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu’ils sont natifs dans un monde où vous serez toujours des immigrants. Parce que vous les craignez, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités de parents auxquelles vous êtes trop lâches pour faire face. Dans notre monde, tous les sentiments et expressions d’humanité, dégradants ou angéliques, font partie d’un monde unique, sans discontinuité, d’une conversation globale de bits. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui étouffe de l’air où battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, à Singapour, en Italie et aux Etats-Unis, vous essayez de confiner le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du Cyberespace. Il se peut que ceux-ci contiennent la contagion quelque temps, mais ils ne fonctionneront pas dans un monde qui sera bientôt couvert de médias numériques.

Vos industries de plus en plus obsolètes se perpétueraient en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent décider de la parole elle-même dans le monde entier… Ces lois déclareraient que les idées sont un produit industriel comme un autre, pas plus noble que de la fonte brute… Dans notre monde, quoi que l’esprit humain crée peut être reproduit et distribué à l’infini pour un coût nul. L’acheminement global de la pensée n’a plus besoin de vos usines.

Ces mesures de plus en plus hostiles et coloniales nous placent dans la même situation que ces amoureux de la liberté et de l’autodétermination qui durent rejeter les autorités de pouvoirs éloignés et mal informés. Nous devons déclarer nos personnalités virtuelles exemptes de votre souveraineté, même lorsque nous continuons à accepter votre loi pour ce qui est de notre corps. Nous nous répandrons à travers la planète de façon à ce que personne puisse stopper nos pensées.

Nous créerons une civilisation de l’esprit dans le Cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde issu de vos gouvernements.

Davos, Suisse
8 février 1996

Chronique – We’re Tryin’


CC by-nc-nd 2.5

Antimaniax est un groupe de skapunk autrichien ayant officié au début des années 2000, We’re Tryin’ est leur démo. Le groupe était très engagé pour la défense de la cause animale, à l’image du titre « Chili Con Tofu » sur l’album As Long As People Think (2002).

Dès le premier titre le tempo est relevé, les grattes sonnent punk californien (rappelant The Offspring ou Face To Face) et les parties ska s’intègrent bien à la musique. C’était (aucune indication qu’il existe encore) un groupe aux compositions efficaces et bien balancés. La qualité de l’enregistrement est aussi à souligner, c’est tout à fait honnête pour une démo, le son y est marqué par les années 90, mais cela ne sonne pas vieillot, bien au contraire.

« In Fronts Of Our Eyes » possède ce feeling bien gueulard caractéristique du style ainsi qu’une voix rasta du plus bel effet. Sur « Pollution. War. Waste. » on reste sur les textes engagés et une pointe de hardcore apparaît dans la musique, on la retrouvera aussi sur « Symbol ».

Seulement 7 titres pour un total d’à peine 15 minutes, ce We’re Tryin’ est court (tout comme cette chronique), je ne peux donc que vous conseiller de vous jeter sur les deux autres albums du groupe. Ça décoiffe, ça défrise et c’est bon pour le moral.

Lien Dogmazic

Chronique – Descuartizando Resakas


GNU GPL (GNU Art)

Le rap est un style que j’écoute ponctuellement, par phases, pendant lesquelles j’écoute des nouveaux trucs et je refais le tour des anciens. Et c’est ainsi que j’ai découvert récemment, sur le tard, un « ancien ». Il s’agit de l’espagnol Pablo Hasél et son 5ème album Descuartizando Resakas (2009).

Dès le premier titre, on comprend illico que le niveau est haut, l’instru est simple et efficace, le flot est (très) rapide, précis et particulièrement sensible. Pablo rap en espagnol ce qui a un double effet : je n’y capte absolument rien et les mots chantant le deviennent réellement.

Les morceaux défilent et le tempo reste irrémédiablement groovy, les instru restent bien faites, la prod nickel et l’impression générale évoque le rap des années 90. Ça tombe bien c’est la période que j’aime le plus ! Les influences funk de la bonne époque, les chœurs, les voix pitchées, tout est là !

En termes de composition, l’album est sobre, peu de réelles surprises soniques, si le titre « 4d Toy » prépare l’explosion du morceau suivant, le tout est exactement là où il doit être : centré sur les voix et le flot. Quelques titres plus joyeux sont à remarquer : « El Gatillazo De Dios » et « Dime Cuanto He De Esperar » par exemple.

On ne voit pas le temps passer, porté par les mots et l’album se termine sur « Me Fundo Con Esta Resaca », titre que je trouve assez proche du style d’Eminem.

De ce que j’ai pu comprendre de sa page Wikipédia, Pablo Hasél est un rappeur et poète communiste engagé, sa musique est donc d’autant plus intéressante, j’imagine, si vous comprenez un peu l’espagnol. Le monsieur est productif (plusieurs albums par an depuis 2005) et pas moins de 19 albums présents sur Dogmazic.

Descuartizando Resakas sur Dogmazic