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Chronique – Unknown Album #1


C Reaction

Aujourd’hui il s’agit d’une chronique un peu particulière, car je vais vous parler d’un album sans nom. C’est un album du groupe As We Grow, qui semble être originaire de Seattle et dont je ne sais absolument rien d’autre.

L’album consiste en 8 titres biens foutus de pop-rock, légèrement électro, flirtant avec le shoegaze pour son côté hypnotique et entêtant. C’est court mais très sympa à écouter dans le métro, pour décompresser, ou encore en écrivant (comme je le fais maintenant).

Mais ça n’est pas totalement pour la musique que je me penche cette semaine sur cet album, mais car il utilise la voix d’Amélia June, chanteuse du groupe Trifonic. En effet Amélia June et son groupe ont placé sous licence ouverte un certain nombre de leurs sons et notamment des pistes de voix à cappella d’Amélia sur ccMixter depuis 2008.

Un geste qui a engendré bon nombre de morceaux, dont l’album que je vous présente aujourd’hui. La musique de As We Grow profite ainsi totalement de la voix particulière de la chanteuse de Trifonic, tout en, au cas où vous n’étiez pas au courant, mettant une fois de plus la qualité de son chant en avant.

Cet album sans nom d’As We Grow est un bon exemple de la relation symbiotique (gagnant-gagnant pourrait-on aussi dire) qui s’établit entre les samples et les morceaux qu’ils contribuent à créer. Le point étant bien sur, qu’ici cette relation est consentie par le fait même de placer les sons sous licence ouverte. L’art de la variation est donc pensé dés la diffusion de la musique, chose dont chaque musicien et artiste devraient se souvenir.

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Chronique – Dead Frequencies


CC by-sa 3.0

L’aventure Marker Beacon débute en 2000, le groupe délivre alors au monde un métal mélodique heavy et trash. Après 2 ans d’enregistrement ils sortent en 2013 leur premier album : Dead Frequencies, et c’est à lui que nous allons nous intéresser aujourd’hui.

15 morceaux dont une intro et une outro, majoritairement du mid-tempo, une voix rageuse proche de ce bon James Hetfield (Metallica), les compositions et les riffs étant globalement plus dans le style de Dave Mustaine (Megadeth), particulièrement sur « Persian Tales ».

Le niveau est hyper bon, entre les riffs aux petits oignons (sur « Need You » ou « Free »), les intro à la basse (« New Shell » ou « Slaughter ») et les morceaux un peu plus prog (« Rain In Brain » ou « Drug Day »), c’est un vrai bonheur pour tout amateur de métal. Les quelques solos de guitares sont inspirés, les lignes de batterie sont classiques mais bien exécutés. Je regrette un peu que ce kick de grosse caisse ne sonne pas un peu plus rond, mais c’est un détail…

L’album contient aussi son lot de balades, « Final Nightmare » dont le refrain est vraiment très sympa ou encore « New Shell ». C’est plutôt typique du style, mais ça rapproche agréablement le groupe d’une formation comme Stone Sour, montrant au passage que les Marker Beacon sont loin d’être limités dans leur vocabulaire.

La prod est bonne, rien à dire là-dessus, ça sonne, c’est carré, pro (pour ceux qui trouvent que c’est un compliment). Si vous aimez le métal au sens large, ou juste le heavy, ou juste le trash, cet album est pour vous !

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Chronique – Faut de tout pour faire un son



CC by-nd-nc 2,0

Explicite est un artiste prolifique, il commence à produire des albums de rap dès 1995 et Faut De Tout Pour Faire Un Son est sa 19ème publication sur Dogmazic.net. À titre d’information, il est aussi depuis 2014 le secrétaire de Musique Libre ! C’est donc une chronique tout ce qu’il y a de plus orienté.

Si l’album précédent (« Parapnormal ») marquait un pas en avant assez importante dans la production de la musique d’Explicite, Faut De Tout Pour Faire Un Son s’inscrit, lui, dans la continuité. On y retrouve le flot caractéristique du monsieur, ses instru originales et ses textes bien construit, engagés (« Par Défaut », « Pédagogie »), plus légers (« D’autres Horizons ») ou introspectifs (« C’était Mal Barré »).

L’album à bien tourné chez moi et c’est définitivement un bon album de rap, pourtant je dois dire que son statut d’album de la continuité m’embête. On y retrouve un certain systématisme musicale, dans les structures des morceaux, dans les structures de paroles. Il y a bien quelques incursions dans de nouveaux territoires, comme le chant sur « Chômage Technique », quelques instrus basées sur des orgues vraiment cool. Mais même « Guerre De Mots », l’un des titres les plus catchy de l’album n’arrive pas vraiment à la cheville de « Comme C’est Étrange » issue du précédent.

Il faut dire que je l’attendais avec peut-être trop d’impatience cette nouvelle galette, c’est ma faute en somme. Cela montre une chose dont je suis conscient depuis longtemps : un artiste ne peut pas produire que des chefs-d’œuvre, c’est ainsi, il faut s’y faire.

17 titres, dont une intro et une outro, la quantité est là, la qualité aussi. Le plaisir est intact (« Frais » nous dit Explicite dès le second titre) et c’est finalement ce qui compte. Une pierre de plus à l’édifice de la déjà longue carrière d’un rappeur qui suit sa voie sans faiblir. C’est quand même super quand on y pense non ?

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Chronique – Interférences



C Reaction

Après l’excellent Drônagaz en 2016, Interférences est la seconde publication de Buxi sur Dogmazic. C’est environ 50 minutes d’ambiant noisy pour 5 titres que nous sert ici le Bordelais.

Ça a l’air un peu agressif quand je vous le décris comme ça, « ambiant noisy », mais il n’en est rien. Les montées en tension (dans le titre éponyme par exemple) sont lentes et jamais l’auditeur n’affronte une surcouche de sons qui le surchargerait d’informations. Les morceaux ont des thèmes bien spécifiques : l’eau, les interférences, l’introspection… Ainsi que des ambiances bien distinctes. Tous laissent le temps aux sons de se déployer et d’exercer leurs influences sur nous. L’album est donc assez reposant et même peut être une vrai invitation à la relaxation si vous l’écoutez à un niveau sonore raisonnable.

La constante de l’album reste les craquements qui traversent tous les sons créant à force un genre de rythmique du décalage, toujours mouvante et déstabilisante, ne prenant jamais le pas sur les nappes sonores. Se plaçant donc plutôt en accompagnement discret mais néanmoins présent de la musique.

Cet album est une vrai réussite à mon sens ! On y sent un soin méticuleux, une mesure et une justesse très importante dans ce type de musique.

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Bandcamp 

Chronique – We’re Tryin’


CC by-nc-nd 2.5

Antimaniax est un groupe de skapunk autrichien ayant officié au début des années 2000, We’re Tryin’ est leur démo. Le groupe était très engagé pour la défense de la cause animale, à l’image du titre « Chili Con Tofu » sur l’album As Long As People Think (2002).

Dès le premier titre le tempo est relevé, les grattes sonnent punk californien (rappelant The Offspring ou Face To Face) et les parties ska s’intègrent bien à la musique. C’était (aucune indication qu’il existe encore) un groupe aux compositions efficaces et bien balancés. La qualité de l’enregistrement est aussi à souligner, c’est tout à fait honnête pour une démo, le son y est marqué par les années 90, mais cela ne sonne pas vieillot, bien au contraire.

« In Fronts Of Our Eyes » possède ce feeling bien gueulard caractéristique du style ainsi qu’une voix rasta du plus bel effet. Sur « Pollution. War. Waste. » on reste sur les textes engagés et une pointe de hardcore apparaît dans la musique, on la retrouvera aussi sur « Symbol ».

Seulement 7 titres pour un total d’à peine 15 minutes, ce We’re Tryin’ est court (tout comme cette chronique), je ne peux donc que vous conseiller de vous jeter sur les deux autres albums du groupe. Ça décoiffe, ça défrise et c’est bon pour le moral.

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Chronique – Negro Spirituals


Licence Art Libre

Negro Spirituals est un disque de 1996 enregistré par Park Glee Club. Park Glee Club n’est autre que le nom de la chorale de Negro spiritual du lycée du Parc à Lyon. Elle a été créée en 1948 et semble aujourd’hui continuer d’exister sous le nom Lyon Glee Club.

Ce disque est donc composé de 15 titres de standards du Negro spiritual, style de chants, ancêtre du gospel, pratiqué par les esclaves. Beaucoup de morceaux connus, on y trouve fatalement : « Nobody knows », « I’ve got joy like a river », « Let my people go », « Go tell it on the montain » ou encore « He’s got the whole world in His hands ».

Mais certains, comme « There is a hand writing on the wall » ou « The Angel rolled the stone away », révèlent de très beaux arrangements démontrant que création il y a aussi dans la reprise, d’autant plus quand la reprise est issue d’une tradition orale.

Pas grand-chose à dire de plus que de se laisser porter par la musique et les paroles, plus d’une fois sur l’album on se surprendra sans doute à se joindre au chœur. Ce qui est très bon signe !

À noter qu’un second album sortie en 2000 est disponible.

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Chronique – Omicron Kérea



CC by-nc-sa 3.0

Pour cet opus daté de 2009 Whiteshoulders nous délivre un son électro oscillant de l’ambiant à la drum n’bass en passant par des collages venant de diverses sources comme sur l’intro « Ready Ready ».

Le son est globalement assez brut et sourd, chose assez appréciable, car on évite ainsi l’écueil de l’électro à la prod froide et clinique. Ici il n’est pas rare que les basses bavent un peu ou que de discrets bruits ou parasites ajoutent du relief.

« Geometric Suit 1 » avec son fort coté EBM (Electronic Body Music) ou « Lost » et son partie prit ambiant font planer sur l’album quelques sonorités plus sombres, mais Omicron Kérea m’évoque plus un constant émerveillement. Comme si chaque nouveau morceau venait, par ses mélodies et ses sons ingénues, nous montrer qu’il y a encore des choses à voir, à entendre et à vivre.

Il n’est aussi pas rare d’entendre des voix parler sous/sur la musique, dans une verve rappelant l’horror hip-hop de l’obscure Drugged Killer, dans le titre éponyme ou dans « Au Revoir » notamment.

Whiteshoulders ne réinvente pas la sauce avec cet album (qui peut prétendre le faire ?), mais si vous aimez l’électro jetez-y une oreille. Il y a des chances que vous passiez un bon moment sur ce Omicron Kérea, l’album est bien construit (intro, outro, un interlude), le rythme général est bien dosé (ce qui doit être court l’est, ce qui doit être plus long l’est aussi). Et si vous trouvez qu’un album c’est horriblement court écoutez les deux autres présents sur Dogmazic (l’un des deux est une compilation de pistes disparates semble-t-il).

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Chronique – Merfolk I Should Turn To Be



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Merfolk I Should Turn To Be est un album du groupe Soft And Furious. Ce groupe est l’un des projets du musicien connu sous le pseudonyme Monplaisir. Soft And Furious explore les contrées technoïdes de la synthwave, la musique est donc bardée de synthétiseurs année 80 et d’ambiances sombres de ruelles pluvieuses éclairées aux néons.

C’est un style revenu relativement à la mode ces dernières années notamment grâce à des français comme Kavinsky, Perturbator ou encore Carpenter Brut. Cependant ce Merfolk I Should Turn To Be se distingue par un son plus subtil et moins « In Your Face », non que la production soit particulièrement en dessous des standards, mais d’une volonté (me semble-t-il) d’ambiances plus épurées, laissant la place aux sonorités de se déployer plutôt que de nous noyer dans un déluge mélodique pouvant parfois être à la limite de l’hystérie. Vous remarquerez que c’était aussi l’une des caractéristiques de la musique de 1Up Collectif, chroniqué il y a quelques semaines.

En ce sens, dès le premier morceau on peut être surpris si l’on est habitué aux poncifs car le tempo est lent. Les premières secondes paraissent presque lancer un morceau furieux, alors que nous avons droit à une balade. Enchaînée ensuite par un titre ambiant semblant se dérouler sous l’eau.

Après ces deux pistes d’introduction, nous rentrons dans le cœur de l’album, car avec « Post Yes » le fan de clichés synthwave trouve un peu plus son bonheur, les basses vrombissent, la mélodie est cristalline, heureusement une irréductible nappe de synthé se charge de donner un peu de couleur à tout ceci.

Sur « Through The Water And Rain » la guitare électrique (synthétique sans doute) fait son entrée. En rythmique saturée ainsi qu’en larsens, elle confère au morceau l’urgence de la course-poursuite ou de la scène de combat (en tour par tour s’il vous plaît).

Le titre éponyme nous offre une intro contemplative, un long déroulement, un final. Le morceau est répétitif (peut-être un peu trop) mais est parfaitement dans la continuité du reste. Il marque la tension débouchant sur la fin de l’album.

Suit « Hyper Staying » qu’il faut mentionner pour son petit feeling lounge bar : sa basse jazzy, son piano et son solo de guitare clair, encore une balade me direz-vous ? Et bien oui, mais rien de tel pour illustrer les dernières révélations.

La fin approche et « Army Of You » est comme la péripétie inquiétante à la fin du récit, signifiant que toute l’histoire n’est, en fait, pas totalement finie.

« Dramatic Ending » fait pour moi office de générique de fin, c’est un titre lancinant et froid, laissant l’auditeur sur un vide bienvenu, car il donne envie de relancer immédiatement l’album.

Merfolk I Should Turn To Be est un excellent album du synthwave, plus contemplatif et lent que la plupart des albums du renouveau du genre,  il est donc plus proche de la musique faite réellement dans les années 80. Les passages subtils d’un genre à l’autre et l’absence de tempos rapides en font un album assez doux à écouter en toutes circonstances.

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